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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : La Croix-Rouge veut «mobiliser les populations» et repenser son organisation

15/09/2018 21:25Imprimer l’article
Ce samedi 15 septembre, durant la toute journée, la Croix-Rouge a investit la place de la République à Dijon pour son premier Forum «Tous Engagés». Un forum à vocation régionale, qui a pour but de mobiliser les troupes et sensibiliser les responsables publics. Explications avec Philippe Velut, directeur régional de la Croix-Rouge.

Qui participait à ce forum «Tous Engagés» ?


«C'était la première édition en Bourgogne-Franche-Comté, et je pense qu'on le renouvellera tous les 18 mois. C'est le rendez-vous d'une partie des 2700 bénévoles et des 1300 salariés de la Croix-Rouge dans la région. Environ 400 à 500 sont présents aujourd'hui.»

Quel est l'objectif de cette manifestation ?


«Le but est de rassembler tous ceux qui sont engagés avec la Croix-Rouge pour faire un point d'étape. Nos missions se divisent en trois catégories : accueillir, donner accès aux droits, et inclure. Tous les participants travaillent dans des métiers différents, mais sont organisés autour de ces trois grandes fonctions. Il s'agit donc de faire un état des lieux de nos réussites et de nos difficultés, et de faire émerger les innovations possibles.
Un autre objectif est de transmettre aux autorités régionales, qui agissent sur les problématiques qui nous intéressent.»

Il y a un déficit de contact entre la Croix-Rouge et les collectivités ?


«Nous mettons en place une organisation en approche territoriale, qui tient compte des nouvelles régions. Jusqu'à présent, la Croix-Rouge n'avait pas investit ce champ. L'association était symbolisée par ses secouristes, un échelon très local, et par son image nationale. Mais nous n'étions pas organisés pour être bien identifiés entre ces deux niveaux.»

Ce forum n'était pas ouvert au public ?


«Ce n'est pas une manifestation grand public mais on l'a voulue ouverte à tous ceux qui souhaitent découvrir voire même s'engager à nos cotés. Et puis c'est un lieu de rencontre avec les pouvoirs publics mais aussi avec les passants. C'est pour nous l'occasion de porter nos messages.»

Quels sont ces messages ?


«Le premier, vis-à-vis des préfectures notamment, et des pouvoirs publics, c'est que l'on doit mieux préparer et anticiper les actions et les rôles de chacun en situation. On a eu l'an dernier un exercice «attentat tuerie de masse» de grande échelle à Dijon. C'est une bonne chose, mais il ne faut pas nous relâcher.
Le deuxième message est en lien direct avec le plan pauvreté qui vient d'être dévoilé. Il faut concevoir les dispositifs avec les territoires. Sur les migrants par exemple, on les installe vite mais on ne les intègre pas et la population a parfois de mauvaises réaction. Il y a tout un travail d'ingénierie sociale à faire.
Le troisième message, c'est qu'il faut mobiliser les populations, et que le bénévolat est, en ce sens, un facteur d'intégration important.
Enfin, on souhaite attirer l'attention sur les innovations que l'on veut développer, et notamment tout ce qui concerne la fracture numérique et les zones blanches, entre les départements. Aujourd'hui, on ne fera pas de télé-médecine sans un bon réseau. Et on laissera donc des populations de coté.»

Quel regard portez-vous sur le plan pauvreté qui vient d'être annoncé ?


«8 milliards d'euros… Il était temps ! C'est un geste fort qui marque une volonté de s'attaquer au problème. Mais tout est dans la façon de faire, donc c'est au stade de la réalisation que l'on pourra réellement juger.»

Comment se porte la Croix-Rouge en Bourgogne-Franche-Comté ?


«Très bien. Nous avons une stabilité du nombre de bénévoles, et on estime que l'on fait un travail plutôt bon. On pilote notamment la plupart des samu sociaux. Mais la région est un fait nouveau : avant, il y avait une grande séparation entre bénévoles et salariés et une approche par département. C'est sur ces choses que nous avons à travailler.»
Nicolas Richoffer
Photos N.R.