dimanche 25 février 2018
Questions à...
Dans une longue interview qu'il nous a accordée, le maire de Dijon et président de Dijon Métropole n'élude aucun sujet.
Les erreurs du quinquennat de François Hollande, ses acquis aussi, la politique d'Emmanuel Macron, les prochaines élections municipales à Dijon, le projet métropolitain, la rivalité avec Besançon, les rapports avec le Département et la Région, la marque Just Dijon, l'auto-suffisance alimentaire, et bien-sûr les tarifs du stationnement…
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

ACADEMIE DE DIJON : «L'objectif est que tous les bacheliers puissent réussir dans les études qu'ils choisissent»

09/02/2018 11:08Imprimer l’article
Ce jeudi soir avait lieu le premier «café des parents académique», une réunion informelle entre représentants des parents d'élèves, rectorat et université, sur le thème de «ParcourSup». L'occasion de pointer du doigt les inquiétudes quant au passage des bacheliers dans le supérieur.
Frédérique Alexandre-Bailly, rectrice de l’académie de Dijon, chancelière des universités organisait ce jeudi soir aux côtés de Christelle Serrée-Chaussinand, vice-présidente de l’université de Bourgogne, déléguée au cycle de licence, le premier «café des parents académique», une rencontre informelle avec les délégations de parents d’élèves de l’académie de Dijon sur le thème «Parcoursup».
Pour sa première édition, innovation au niveau national, le «café des parents académique» propose aux délégations de parents d’élèves de rencontrer la rectrice et ses conseillers pour échanger sur les sujets d'actualités. L’objectif est de renforcer le dialogue avec les familles et de prendre en compte leurs questions.

30.000 étudiants, 400 diplômes


A la Maison de l’Université, Christelle Serrée-Chaussinand a ouvert la réunion par un mot d'accueil : «C'est un bon choix de parler de la loi ORE (Orientation et Réussite des étudiants), de Parcoursup, de la réussite étudiante». Et de rappeler que «l'académie de Dijon vient de franchir le cap des 30.000 étudiants», précisant également que ses cinq campus territoriaux «sont l'ADN de l'université de Bourgogne». «Nous proposons plus de 400 diplômes et sommes présents dans de nombreux classements internationaux, dont le classement de Shanghaï, que nous avons intégré en bonne position».
Pour elle, «cette réunion est une manière de marquer la très forte coopération que nous avons avec le Rectorat : nous tissons des liens de confiance extrêmement appréciables».

«Un rendez-vous nouveau à bâtir ensemble»


La rectrice, Frédérique Alexandre-Bailly s'attendait à voir «un peu plus de monde», mais certains parents ont été «en partie empêchés par les conditions météo, notamment dans l'Yonne».
Et de remercier les présents «d'être là pour ce rendez-vous nouveau, que l'on va bâtir ensemble. Il est intéressant d'avoir un format un peu plus fréquent que ce qui se faisait les autres années. Le fait de le faire sur ParcourSup, à ce moment de l'année, aux cotés de Christelle Serrée-Chaussinand, qui pilote la réforme à l'université, et d'Anne De Rozario, cheffe du Service Académique d'Information et d'Orientation (SAIO) permet de contribuer tous ensemble à ce que les choses se passent bien pour les élèves qui sont en terminale cette année. L'objectif est que tous puissent réussir dans les études qu'ils choisissent».

Avant d'entrer dans le vif du sujet, Isabelle Amis, présidente de la FCPE Bourgogne proposait de «ne pas le faire qu'à Dijon, et pourquoi pas en visio-conférence», ce à quoi la rectrice acquiescait, proposant l'utilisation de Facebook-live pour une prochaine session.
Céline Renaud, présidente de l'UNAAPE 21, posait en exemple «le problème de l'apprentissage des langues, avec des élèves qui ont de bonnes notes au bac et ne sont pas au niveau dans le supérieur». Un constat que la rectrice ne niait pas, répondant que «ce n'est pas qu'une question d'heures».
Odile Guérin, présidente de la PEEP Bourgogne, a quant a elle posé sur la table la question de la mobilité lors de ce premier tour de table improvisé.

«Rassurer et accompagner les familles»


«Sur ces sujets de mobilité, d'ambition, où il est question de rassurer et d'accompagner les familles pour qu'elles pensent que c'est possible, nous aurons vraiment besoin de travailler ensemble» assure la rectrice, Frédérique Alexandre-Bailly. «C'est une partie intégrante du projet académique. Si on veut qu'ils aillent un peu loin de chez eux pour étudier, il faut les ouvrir à l'international au collège et au lycée. Mais autant on peut mobiliser les enfants sur leurs rêves, autant il faut informer les parents, et les comprendre pour savoir ce qui fait qu'ils vont s'autocensurer. Il y a tout un aspect de pédagogie des parents, pour bien construire les projets d'orientation mais aussi faire que les parents s'autorisent à laisser leurs enfants aller un peu plus loin».

