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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : La fracture territoriale au coeur du «Grand Débat» à Montbard avec la ministre des transports

26/01/2019 03:04Imprimer l’article
Elisabeth Borne a passé la journée de vendredi en Côte-d’Or à la rencontre de maires et d’élus. On lui a essentiellement parlé transports, et même mobilités en général, mais pas seulement. On lui surtout parlé du monde rural.
Comme Infos-Dijon l’avait annoncé le 18 janvier, Elisabeth Borne est bien venue en Côte-d’Or dans le cadre du grand débat national. C’était ce vendredi 26, et la ministre des transports a privilégié les zones rurales, le coeur du mouvement des Gilets Jaunes, en allant à la rencontre des maires des communautés de communes des Terres d’Auxois et de Saulieu ainsi que dans le bassin Montbardois. C’est notamment là, dans la salle Paul Eluard de Montbard, qu’une soixantaine de personnes, élus et acteurs économiques, ont échangé avec la ministre.



Autour d'Elisabeth Borne, le préfet de région, Bernard Schmeltz, le chef de file des sénateurs En Marche, François Patriat, la députée de la circonscription, Yolaine de Courson, mais aussi la présidente du Conseil Régional, Marie-Guite Dufay, et son 1er vice-président, Michel Neugnot, spécialiste de la question des mobilités dans la majorité régionale. La maire de Montbard, Laurence Porte, complétait la scène, et a même lancé la discussion en présentant brièvement sa ville, sa gare TGV à une heure de Paris, mais aussi son histoire industrielle.

«Répondre aux besoins dans la mobilité du quotidien»


La ministre va directement au coeur du sujet : «Notre priorité doit être de répondre aux besoins dans la mobilité du quotidien. C'est un enjeu majeur. Cela passe par des investissements, y compris dans l'entretien des réseaux, mais cela demande aussi de revoir le cadre avec les collectivités».
«Il y a des gens au chômage que je ne peux pas recruter à cause des questions de transports» raconte un chef d'entreprise, membre du cluster Metal Valley de Montbard. «On retrouve cette problématique dans toutes les communes excentrées» précise la ministre avant d'expliquer : «Aujourd'hui, dans 80% du territoire, le bloc communal n'a pas pris les compétences transports. Alors à part faire des lignes de bus, nous n'avions pas trop de solutions…»

«Les plans de mobilité dans l'entreprise auraient dû se généraliser»


Pour Elisabeth Borne, «il ne doit plus y avoir de zones blanches des transports». Mais la ministre répète également à plusieurs reprises que le gouvernement «compte aussi sur les entreprises». «Les plans de mobilité dans l'entreprise auraient dû se généraliser au 1er janvier 2018, mais on n'a pas vu grand chose». D'après elle, «on avancera avec une prise de compétences des collectivités et l'implication des entreprises».

Laurence Porte note qu'une expérience avait déjà été tentée par le passé à Montbard, et qu'il avait été noté «une sous utilisation d'un mode de transport collectif». Ah ! La sacro-sainte voiture individuelle. Et aussi «la deuxième voiture, la vieille qu'on pousse à plus de 300.000 km si elle tient» lance un participant. «C'est sûr que si l'on veut aller vers des moyens collectifs, on a un peu moins de liberté de mouvement» répond la ministre.

Ticket mobilités et covoiturage


Marie-Guite Dufay en profite pour mettre en avant le travail pionnier de la région sur l'ensemble des mobilités. «Nous sommes en pourparler pour mettre en place un fond public privé pour un ticket mobilité, déchargé, défiscalisé. L'objectf est d'aboutir au printemps pour le lancer avant l'été.  Pour le covoiturage, nous espérons une expérimentation en 2019 dans trois territoires. Nous sommes la première région à le faire, mais nous y allons». Un représentant du Medef précise la position des patrons : «un ticket mobilité, oui, mais sur le volontariat des entreprises».
Elisabeth Borne salue l'initiative de la Région, puis ajoute : «on atteint parfois 20% de covoiturage, mais quand les entreprises se saisissent du sujet».

Le maire de Joigny, dans la salle, a également exposé des problèmes rencontrés («550 emplois supprimés en quelques mois») et les solutions tentées, notamment la plateforme Mobileco. Et d'ajouter «J ne me vois pas demander aux entreprises de mon territoire, es TPE PME, de financer la mobilité». La ministre répond : «ça n'empêche pas certains élus de baisser la fiscalité locale». «On ne peut plus» lui répond-on.
Au fil des discussions, «c'est pareil dans le milieu hospitalier», c'est bien la fracture territoriale, qui est au coeur de la question. Moins de services en milieu rural. Moins de tout même. «Être dépendant des énergies fossiles, c'est être dépendant de la géopolitique» lance la ministre.
La séance s'est terminée par la signature de l’avenant au Contrat de Plan Etat-Région entre la ministre, le préfet et la présidente du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer