lundi 09 décembre 2019
L'événement «Clos et château scintillants» propose de nombreuses animations les 15 et 22 décembre à Vougeot. Au programme : visites guidées théâtralisées au rythme des contes de Noël de Bourgogne-Franche-Comté, des démonstrations et bien sûr des dégustations gourmandes.
Questions à...
Depuis mars 2018, Sophie Harent occupe la direction du musée Magnin. À l'occasion d'un nouvel accrochage, elle explique pour Infos-Dijon comment elle donne un nouveau souffle à ce musée national.
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

BOURGOGNE - FRANCE-COMTE : Julien Odoul considère que Marie-Guite Dufay «veut continuer la polémique»

14/11/2019 23:05Imprimer l’article
Le président du groupe d'opposition du Rassemblement National au conseil régional indique de pas vouloir revenir sur la polémique du 11 octobre lors de la session consacrée aux orientations budgétaires de ce vendredi. Il se dit prêt à réagir en cas de «provocation» de la majorité régionale. Par ailleurs, il critique «l'idéologie verte» de la présidente de la Région.
Pas de conférence de presse ce jeudi de la part du groupe du Rassemblement National avant la session plénière du vendredi 15 novembre 2019. Le leader du RN évoque «un problème d'agenda» et préfère un échange téléphonique pour détailler son point de vue sur les dossiers abordés au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.


Les conséquences de l'incident du 11 octobre dernier en session plénière continuent de faire des vagues (lire notre article). Julien Odoul réagit à la réaction de Marie-Guite Dufay. La présidente étant revenue sur le sujet dans sa propre conférence de presse (lire notre article).

«Je ne suis pas dupe de ces manœuvres-là»

Selon l'élu du RN, «cela montre bien que Marie-Guite Dufay veut continuer la polémique et veut surfer la-dessus pour son combat politique personnel et veut accentuer le match entre le Rassemblement National et sa majorité en vue des prochaines régionales». Et de lancer : «je ne suis pas dupe de ces manœuvres-là».
Julien Odoul assume l'esclandre et voit «un débat salutaire» dont l'ampleur a largement franchi le cadre de l'assemblée régionale. Faisant référence à la proposition de loi des Républicains votée au Sénat le 29 octobre dernier, Julien Odoul explique qu'au niveau national le parti de Marine Le Pen serait sur la même ligne que lui : «nous avons tout de suite lancé une grande pétition pour demander l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans le cadre des sorties scolaires. Nos députés ont déposé une proposition de loi pour demander la neutralité religieuse dans le cadre de l'éducation nationale».
Au-delà de ça, le président de groupe d'opposition considère que «la laïcité est menacée, l'avancée de l'islamisme et du communautarisme est une réelle question de fond» et qu'«une large majorité de Français partagent [son] avis et l'avis du Rassemblement National sur l'interdiction du voile dans les sorties scolaires mais aussi sur la place de l'islam». À ses yeux, «c'est un débat qui fait honneur à la République».
Revenant sur l'événement déclencheur, il nourrit des suspicions sur la démarche de Fatima E. : «il faut assumer ses choix, quand on passe par le CCIF, (…) ça a des conséquences et dénote une certaine accointance». La dame vêtue d'un foulard ayant choisi de s'exprimer le 15 octobre 2019 via le site web du Collectif Contre l'Islamophobie en France (retrouver l'interview).
Le conseiller régional reste sur la même ligne que le 11 octobre : «je maintiens que de venir lors d'une séance du conseil régional avec ce voile-là était une provocation» car, d'après lui, «même un voile religieux anodin, c'est un marqueur identitaire et politique».
Pour autant, Julien Odoul ne prévoit pas de revenir ce vendredi sur le sujet tout en anticipant quand même des réactions de la majorité régionale : «je considère que le débat a dépassé très largement le cadre de la région, un véritable débat national s'est installé, ce n'est plus notre rôle de l'alimenter. (…) En revanche si Marie-Guite Dufay, si sa majorité souhaite relancer le débat, souhaite faire de la provocation sur ce sujet là, (…) évidemment que je répondrais, que je défendrai mes conviction, que mon groupe sera réactif».

«Marie-Guite Dufay s'est totalement convertie à l'idéologie verte»

Puisqu'il sera principalement question des orientations budgétaires ce vendredi, Julien Odoul n'omet pas de replacer la journée dans le calendrier électoral «ce sont les dernières orientations d'un budget d'année pleine puisqu'après on entrera en campagne régionale» [NDLR : les prochaines élections régionales devraient se dérouler en mars 2021].
Le leader local du Rassemblement National se montre sévère avec la majorité : «Marie-Guite Dufay n'a toujours pas compris que la Bourgogne-Franche-Comté qu'elle préside est une région qui est polyfracturée, c'est une région qui souffre avec 370.000 pauvres. (…) Elle continue la fracturation territoriale puisqu'elle va donner toujours plus aux pôles urbains» [NDLR : le taux de pauvreté en Bourgogne-Franche-Comté est légèrement inférieur à la moyenne nationale]. Tout comme l'opposition de la droite et du centre, Julien Odoul regrette que la majorité socialiste n'ait pas activé des leviers de baisse de la fiscalité et modifié le curseur de l'endettement.
L'élu du RN considère que «Marie-Guite Dufay s'est totalement convertie à l'idéologie verte». Selon lui, «quand on lit les orientations budgétaires, on a l'impression que c'est Greta Thunberg qui les a écrites». Julien Odoul préfèrerait hiérarchiser les priorités : «c'est la priorité pour Marie-Guite Dufay, c'est loin d'être la priorité des Nivernais, des Icaunais, des Haut-Saônois : trouver un emploi, un médecin, de quoi faire le plein pour aller travailler». Et d'évoquer quand même des budgets : «145 millions pour les villes, 30 millions pour les territoires ruraux». Une répartition vue comme «un marqueur idéologique de cette gauche».

Jean-Christophe Tardivon
(image d'archives)