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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : La Carsat et EDF s’engagent au côté des assurés fragilisés

13/02/2018 06:06Imprimer l’article
Une convention entre ces deux partenaires a été signée ce lundi, dans les locaux de la Carsat à Valmy (Dijon). Elle vise à mieux identifier la précarité énergétique, afin de répondre le mieux possible aux difficultés des assurés fragilisés.
C’est sur le thème de la prévention de la précarité énergétique que s'accordent la Carsat Bourgogne-Franche-Comté et EDF. «Un enjeu commun», selon Rémy Combernoux, directeur du développement territorial d’EDF en Bourgogne. La prévention de la précarité énergétique, «EDF s’y engage depuis plus de 25 ans», a-t-il rappelé, notamment grâce à des partenariats locaux.
Il a alors fait remarquer plus largement : «EDF est le premier contributeur des Fonds de solidarité logement. 22,9 millions d’euros sont versés au niveau national chaque année, dont 707 700 euros en Bourgogne-Franche-Comté. Plus de 300 personnes s’occupent de la précarité au niveau énergétique et, au niveau de la Bourgogne-Franche-Comté, une trentaine de personnes y est spécifiquement dédiée, avec aussi des correspondants Solidarité».
Dans cette démarche de prévention, EDF s’appuie aussi sur un dispositif permettant une mise en relation avec les travailleurs sociaux pouvant bénéficier d’une aide spécifique par un conseiller EDF dans l’aide de personnes en difficulté.

Donner des outils aux travailleurs sociaux


C’est notamment ce dispositif-là qui fait l’objet de la convention. «Travailler avec les travailleurs sociaux, les aider à la compréhension de ce qu’est notre approche de la précarité énergétique, mettre à leur disposition un certain nombre d’outils, c’est vraiment cette logique qui prévaut pour ce partenariat. Ces travailleurs sociaux auront accès au dispositif, ils auront un numéro dédié et seront formés aux éléments de compréhension de ce qu’est la précarité (logements insalubres, rénovations de l’habitat). Toute cette ingénierie sera mise à disposition de la Carsat» a ainsi expliqué Rémy Combernoux.
Selon ses propos, il s’agit de permettre aux bénéficiaires de la Carsat de connaître tous les outils, «tous les canaux», afin de permettre à ses bénéficiaires de faire face à la précarité énergétique. Des accompagnements à la mise en place du chèque énergie (fin mars) sont aussi possibles, et les études de cas bien particuliers pouvant faire état de dettes importantes pourront être abordées.
«La logique, c’est prévenir mais c’est aussi aider», a ajouté le directeur, «pour un objectif qui a du sens, un vaste enjeu», sachant qu’on estime à 7 voire 8 millions le nombre de personnes en situation précarité énergétique en France aujourd’hui.

La Carsat, c’est aussi la prévention-santé


Pour la Carsat Bourgogne-Franche-Comté, Amélie Colomb, directrice adjointe en charge de l’accompagnement des publics fragiles, a d’entrée précisé que la Carsat ne se limite pas à la question de la retraite : «Il y a également une branche maladie qui est moins connue et c’est de cette branche que nous parlons aujourd’hui, avec des assistants de service social constitué de 130 personnes, implantées sur le territoire (présence sur 8 départements, 10 sites différents). C’est un enjeu de proximité très important car nous accompagnons des gens malades, qui peuvent être en arrêt de travail depuis plus de trois mois, qui sont en invalidité et qui vont passer à la retraite, qui sortent d’hospitalisation et qui ne peuvent rentrer chez eux sans aide à domicile… L’enjeu est la prévention-santé et la prévention de la désinsertion professionnelle».
Quant à sa branche retraite, la Carsat prévient notamment le bien-vieillir des personnes âgées, «en faisant en sorte qu’elles vieillissent bien à leur domicile».
Amélie Colomb a également informé sur cette question : «Nous finançons en complément de l’ANAH un certain nombre de travaux, pour éviter la précarité énergétique. Depuis 2013, nous avons financé 350 travaux chez des propriétaires occupants. Nous pouvons financer jusqu’à 3 500 euros en subvention pour des personnes âgées dont la retraite est inférieure à un certain seuil, et nous pouvons mettre en place un micro-crédit de 3 500 euros supplémentaires. On peut donc prendre en charge jusqu’à 7 000 euros de travaux. Il est certes beaucoup question de transformations de baignoires en douches, mais nous pouvons également intervenir sur la pose de volets roulants, sur des changements de chaudières… 350 dossiers ont entraîné des micro-crédits depuis deux ans en Bourgogne-Franche-Comté. Aujourd’hui, il y a frein aux travaux, surtout à partir de 80-85 ans». Cet accompagnement est renforcé avec des prestataires.

