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BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : Le Rassemblement National alerte sur «un assassinat politique» et appelle aux dons

13/07/2018 03:07Imprimer l’article
Touché par une saisie pénale de deux millions d’euros dans l’affaire des assistants présumés fictifs d’eurodéputés, le Rassemblement National fustige une «attaque organisée pour la mort du parti». Autour de Julien Odoul, président du groupe RN au Conseil Régional, les fédérations RN de la région sont mobilisées pour une campagne non pas électorale mais «de sensibilisation à ce que représenterait la disparition du parti».
C’est par des mots forts que Julien Odoul a débuté la conférence de presse du Rassemblement National ce jeudi à la Région : «Le 6 juillet dernier, la démocratie, notre démocratie, a été attaquée. Elle n’a pas été attaquée par une puissance extérieure qui chercherait à nous asservir, elle n’a pas été attaquée par une entreprise terroriste, elle est attaquée par deux juges politisés, affiliés au syndicat de la magistrature, qui ont décidé de redessiner le paysage politique français selon leurs intérêts, selon leurs accointances partisanes, en violation de la présomption d’innocence, sans preuve, sans jugement...».

«Une attaque savamment orchestrée»


Cette attaque dont parle Julien Odoul, c’est «la confiscation au Rassemblement National de la dotation qui assure son fonctionnement». Une dotation «attribuée démocratiquement», souligne-t-il, en rappelant que la somme est issue des votes exprimés pour le RN aux élections législatives 2017.
Une attaque donc, «une de plus donc» dénonce Julien Odoul, qui s’indigne d’un traitement particulier réservé au Rassemblement National, cel des cadres aux militants subissant «des persécutions bancaires et autres». Et pour les représentants régionaux du parti, cette nouvelle persécution est opérée «dans un contexte européen où la montée des mouvements nationaux dérange, dans une période estivale et en pleine Coupe de Monde de football», durant lesquelles les attentions sont ailleurs.
La figure régionale du Rassemblement national insiste sur «une attaque savamment orchestrée, une opération politique qui vient violer l’article 4 de la Constitution (sur la liberté d’activité des partis politiques)».

«Les huit fédérations de Bourgogne-Franche-Comté ne pourront plus fonctionner»


Quant aux conséquences, elles pourraient amener à la cessation de paiement et au dépôt de bilan du parti «d’ici la fin du mois d’août».
En ne cachant pas «des réserves épuisées» par la faute selon lui de cette dotation bloquée, Julien Odoul s’exprime sur cette menace : «La situation est extrêmement grave et il y a urgence. Si nous ne parvenons pas à récolter suffisamment de dons d’ici la fin du mois d’août, les huit fédérations de Bourgogne-Franche-Comté ne pourront plus fonctionner. Plus de tracts, plus de réunions publiques… Il n’y aura plus d’activité. Le Rassemblement National, dans nos territoires et au niveau national, cessera d’exister et les Français ne seront plus défendus».
D’après le parti, cette possible modification du paysage politique est même plus largement une menace pour la démocratie : «C’est une crise majeure, car il n’y aurait plus d’opposition politique dans notre pays. Emmanuel Macron s’est efforcé à détruire la gauche et la droite. Dans les territoires, nous constituons la seule opposition à sa politique. Si demain nous disparaissons, il n’y aura qu’un parti unique, il n’y aura plus de mouvement en capacité de proposer, d’incarner une alternative. Des problématiques ne seront plus traitées».
Julien Odoul cible «l’immigration, l’islamisation, l’austérité, la fracture territoriale qui fragilise nos territoires ruraux». Selon le responsable régional du Rassemblement National, «tous les Français qui veulent continuer à vivre en France seront abandonnés».

«Une participation, même minime, sera utile pour nous sauver»


Au nom de l’alternative électorale à préserver, le Rassemblement National appelle aussi au sursaut en Bourgogne-Franche-Comté, «à la mobilisation des 530.000 électeurs de Marine Le Pen lors de la présidentielle». Un appel aux dons sur le site alertedemocratie.fr.
«Une participation, même minime, sera utile pour nous sauver», lance Julien Odoul, comptant évidemment sur les militants mais aussi «sur les Français passionnément attachés à nos principes. Il serait grave que demain, 1 Français sur 3 ne soit plus représenté». C’est une question et un enjeu qui vont au-delà du parti, et on souligne d’ailleurs du côté du RN que des personnalités politiques adverses se sont prononcées contre cette attaque. Julien Odoul remarque qu’il s’agit d’un pluralisme politique, qui s’exprime «contre la dictature des juges».
Au niveau régional, la campagne d’appel aux dons se traduit par la distribution de tracts ainsi que des rassemblements prévus «pour sensibiliser nos compatriotes et refuser cet assassinat politique». Le RN réaffirme : «Les idées d’11 millions d’électeurs doivent être entendues. Il n’y a qu’en URSS sous Brejnev, il n’y a qu’au Chili sous Pinochet, il n’y a qu’en Corée du Nord, que les partis politiques d’opposition sont ainsi muselés. La démocratie, c’est le pluralisme. La démocratie, c’est le respect de l’opposition. Il est indispensable qu’Emmanuel Macron respecte l’article 4 de la Constitution».

Disparition de moyens et de légitimité


C’est très clair pour Julien Odoul, «on veut la tête du parti». Et l’effondrement retombera sur les fédérations régionales, avec des moyens qui disparaîtront progressivement et une légitimité qui s’effritera. Et Julien Odoul assure que le RN ne s’arrête pas aux 400 adhérents de la Fédération de Côte-d’Or, ou aux 400 de celle de l’Yonne. «Les fédérations, ce sont des militants qui s’engagent bénévolement et qui y croient».
Le RN en appelle ainsi à eux pour sauver le parti, tout en voulant alerter plus largement sur le besoin de respecter la démocratie.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier