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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : François Sauvadet appelle de ses voeux «une année de changement et de vérité»

31/01/2018 04:25Imprimer l’article
Ce mardi, le président du groupe de la droite et du centre au Conseil Régional présentait ses vœux à la presse et en a profité pour dénoncer allègrement la politique de Marie-Guite Dufay, qu'il accuse de ne pas être à la hauteur des ambitions affichées ni des atouts de la Bourgogne-Franche-Comté.
François Sauvadet a attendu le dernier moment, ou presque, «par courtoisie, que Mme Dufay ait terminé son périple». La présidente du Conseil Régional a en effet enchainé, durant ce mois de janvier, huit cérémonies de présentation de ses vœux dans les huit départements de la région. Le groupe de la droite et du centre a donc choisi de le faire ce mardi 30 janvier, face à la presse, avec plusieurs élus (et surtout des élues) autour du président, François Sauvadet.


A ses cotés, on notait la présence des conseillers régionaux Anne-Laure Breuillard-Flety, Catherine Comte-Deleuze, Jean-Philippe Lefevre, Laurence Mulot, Nathalie Roussel, Emmanuelle Coint et Catherine Vandriesse.

«La région n'a pas décollé»


Ce dernier n'y est pas allé de main morte pour critiquer la politique de la région. Ainsi, il «souhaite une année de vrai changement, et de vérité dans la région». «Nous avons une situation qui ne nous situe pas aux premières places. Je ne m'en réjouis pas, d'autant que nous avons de nombreux atouts. Paradoxalement, la région n'a pas décollé, et ne s'est même pas dotée d'une image forte».

Pour le président de l'opposition de la droite et du centre, la candidate Dufay avait bien fait preuve d'ambitions fortes, «mais deux ans après, on voit bien que ces ambitions ont été surtout des ambitions d'intention et qu'on n'est pas au rendez-vous. Le voeu que je forme, c'est que ça change, et que l'année soit charnière. Sans élection, on doit la mettre à profit pour agir».

Et de réclamer une «année de vérité» à plusieurs titres :

«On nous a vendu les régions comme un facteur d'économie et d'efficience : mais les charges de fonctionnement continuent d'augmenter (34%). On me répond que ce n'est pas vrai mais les faits sont là.
La présidente dit qu'elle ne l'a jamais dit mais c'est un mensonge».

Sur la politique d'investissement aussi, «on a menti en Bourgogne-Franche-Comté» affirme François Sauvadet, «en annonçant 622 millions d'euros de dépenses d'investissement, alors qu'on sera à 450 millions d'euros inscrits au budget».
Et de demander de la vérité aussi «pour cette fameuse démocratie participative : les élus régionaux se sentent méprisés, et ne sont ni écoutés, ni entendus». Et d'ajouter que «des engagements pris n'ont pas été tenus, comme la gratuité des transports scolaires, avec l'invention par madame Dufay du concept de gratuité payante».

«Vision budgétariste»


Pour François Sauvadet, «la présidente a une vision complètement budgétariste. Nous ne nous sommes pas dotés d'une vraie image en France, alors que nous avons tous les talents : le patrimoine viticole, l'agriculture, l'industrie, etc. J'ai le sentiment de beaucoup de temps gâché».

«Elle est responsable des difficultés entre Besançon et Dijon»


«Il y a un vrai problème de management. La présidente elle même a entretenu un climat compliqué entre Bourgogne et Franche-Comté. On le ressent tous, car il n'y a pas eu d'ambition commune, de dessein qui dépasse notre histoire. Notre groupe la tient pour responsable des difficultés entre Besançon et Dijon, faute de reconnaitre les atouts des villes : l'une à vocation métropolitaine, l'autre à vocation européenne. Nous assistons à une concurrence stérile, avec parfois des noms d'oiseaux. C'est une compétition parfois même organisée, qui est un facteur d'affaiblissement de la région. J'attends qu'on y mette un terme».