Un accompagnement social,

avec un enjeu de prévention


Pour ce qui est de la convention avec EDF, la directrice adjointe de la Carsat a insisté sur le sens du partenariat : «On est ici sur l’accompagnement social, avec un enjeu fort de prévention. Notre objectif premier est que la maladie ne soit pas un facteur de fragilisation sur l’ensemble de la vie de l’assuré. Et nous essayons de travailler sur tous les facteurs qui pourraient fragiliser leurs situations. La précarité énergétique en fait partie. Les assistants de service social ont accompagné 28 819 personnes en 2016 sur la Bourgogne-Franche-Comté, dont 22 240 personnes en individuel (15% d’entre elles accompagnées en visites à domicile en raison d’un manque de mobilité)». C’est lors de ces visites que les constats sur la précarité énergétique sont à même d’être faits.
La convention Carsat-EDF vise donc à renforcer les capacités et les outils des assistants, afin de leur donner toutes les clés pour établir ces constats et répondre le plus efficacement possible aux situations. Le lien entre le pôle Solidarité d’EDF et les travailleurs sociaux s’opère sur un portail depuis deux ans, un site internet réservé aux travailleurs sociaux pouvant se connecter eux-mêmes.
Les situations des personnes face à la dette et d’éventuelles coupures sont données. «Ce qui nous permet de les protéger, car au lieu de relancer ces personnes on donne le temps aux travailleurs sociaux de trouver des solutions. Le relais avec le travailleur social est extrêmement important», a souligné Thierry Fousset, correspondant solidarité pour EDF, détaillant là implicitement une meilleure communication à la compréhension de chaque cas.
«Derrière» ce portail réservé aux travailleurs sociaux, une trentaine de conseillers d’EDF est à même d’assurer le lien.

Détecter «le plus tôt possible» les situations


Auria Aguedo, assistante sociale pour la Carsat, précise que l’’accompagnement social est engagé «pour toutes les personnes qui sont en arrêt de travail. Elles sont signalées par les services de l’assurance maladie, au bout de trois mois d’arrêt. Les services de la Carsat sont proposés à ces personnes, pour des actions pro-actives». Des difficultés sont ainsi détectées avant qu’elles ne deviennent disons irrémédiables. «La première des difficultés est très souvent le paiement du loyer. Viennent ensuite toutes les factures en rapport au logement. Si nous pouvons travailler sur celles entraînant la précarité énergétique, c’est très intéressant», a complété Auria Aguedo.
La Carsat trouve donc dans cette convention une aide à la résolution des problèmes et situations critiques liés à la précarité énergétique, en même temps qu’EDF dispose d’un relais supplémentaire pour régler les situations autrement que par les coupures, tout en pouvant repérer davantage de personnes touchées par cette précarité, «dont certaines non détectables aujourd’hui puisqu’elles ne peuvent même plus consommer…». L’enjeu fort est partagé.
Si la mise en place du chèque énergie va «priver» EDF de la liste des bénéficiaires sociaux, son utilisation est d’autant plus encouragée pour continuer à détecter les personnes en difficultés, «le plus tôt possible» a souhaité Rémy Combernoux avec ce nouveau partenariat.
La convention signée concerne l’ensemble des usagers du service social de la Carsat (dont 80% de personnes en arrêt de travail, et des personnes âgées notamment en sortie d’hospitalisation). Le partenariat est valable pour une durée d’un an, renouvelable deux fois par tacite reconduction.

Alix Berthier