vendredi 20 septembre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
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Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : Le pouvoir d'achat à toutes les sauces, avec du sucre et du piment

13/12/2018 14:10Imprimer l’article
La fièvre jaune a fait monter la température au sein de l’assemblée régionale. La revendication principale des gilets jaunes a libéré les langues. Tout le monde a sa solution. A gauche, au centre, à droite et à l’extrême droite, dont l’appel a fait «plouf»…
L’appel lancé par Julien Odoul, le patron du Front National était on ne peut plus clair. Il souhaitait voir des gilets jaunes venir se rassembler ce jeudi 13 novembre, au matin, devant le siège de la Région. Mais son appel a fait plouf. Pas un seul gilet jaune à l’horizon.
Pas de Sophie Montel non plus, dans l’assemblée, pour laquelle les élus socialistes ont lancé une «alerte enlèvement». En fait les frontistes du front ont perdu de la couleur.
L’année dernière à Montbéliard Sophie Montel avait crevé l’écran et joué avec les nerfs de la majorité et de la Présidente du Conseil Régional, provoquant une montée de fièvre dans les rangs de son groupe.
Pas là non plus le Montcellien Lilian Noirot, le nouveau disciple saône-et-loirien de Nicolas Dupont Aignan.
Bref pour l’acte le plus important de l’année qu’est le vote du budget, tous les combattants n’étaient pas là. Mais cela n’a pas empêché les débats. Et ce n’est pas une surprise, on a beaucoup parlé pouvoir d’achat. François Sauvadet mardi, Marie-Guite Dufay et Julien Odoul mercredi avaient annoncé la couleur.
On allait parler pognon pour le peuple. Avec encore un bel exercice de démagogie du leader du Rassemblement National, revenant sur la hausse des indemnités des élus, en début de mandat. Une revalorisation sur laquelle il s’était abstenu, quand la droite et le centre avaient voté contre. C’est toujours bon de le rappeler. Mais peut-être avancera-t-il qu’à l’époque il avait suivi la consigne de Sophie Montel, dont on ne sait pas si les indemnités seront rabotées pour ses absences désormais récurrentes ! Mais peut-être a-t-elle été confinée à Strasbourg, par le Préfet du Haut-Rhin…
En attendant, les gilets jaunes ont incontestablement marqué les esprits, car tout le monde a parlé du pouvoir d’achat.
Alain BOLLERY 
et Nicolas RICHOFFER

Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional

«La colère exprimée par les gilets jaunes est pour moi légitime, même si je regrette les débordements, la violence et les pillages. Depuis trop longtemps ceux qui travaillent et ont du mal à boucler leur fin de mois, ont été ignorés.
Posons la question du coût d’utilisation d’un véhicule quand on n’a pas de transports en commun. Oui il faut des solutions. Mais on ne peut pas s’adresser de la même façon à ceux qui ne comptent pas en fin de mois et ceux qui ont du mal à boucler. Et il ne faut pas d’opposition entre les gilets jaunes et les marche pour le climat.
Il faut du covoiturage organisé. La crise nous oblige, l’Etat est interpellé, mais chacun doit se mobiliser.
L’idée d’un ticket mobilité, sans charges sociales, les organisations patronales y sont sensibles. Nous devons engager un travail précis sur les mobilités.
Nous devons avoir des mesures concrètes dès le printemps prochain. Il faut une coopération territoriale exemplaire.
C’est pour cela que nous avons décidé une aide à la mobilité pour les demandeurs d’emploi qui suivent une formation ; Une tarification sociale dans les lycées.
Concernant les tarifs des TER, je veux avoir un discours de double responsabilité.
Il n’y a pas eu d’augmentation depuis 4 ans, nécessité d’harmoniser les tarifs. Nous avons aussi voté des remboursements d’abonnements pour les suppressions et retard des trains. dès qu’un retard dure un quart d’heure à raison de 20 retards par mois.
Je veux aussi rappeler que le coût pour l’usager SNCF était de 32% il y a 10 ans, il est aujourd’hui de 25%.
Enfin, si ce n’est pas l’usager qui paye, qui alors ? C’est nécessairement le contribuable,
Notre responsabilité c’est d’entendre les réactions à ces hausses. J’ai demandé à la SNCF de un à deux mois gratuits. Il n’y aura pas d’augmentation de 2 % en 2020. Cela coûtera un million à la Région.
Le budget sera détaillé par toute notre équipe. C’est le budget des engagements tenus.
Nous devons voir loin et nous sommes au rendez-vous. Nous préparons l’avenir avec les acteurs économiques.
Je plaiderai pour la fin de la liaison Rhin – Rhône.
La responsabilité nous oblige à un respect mutuel. Vous n’êtes pas obligé d’aller chercher dans la fantaisie vos références», a pour conclure lancé Marie-Guite Dufay à François Sauvadet


François Sauvadet, président du groupe de la Droite et du Centre

Sur les propos que je tiens, vous pouvez exprimer ce que vous voulez, mais nous sommes là aussi pour exprimer ce que les électeurs attendent de nous. Nous sommes élus aussi. Vous aussi avez eu des mots difficiles à mon endroit.
Nous sommes dans un contexte de colère. Je veux saluer les forces de l'ordre. Je regrette que le Président de la République ait parlé trop tardivement, mais il a parlé. Il a annoncé des mesures, et je pense à la défiscalisation des heures supplémentaires, que Nicolas Sarkozy avait mis en place et que François Hollande avait supprimé.
Notre action doit être guidée par les besoins de nos territoires. Le pouvoir d'achat, le consentement à l'impôt, la transparence, l'efficacité du service public, sont des questions qui sont devant nous et doivent nous amener à nous interroger. Vous en appelez à la solidarité de toutes les collectivités alors que vous avez revendiqué la mise en place de blocs de compétences.
On ne peut pas voter une hausse de l'abonnement du TER et prôner l'utilisation du transport collectif. Il faut s'en donner les moyens et ouvrir des perspectives pour nos concitoyens. Nous vous avons alerté, et je le répète, on était les seuls à nous être opposés.
Ce n'est pas une erreur de communication mais une erreur politique, Monsieur Neugnot. Revenez sur cette décision, annulez la hausse des abonnements TER.
Ce budget est aussi celui du mi-mandat. Il nous a fallu trois ans pour que vous nous disiez ce que vous envisagez pour les transports scolaires, et encore. Je ne veux pas qu'au nom de la gratuité, vous remettiez en cause la qualité de service. Nous demandons là aussi de la transparence. On sera extrêmement attentifs à la qualité de service. Il n'y aura pas de structuration du territoire sans structuration des transports.
Je veux aussi vous dire qu'il est grand temps que vous passiez de la parole aux actes, notamment sur deux sujets :
J'ai lu que vous étiez partisans d'un hélicoptère sanitaire à Nevers. Nous aussi. Mais je m'oppose à ce que propose l'ARS, à savoir le transfert de l'hélico de Dijon.
( Intervention de Marie-Guite Dufay : c'est un deuxième hélico, pas un transfert…)
De même, qu'avez vous fait à part vous désoler de la fermeture prochaine de l'antenne de l'école vétérinaire d'Alfort à Champignelles. Avez-vous plaidé ? Je n'ai pas l'impression que la Région ait apporté le moindre euro pour sauver cette école.
Sur le développement économique, beaucoup d'acteurs locaux témoignent de la complexité des procédures pour monter un dossier et de l'absence de réponse de la Région. Même le Ceser s'interroge.
J'ai vu ce que disait de vous il y a peu M. Rebsamen. Quand un élu politique du même parti est aussi critique avec vous alors que vous venez de lui signer un contrat de 50 millions d'euros, il y a de quoi s'interroger.
Nous avons une proposition : que la Région investisse d'avantage dans la transition numérique des entreprises, à hauteur d'un million d'euros. Et puis franchement, mettre dans les temps que nous connaissons un million d'euros de plus dans la communication, ce n'est pas sérieux.
Rendez de l'argent aux Bourguignons-Franc-Comtois pour le pouvoir d'achat. C'est possible. D'autres Régions ont une fiscalité plus basse : vous pouvez baisser le prix de la carte grise et de la TICPE.
Trois ans sont passés. Votre bilan est très critiquable, mais vous pouvez encore inverser la tendance.
Vous parlez souvent de démocratie participative, mais la démocratie participative, ce n'est pas "je dis ce que j'ai décidé". C'est la mise en place d'une co-construction.
Je sais que votre tache n'est pas facile : votre majorité est tellement disparate que c'est compliqué. Mais nous avons une responsabilité en partage : c'est de rendre la Bourgogne-Franche-Comté plus attractive.


