samedi 20 avril 2019
Une opération de grutage est effectuée en ce milieu de semaine du côté de la place de la Libération.
Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE : Le volet agricole du Grand Plan d’Investissement présenté aux acteurs économiques de la région

30/11/2018 12:26Imprimer l’article
C’était le dossier de la journée organisée ce jeudi par la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté ayant accueilli Olivier Allain, ambassadeur de ce volet du GPI.
Le volet agricole du Grand Plan d’investissement est doté de 5 milliards d’euros sur 5 ans. Avec pour objectif majeur la transformation des secteurs de l’agriculture, de l'agroalimentaire, de la forêt et du bois, de la pêche et de l'aquaculture, par des orientations stratégiques et des accompagnements des filières et au sein même de celles-ci. Trois grands axes structurants sont définis : la transformation de l’amont agricole et forestier ; l’amélioration de la compétitivité de l’aval agricole et forestier ; l’innovation et la structuration des filières.
La journée, organisée par la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté, dédiée à la déclinaison régionale de ce volet agricole du GPI visait à réunir les représentants de l’Etat, les opérateurs du GPI, le Conseil Régional et les acteurs économiques de l’agriculture autour de ce nouvel élan issu des Etats Généraux de l’agriculture et de l'alimentation, qualifiés par le préfet Bernard Schmeltz de «fort engagement».

«On va reconquérir le marché intérieur, mais aussi l’exportation»


Pour le mettre en avant, la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté recevait ce jeudi Olivier Allain, nommé ambassadeur, par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, de la déclinaison territoriale de ce volet agricole du GPI.
Assurant d’une démarche de l’Etat transversale et ascendante pour l’agriculture, Olivier Allain a alors rappelé que ce volet et le plan d’investissement qu’il implique est le prolongement de l’atelier 14 développé lors des EG, qui portait sur la manière de préparer l’avenir de l’agriculture. L’occasion pour l’ambassadeur de poursuivre sur les enjeux de ce GPI : «Il s’agit de se mettre en cohérence. On va reconquérir le marché intérieur, mais aussi l’exportation. Et nous devons jouer sur une vraie image qualitative qu’a notre agriculture».
L’accompagnement vers la transformation des secteurs de l’agriculture, c’est «se différencier par rapport à nos compétiteurs» est convaincu Olivier Allain. En constatant que «l’agriculture a su s’adapter», que des efforts ont été faits sur les intrants notamment (diminution du carbone, des pesticides, des antibiotiques), l’ambassadeur du GPI annonce : «On va changer d’ampleur». Avec une conviction : «Les consommateurs accepteront de payer plus cher pour de meilleurs produits et cela ira par conséquent vers plus de revenus pour les agriculteurs».

«Des acteurs soucieux de relever les manches et de faire face»


«Derrière cette posture globalement positive, il y a quand même une partie de l’agriculture et un nombre croissant d’agriculteurs qui souffrent, tant dans leurs revenus que dans le divorce qu’ils perçoivent entre l’opinion et leurs pratiques professionnelles. J’espère une reconnaissance plus importante de la part des consommateurs. La profession mérite de l’attention, une écoute bienveillante de la part des uns et des autres», souligne justement Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté, tempérant avec le fait que «l’économie agricole, des industries agroalimentaires, ne se porte pas si mal que ça».
«C’est un secteur qui n’a pas à rougir de son histoire et qui a, à maintes reprises, montré sa capacité à relever les défis», atteste le président de la Chambre, satisfait aujourd’hui de l’impulsion permise par le GPI, sans omettre certains constats : «Aujourd’hui, les 70 % du cheptel reproducteur en élevage de viande ou en lait sont détenus par des éleveurs de plus de 54 ans, et quand on les interroge sur leur succession, 6 sur 10 répondent qu’ils ne savent pas qui va reprendre…».
Dans une période déterminante pour l’avenir de l’agriculture, où «des pans de nos territoires ruraux seront fragilisés», le président de la Chambre souhaite, avec tout de même de l’optimisme, que les Etats Généraux soient suivis d’effets, tout en insistant sur l’accompagnement des agriculteurs «à qui l’on demande de se réinventer». Un accompagnement dès l’enseignement agricole.
Enfin, sur la dynamique annoncée par l’ambassadeur du volet agricole du GPI, Christian Decerle espère que ce ne sera pas un autre Grenelle de l’environnement, autrement dit «une batterie de réglementations qui étaient établies sous l’angle de la contrainte».
Ce jeudi, la présence de 121 agriculteurs ou représentants d’exploitations et d'acteurs économiques agricoles - au pôle AAFE à l'Université de Bourgogne sur le campus de Dijon - a fait dire à Christian Decerle que c’était «une belle participation, très complémentaire par la diversité des acteurs, soucieux de relever les manches et de faire face». Olivier Allain a quant à lui répété qu’il s’agit là de «se redonner un nouvel élan, décidé par les acteurs économiques agricoles eux-mêmes».

19 outils présentés


19 outils nouveaux d’accompagnement seront ouverts dans le courant du premier trimestre 2019, notamment autour de l’ingénierie financière et de la garantie bancaire sur les projets des agriculteurs. Des agriculteurs qui devront, s'ils sont intéressés, s’adresser aux organismes référents tels que la Chambre d’agriculture, FranceAgriMer ou la DRAAF suivant la nature des projets. Des organismes qui, le volet agricole du GPI étant désormais officiellement décliné, vont s’atteler à consolider le dispositif.
«Il faut prendre les outils qui nous sont proposés pour booster les projets en région», encourage Sophie Fonquernie, vice-présidente du Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, qui assure dans le même temps que les outils du GPI ne se substitueront pas aux aides de la Région. Et la vice-présidente de la collectivité ajoute : «Nous devons travailler sur la valeur ajoutée et enfin développer des filières plus pointues, dans une réflexion globale». L’élue régionale pense par exemple au lait dans le châtillonnais, aux noix et noisettes dans l’Yonne, au cassis…
Directrice générale de FranceAgriMer, Christine Avelin résume : «Il y a une vraie volonté d’innovation et d’accompagnement au changement, une injection de recherche et développement dans les projets». Avec comme finalité essentielle : «Plus de revenus pour les agriculteurs» comme cela a été répété.
Renforcement, structuration, accompagnement, ce sont les points forts de la dynamique impulsée selon l’ambassadeur du volet agricole du GPI. L’après-midi, un exemple d’initiative locale a été donné sur une exploitation céréalière à Marsannay-le-Bois en Côte-d’Or.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier