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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : La fréquentation des TER en forte hausse grâce aux prix très attractifs mis en place fin 2017

04/10/2018 17:25Imprimer l’article
Un an après la mise en place d'une politique tarifaire agressive, le Conseil Régional et la SNCF ont fait le point ce jeudi sur la fréquentation des TER… dont les chiffres confortent la stratégie adoptée.
Les régions ont obtenu du précédent gouvernement une liberté tarifaire totale, et la Bourgogne-Franche-Comté en a profité pour tenter un pari : celui d'une refonte totale de la politique de prix, en forte baisse, dans le but d'attirer un maximum de voyageurs sur les rails et impulser un nouveau modèle, couplé à une politique globale sur les mobilités. Un an après, Michel Neugnot, premier vice-président du Conseil Régional, et Eric Cinotti, directeur régional de la SNCF, ont fait le point ce jeudi matin. Et annoncent fièrement une forte hausse du nombre de voyageurs.

Un investissement d'1,2 millions d'euros


«On a ciblé le voyageur occasionnel, qui fait le gros du chiffre d'affaire (70% des recettes)» explique Michel Neugnot. «C'est un choix malthusien, de développement du train, avec plus de dessertes (30 de plus sur 500), et aussi un choix de modernisation. Nous avons mis la pression sur la SNCF sur la qualité du service».

Une stratégie qui a eu un coût : 1,2 millions d'euros. Mais Michel Neugnot préfère voir ça comme un investissement. Ça le sera si la politique mise en place porte ses fruits, et pour l'instant, c'est le cas. «On a fait le choix d'une politique de bas prix sur les occasionnels, avec un pari qui pouvait paraître très risqué : politique de prix bas et accessible à tous, en misant sur une augmentation du trafic» poursuit le vice-président. «On modernise et on met des prix attractifs. C'est la rupture d'une spirale dépressive».

Au bout d'un an, les résultats sont encourageants, et confortent le conseil régional et la SNCF dans ce choix novateur qu'ils ont été les premiers, pour ne pas dire les seuls, à faire en France.

Une croissance de trafic 12 fois supérieure à la moyenne française


Après trois années de baisse, la fréquentation est repartie à la hausse en 2017. Et pas qu'un peu ! Au premier trimestre 2018, la progression régionale était presque 12 fois supérieure à la moyenne nationale, de 5,92% contre 0,50% sur toute la France.

La hausse constatée au lancement se confirme pour les occasionnels


Les voyageurs ne possédant pas d'abonnement, mensuel ou annuel, sont de plus en plus nombreux dans les trains de Bourgogne-Franche-Comté. La hausse remarquée dès décembre 2017 (+20,5%) s'est confirmée au premier trimestre 2018 (+16,3%), ce qui provoque une stabilité des recettes.

La fréquentation des jeunes en plein boom


«C'est une reconquête certaine qui s'opère» se félicite Michel Neugnot. En permettant à tous les jeunes de moins de 26 ans de voyager à demi-tarif, le Conseil Régional a en effet provoqué une hausse de 45% des jeunes voyageurs, soit une hausse de 15% des recettes sur cette tranche d'âge.

La croissance de la carte 26+


La hausse des ventes de cartes 26+ est très forte, avec 42.000 cartes vendues au 15 septembre, contre 15.000 auparavant sur les deux régions, Bourgogne et Franche-Comté. Fin mars, avec 33.928 cartes vendues, la hausse était de 112% par rapport au premier trimestre 2017.

Succès sur les marchés «groupe»


Un groupe se constitue de 9 personnes ou plus. De septembre à mars, une hausse de 86% des groupes a été observée grâce à la nouvelle gamme tarifaire mise en oeuvre.

Après une hausse au lancement, légère baisse du marché plein tarif


Après la hausse du trafic constatée fin 2017, le trafic a baissé de 1,7% dans cette catégorie au premier trimestre 2018. Pour Michel Neugnot, «c'est le signe que la carte est un bon outil de fidélisation des occasionnels».

Pour le vice-président du conseil régional, il est temps que les habitants de Bourgogne-Franche-Comté comprennent que le train est «plus simple, plus rapide et plus sécurisant que la voiture, notamment quand on se rend dans les grandes agglomérations de la région». C'est ainsi qu'en mettant une gamme de tarifs palier par palier, et non plus au kilomètre parcouru, il a fallu opérer un changement complet de philosophie.

Des analyses à peaufiner


On constate ainsi une explosion du trafic sur la palier 7 (plus de 200 kilomètres) tandis que sur le palier 6 (166 à 200 kilomètres), les voyageurs ne sont pas au rendez-vous. «On se pose des questions sur les raisons, on va voir. On va essayer d'avoir une communication spécifique sur les villes d'origines et de destination concernées. Est ce que ce sont les dessertes, un défaut d'information, des problèmes de parkings, un manque de transports en commun, etc. Il y a plein de facteurs d'explication possible» s'interroge Michel Neugnot. Pour lui, «il faudra confirmer cette hausse de trafic et cibler par territoire pour l'amplifier» Donc l'analyse de toutes les données sera très minutieuse.

Eric Cinotti, directeur régional SNCF, confirme que sa société a pris des engagements en qualité de service : «et le premier, c'est la régularité des trains».
«Aujourd'hui, 92% des trains sont à l'heure en Bourgogne-Franche-Comté, mais des lignes sont à 82% et d'autres à 97%.
L'objectif est d'atteindre 90% sur toutes les lignes en 2025, avec une moyenne 94%. Aujourd'hui, des lignes sont encore difficiles, je pense à Bourgogne Nord notamment. Les améliorer, c'est aussi un gage de l'attractivité de l'offre».
Nicolas Richoffer
Photo N.R.