«J'ai peur que la région se macronise»


«Quand on voit la force des expériences locales, j'ai peur que la région se macronise en affichant beaucoup d'ambition mais peu d'aides. La démocratie locale se transforme en café du commerce. Madame Dufay a beaucoup parlé de fraternité et de démocratie : mais ça passe d'abord par le respect de chacun, de son rôle, de l'opposition, des élus locaux, du CESE, des corps constitués, des représentants syndicaux et professionnels. On bafoue et méprise ce qu'on appelle les corps intermédiaires. De ce point de vue la Région est macronisée».

Et de poursuivre sur le même thème : «On nous annonce maintenant, fait nouveau, le premier budget participatif en 2018. On y est prêt, on y était dès 2017. On a fait des propositions concrètes, inspirées des expériences que l'on a aussi. Mais elles ont toutes été balayées sans être discutées. Alors je dis à Mme Dufay : chiche ? Mais si c'est encore du participatif comme elle le pratique, j'ai peur que ce soit encore un nuage».

«Malaise à l'intérieur et à l'extérieur»


Pour François Sauvadet, «il y a un malaise à l'intérieur de la région», illustré notamment par «le départ de la directrice générale et beaucoup d'incertitudes».
Et «il y a un malaise à l'extérieur aussi» : «Nous recevons des témoignages de beaucoup de gens qui ont sollicité la région et n'ont pas eu de réponse. Si je dois former un voeu, c'est aussi que la région réagisse et agisse : elle doit donner des réponses, que ce soit oui ou non».

«Des raisons d'espérer tout de même»


Mais le leader de l'opposition voit aussi «quelques raisons d'espérer tout de même»… «Nous avons fait bouger les lignes, notamment dans le débat sur la préservation du patrimoine aux cotés des petites communes».
Sur l'aide aux instruments de musique, «là aussi, nous n'avons pas compris comment on en est arrivé à l'idée de ne plus accompagner la culture. Il ne faut pas se défausser de ses responsabilités, même secondaires».

Un autre élément positif relevé par François Sauvadet est «la prise de conscience des difficultés du monde agricole, que l'on a martelées à chaque session : elle a fait des audits, c'est bien, mais ça ne suffit pas». Plus largement, il regrette qu'«il n'y ait jamais eu dans notre région de réunion des présidents de conseils départementaux pour échanger, alors qu'on signe tous des conventions. Je suis disponible, il faut que notre image collective s'améliore, que la région accepte de jouer son rôle de chef d'orchestre, en animant une politique de réseau dans une grande région qui a vocation a redevenir une grande région européenne».

«L'attractivité, c'est mettre en mouvement les forces du territoire»


François Sauvadet résumait ses attentes en ces termes : «Restaurer la confiance, tenir les engagement, respecter les élus et les forces représentatives syndicales et professionnelles, ne pas se disperser, jouer de nos atouts». «L'attractivité, ce n'est pas seulement mettre 485.000 euros pour restaurer l'attractivité du territoire. L'attractivité, c'est mettre en mouvement les forces du territoire. Il y a urgence à ce qu'on ait une grande conférence territoriale, pour discuter stratégie avec la région et sortir de ce débat auto-centré ou les élus majoritaires ne se parlent plus qu'entre eux, entre amis… Et encore, la notion d'amis demande a être vérifiée».

Un site web pour s'exprimer et proposer


Pour finir, François Sauvadet a annoncé lancer le site monavis-bfc.fr «afin que chacun puisse donner son avis et proposer». «Tous les sujets sont ouverts, et on s'en servira. Plutôt que d'organiser des cafés couteux… bref, si au moins ça soutient le commerce local… Mais on a des outils modernes de communication, alors on s'en sert. On n'est pas masqués, c'est affiché que ce sont les élus droite et centre de Bourgogne-Franche-Comté qui proposent ces contributions».

Et de conclure : «cela dit, je souhaite une bonne année à Mme Dufay, et j'espère qu'elle verra que son opposition peut apporter beaucoup».
N.R.

Cliquez ici pour accéder au site monavis-bfc.fr