Julien Odoul, Président du groupe Rassemblement National

Madame la présidente, mardi soir, la France a été touchée en plein coeur à Strasbourg. Je m'associe à la pensée que vous avez eu pour les victimes de cet acte odieux. Nous sommes tristes que cela se répète, et qu'il n'y ait pas de fin à un processus qui nous est imposé. Je ne souhaite pas qu'il y ait des minutes de silence à chaque assemblée plénière. Le terrorisme islamiste ne se combat pas ainsi. Il faut que le gouvernement déclare enfin la guerre à ceux qui veulent nous abattre. A la radicalité de l'islamisme, il faut répondre par la radicalité républicaine.
Les mesures ? Il faut déchoir de la nationalité française les fichés S bi-nationaux et expulser les fichés S étrangers.
Notre budget est bouleversé par cet "état d'urgence économique et social" comme l'a dit le Président Macron.
Méprisé depuis des décennies, le peuple de France s'est levé pour manifester son désir de vivre, d'être respecté et de reprendre le contrôle. Il ne supporte plus la déconnexion dramatique des membres du nouveau monde notamment avec la vie réelle.
Des choix politiques d'une injustice criante découle cette crise historique. Elle a eu l'intérêt de porter l'attention sur les souffrances du peuple français. Elle a des visages, des noms, des parcours de vie, etc.
Dans ce contexte, vous avez, peut-être en écoutant nos propositions et celles des gilets jaunes, lâché du lest. Il y a quelques signes, et nous nous en félicitons. Nous ne sommes pas sectaires, et quand ça sert l'intérêt général, nous le disons. Le ticket mobilité par exemple va dans le bon sens.
Mais madame la présidente, la région n'est pas une banque. Nos compatriotes sont en droit de recevoir des services et une fiscalité allégée. Mais sous refusez encore une fois de baisser le prix de la carte grise, comme le président s'obstine à refuser de remettre l'ISF.
Dans l'urgence sociale, nous proposons un contre-budget avec sept mesures extrêmement importantes qui seront égrenées au fil du débat budgétaire.
Ce qui nous revient énormément, c'est que les efforts reviennent toujours sur les mêmes. Donc nous proposons aussi une mesure d'exemplarité : de revenir sur la hausse de 20% des indemnités des élus, décidée en tout début de mandat.
Pour mettre en œuvre ce contre budget, nous proposons aussi des économies sur des dépenses que nous considérons superflues.
Le bilan de la fusion, c'est plus d'impôts pour les citoyens, une métropolisation forcée avec une concentration à Dijon, pas d'économies, un endettement qui augmente, et des agents sous pression.
Pour conclure, après ces premiers signes en faveur du pouvoir d'achat, je vous demande de regarder la région et d'écouter les souffrances des compatriotes, et de prendre des mesures pour améliorer le quotidien des habitants. Je me moque que ça vienne de la majorité, du groupe de M. Sauvadet ou de notre groupe. Si c'est bénéfique pour les habitants, nous le voterons.


Jérôme Durain, président du groupe «Notre Région d'Avance»

«Je veux ouvrir par un mot pour les victimes de l’attentat de Strasbourg, avec aussi un soutien aux forces de l’ordre. Oui la République est attaquée, avec le armes. Mais elle est attaquée aussi avec les mots. Je veux aussi une réflexion sur le complotisme sur les réseaux sociaux.
Je veux dire notre soutien aux journalistes et aux médias est entier.
Monsieur Sauvadet vous avez fait une sortie de route. Vous avez eu une expression de misogynie. Comparer la présidente à une chanteuse certes populaire, cela n’est pas à la hauteur des débats»
Et le chef de groupe du PS de poursuivre : «Le Président de la République a appelé à une urgence sociale.
Il y a le pouvoir d’achat, mais il y a tellement plus. Avec le sentiment d’abandon des territoires, la promesse d’égalité républicaine n’est pas honorée avec des services publics qui disparaissent, la preuve du déclassement. Un sentiment d’injustice doublé d’une crise de la représentation.
Et puis il y a le pouvoir d’achat, comme premier détonateur de cette crise, avec une augmentation de la richesse. Le travail ne rémunère pas assez et c’est une question centrale.
Les agriculteurs ont besoin de revenus, de considération et de perspectives. Cela vaut pour tous les habitants.
Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron s’est ajouté l’espoir déçu d’un monde nouveau. Mais je le dis aussi : Attention le dégagisme c’est une arme à double tranchant.
Les petites phrases du Président ont porté atteinte à la dignité des Français. Sans parler de la funeste erreur de la suppression de l’ISF et de la baisse des APL.
Dans sa réponse, il y a une forme d’amateurisme et de confusion. Oui il y a eu des annonces, mais sans clarté.
L’ISF restera une épine dans la chaussure. La concertation oui. La transition écologique est passée par les oubliettes. La maison brûle, elle continue de brûler et nous regardons ailleurs.
Je ne voie pas ce que viennent faire l’immigration et l’identité dans les thèmes de débat retenus par le Président.
Monsieur Sauvadet, la Présidente ne fait pas des annonces, elle avance sereinement. Il n’y a pas de pouvoir pyramidal à la Région. Sur toutes les questions d’urgence, nous avons été en première ligne. Sur la question du TER avec un geste qui revient sur l’augmentation. Monsieur Sauvadet vous êtes à côté de la plaque.
La carte grise vous la ressortez. On ne vous parle pas de vos frais de réception au départeent qui ont doublé.
Ce budget incarne des choix politiques.
Monsieur Odoul, des amendements, ça ne fait pas un budget. Ils incarnent vos obsessions.
110 millions d’euros pour les lycées».
François Sauvadet répondant à Jérôme Durain
«Vous faites le jeu des extrêmes.  Dans les débats que nous avons, j’aime beaucoup Annie Cordy et je vous aime bien aussi.
Le mensonge dans les temps que l’on traverse n’est pas acceptable. Quand on ose dire que j’ai doublé les frais de réception c’est un mensonge ; Ils ont baissé de 10% entre 2017 et 2018. Monsieur Durain lisez les chiffres, tous les chiffres. J’ai le droit de dire qu’un million d’euros en plus pour la communication c’est trop».

