mardi 15 octobre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
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AGRICULTURE : Arnaud Montebourg remet les premiers diplômes de son école d'apiculture

29/06/2019 03:17Imprimer l’article
Fin de saison pour les élèves de l'école en apiculture fondée à Dijon par Arnaud Montebourg. Début du métier pour les nouveaux apiculteurs professionnels ainsi qualifiés. La remise des attestations de la première promotion a eu lieu ce vendredi à la Maison Régionale de l'Innovation.
Après deux jours de délibération, le jury de l’École des Hautes Eudes en Apiculture a décerné ses attestations aux apprenants de la première formation. Arnaud Montebourg, fondateur de l'EHEA, a remis lui-même les prix aux nouveaux apiculteurs ce vendredi 28 juin 2019 en présence des représentants de partenaires de l'école comme Agrosup Dijon ou encore Vesoul Agrocampus.



«L'apiculture est une agriculture»


«Métier de grand professionnalisme, de haute technicité» selon l'ancien ministre de l’Économie reconverti dans entrepreneuriat, il fallait une école dédiée à la formation d'apiculteurs afin de contribuer à la relance de la filière (retrouver notre article sur l'ouverture de l'EHEA). Le héraut du made in France invite ainsi les consommateurs à «une entraide économique» avec les professionnels français pour «un échange de bons procédés entre l'humain et l'abeille par apiculteur interposé». Abordant un métier complet et non pas une activité complémentaire – «l'apiculture est une agriculture» selon Arnaud Montebourg – les apprenants ont dû élaborer un business plan pour convaincre le jury du sérieux de leur projet professionnel.

Les élèves, ayant de 21 à 55 ans, ont reçu leur attestation de fin de formation sous le regard de Paul Fert et Mylène Fournier qui ont dirigé l'école en 2018-2019. Sept personnes sont d'ors et déjà qualifiées, trois doivent passer prochainement un rattrapage et deux ont été recalées. Premières recrues d'une «nouvelle garde apicole», ces personnes vont fonder leurs projets partout en France en ayant l'EHEA comme «point de soutien et de repérage».

Si l'objectif est que «les apiculteurs gagnent bien leur vie» en ayant comme clients des consommateurs qui reconnaissent leur travail, les enjeux sont aussi environnementaux en plus d'être économiques. Les apiculteurs participent au maintien de la biodiversité et plusieurs nouveaux professionnels ont choisi de se lancer d'emblée dans une année de conversion en agriculture biologique. Aussi fondateur de la marque de miel Bleu Blanc Ruche, Arnaud Montebourg a souligné qu'«il n'y a pas assez d'apiculteurs bio en France» tellement la demande est forte.

Une nouvelle apicultrice professionnelle à Mâlain


Morgane Dubuc, 30 ans, était ingénieure agronome à l'INRA avant de se reconvertir. Elle a vu dans l'EHEA «l'opportunité de défendre la cause qu'[elle] servait, c'est à dire les changements de pratique en agriculture». Trois mois de cours, trois mois de stage, les séquences se sont très vite enchaînées alors qu'il fallait déjà penser à la préparation du dossier à présenter au jury.

Sensible à la question de la réduction des pesticides de synthèse, Morgane Dubuc a choisi l'apiculture biologique pour contribuer à «la sauvegarde des abeilles». Son projet est de s'installer à Mâlain, dans la Côte-d'Or, à quelques kilomètres à l'ouest de Dijon. Ce sera au sein d'un Groupement Foncier Agricole, en lien avec un paysan-boulanger et un maraîcher bio qui ont créé «une dynamique très locale mais très importante». Elle commencera avec 50 ruches et une seconde activité en complément de revenus. Cela nécessite un capital de départ d'environ 40.000 euros. L'objectif de Morgane Dubuc étant d'atteindre 300 ruches dans trois ans pour vivre de l'apiculture professionnelle «sans forcément faire beaucoup de volume» mais plutôt pour faire «des produits diversifiés à forte valeur ajoutée» comme la gelée royale, le pollen et des pains d'épices.

Jean-Christophe Tardivon