Pour Isabelle Amis, «les diplômes sont ressentis comme un couperet dans des filières ou les étudiants pensent qu'ils sont coincés». C'est ainsi qu'Anne De Rozario précise que «le plan étudiant est très important» : «ce n'est pas parfait, mais le premier objectif est avant tout de donner le maximum d'information au jeune et à sa famille pour lui permettre de faire des essais, des immersions».
Isabelle Amis : «J'entends l'utilité de Folios, mais je vois des parents qui ne sont même pas capables d'aller sur Pro Notes, pour qui c'est une difficulté. Sans parler des parents qui pensent que si leur enfant ne va pas en S, toutes les portes lui seront fermées».

Mobilité et territorialité


Le sujet de la mobilité et de la territorialité a ensuite été ramené dans la discussion par Christian Bouranitch (FCPE 21). «Comme je le disais, nos campus territoriaux sont l'ADN de l'uB» répond Christelle Serrée-Chaussinand. «Nous travaillons sur les territoires. C'est important : on va de cette manière à la rencontre des jeunes qui sont éloignés de Dijon, qui peuvent commencer leurs études et se mettre le pied à l'étrier du supérieur avant de rejoindre Dijon».
La rectrice, Frédérique Alexandre-Bailly, reprenait la parole, ramenant ParcourSup au cœur de la discussion tout en répondant : «quand un jeune hésite entre l'uB et Lyon s'il habite Mâcon par exemple, il ne peut savoir quelles sont ses chances d'être pris à Lyon, mais il peut le savoir pour Dijon. Il peut faire les deux choix, et voit son rang ainsi que le rang du dernier admis de l'année dernière sur ParcourSup. Puisqu'il n'y a pas d'ordre dans les choix, il auront en réponse des "oui", des "oui si" et des "en attente" : ils devront choisir entre leurs "oui" afin de libérer une place qui sera réattribuée par le système. Mais celui qui choisi parmi ses "oui" peut garder les formations pour lesquelles il est "en attente".

«Il y a une limite concrète à nos capacités d'accueil»


Christelle Serrée-Chaussinand poursuit : «L'an dernier, nous avons eu 44.000 candidatures sur l'uB, 57.000 avec les IUT. C'est énorme de tous les passer en revue. Nous avons donc imaginé un double travail : un premier classement automatique puis recadrage «manuel». Nous essayons de le faire avec le soucis de la plus grande équité».
Bien-sûr, la problématique est très différente d'une filière à l'autre : en Science et Techniques, la filière n'est pas remplie (330 étudiants pour 450 places), alors qu'en Sciences de la Vie et de la Terre, c'est l'inverse… «Le classement n'est plus aléatoire, mais le fruit d'un examen des dossiers» ajoute Christelle Serrée-Chaussinand, avant qu'Anne De Rozario précise : «L'an dernier, aucun vœu 1 du secteur n'a été refusé».

Les filières en tension sont psycho, Paces, Staps et droit. «Nous augmentons les places disponibles, notamment en Staps» assure Christelle Serrée-Chaussinand avant de tempérer : «Mais il y a une limite concrète à nos capacités d'accueil». Car ParcourSup ou APB, son prédécesseur, c'est bien là le sujet de fond : l'adéquation entre les places disponibles et les vœux des bacheliers…
Deux autres rendez-vous seront proposés avant la fin de l’année scolaire, en avril et en juin, sur des thèmes à définir en concertation avec les délégations de parents.
N.R.

Les participants présents :


Anne De Rozario (Cheffe SAIO Rectorat)
Frédérique Alexandre-Bailly (rectrice de l’académie de Dijon)
Christelle Serrée-Chaussinand (vice-présidente de l’université de Bourgogne - Formation)
Philippe Velten (Directeur de cabinet Rectorat)
Aymeric Meiss (IA-IPR Etablissements et Vie Scolaire)

Parents d'élèves :
Mme Menetrier (PEEP)
Odile Guérin (présidente PEEP Bourgogne)
Céline Renaud (présidente UNAAPE 21)
Paule Philisot (UNAAPE)
Thérèse Douard (FCPE 21)
Isabelle Amis (présidente de la FCPE Bourgogne)
Christian Bouranitch (FCPE 21)