Ils l'ont dit lors de la discussion générale :


Michel Neugnot (Majorité) :

«Nous serons jugés sur la situation de la Bourgogne-Franche-Comté au terme du mandat, et pas aux étapes, année après année.»

Alain Joyandet (Droite et Centre) :

«Nous sommes au bout d'un système, celui de la gestion publique de l'argent de nos concitoyens. Ici, comme au niveau de l'Etat, vous ne tirez pas les conséquences de ce qui se passe. Les gens n'en peuvent plus. Depuis mon premier mandat politique, je plaide pour une baisse des impôts. Vous pouvez faire un autre budget.
Vous avez de la marge de manoeuvre, et il vous faut donc rendre l'argent. Vous avez un investissement qui augmente plus que votre recours à l'emprunt. En période de disette, où on dit qu'il faut redistribuer, vous pouvez donc le faire sans avoir recours à l'emprunt. Alors faites le.
Nous demandons un niveau de tarif des cartes grises responsable. Mettez le curseur où vous voulez mais envoyez un message.
Dire que la TICPE est une recette d'investissement est un artifice. Vous pouvez rendre 6-7 millions de cartes grises et autant de TICPE. Vous renvoyeriez ainsi 13 ou 14 millions d'euros dans l'économie, en pouvoir d'achat.»

Loic Nipceron (Majorité) :

«Je veux rappeler que le Conseil Régional ne lève pas d'impôt sur la taxe d'habitation, le foncier bâti ou autre. Donc le discours "rendez-l'impôt" est un numéro de claquettes. L'impôt qui est payé, sous la forme d'impôt sur le revenu, de TVA, de CSG, sert à financer des budgets en santé, routes, écoles, etc. L'impôt sert à financer le service public et le service au public, et notamment sur l'aménagement du territoire.»

Marie-Guite Dufay (présidente) :

«Je suis concernée par le moins d'impôts. Mais l'impôt sert à financer le service public, et le service public, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas.
Comment on fait pour baisser les impôts ? Vous dites en faisant des économies de gestion. Vous mettez en cause un soi-disant bas de laine. Mais cette épargne brute, nous en avons besoin au regard de l'augmentation de l'investissement que nous faisons. Vous ne pouvez à la fois dénoncer l'augmentation de l'épargne brute et acquiescer à la hausse de l'investissement.
J'ajoute qu'il nous faut avoir une vision pluriannuelle, et non annuelle.
Par ailleurs, les autorisations de programmes et les crédits de paiement sont régulièrement mélangés dans les interventions que j'entends.
Vous dites "rendre l'argent"… Mais à qui ? La carte grise, c'est une taxe au moment de l'achat d'un véhicule. Les gens qui manifestent depuis un mois ne nous parlent pas de ça, mais de boucler leurs fins de mois.
Et sur la TICPE, on avait démontré que supprimer les 33 millions ne ferait baisser que de 1 centime le litre d'essence…
Je veux aussi revenir sur le coût de l'administration. Je salue les agents, qui ont traversé la tempête de la fusion. Une fusion, c'est toujours tumultueux. Je leur suis reconnaissante. Mais ce coût de l'administration que vous nous reprochez n'est pas réel. Quand on compare ce qui est comparable : les deux régions avaient un cout qui évoluait de +18%, et là, nous sommes à -14%. Car il y a eu des économies d'échelle.»


Les principaux chiffres du budget 2019 :


Photos Jean-Christophe Tardivon :