samedi 14 décembre 2019
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Bourgogne - Franche-Comté : Les bons comptes ne font pas forcément les meilleurs amis au Conseil Régional

11/10/2019 12:44Imprimer l’article
François Sauvadet, Julien Odoul ont pilonné la majorité de gauche et sa présidente Marie-Guite Dufay. Les chiffres ont volé, les accusations aussi. François Sauvadet a puisé dans les déclarations passées pour ironiser… Julien Odoul a mis le curseur très très à droite. Jérôme Durain a dressé un bilan beaucoup plus rose.Marie-Guite Dufay : «Nous devons avoir un regard juste»
François Sauvadet : «Le constat que je fais, c’est que la fusion ça a coûté cher».
Julien Odoul : «La réalité c’est plus d’impôts, moins de service et un gigantesque mensonge»
Jérôme Durain : «Notre majorité est sereine et fière du devoir accompli»
C’était annoncé. Comme Météo Japon a annoncé un typhon, la météo politique avait annoncé une grosse tempête à la session de ce vendredi au Conseil Régional. Disons le tout net, en cette période de pré-campagne électorale, la tempête ne s’est pas transformé en cyclone. Disons que les vents ont soufflé fort. Mais Marie-Guite Dufay s’y était préparée. Dans son discours liminaire elle a souhaité que l’assemblée soit le théâtre de débats constructifs. Un vœu pieu, mais elle savait bien que les leaders des deux oppositions allaient se déchainer.


Le temps pour François Sauvadet et Julien Odoul de se lâcher et Jérôme Durain, au nom du groupe socialiste, donna lui une toute autre lecture des rapports de la cour des comptes et de la chambre régionale des comptes. Ce qui fit souffler à François Sauvadet, un brin fataliste : «Ben dis donc, tout va bien».
Alain BOLLERY
(Photos Manon BOLLERY et 
Jean-Christophe TARDIVON)

Marie-Guite Dufay


On s’en doute, la Présidente de Région s’employa développer ce qu’elle avait déjà déclaré dans l’interview qu’elle nous a accordée, puis jeudi en conférence de presse. Elle demande une mobilisation autour de la profession agricole, lundi dans le débat sur le future PAC.
Elle évoqua aussi une autre problématique : «On constate dans nos forêts, qui couvrent plus du tiers de notre Région, une mortalité d’arbres adultes en plaine et dans les reliefs de faible et moyenne altitude à laquelle s’est ajoutée une crise sanitaire sans précédent».
Ne manquant pas de préciser sur le sujet que «grâce à la fusion, 35.000 arbres ont été plantés»… Ce fût un des nombreux exemples que la Présidente mit en-avant pour souligner les «plus» apporté par la fusion.
Et d’ajouter : «Nous sommes le premier investir public local. Nous sommes bien au-delà de l’addition des deux anciens budgets.
Non tout n’est pas parfait, mais nous devons avoir un regard juste sur la fusion de nos deux régions».


François Sauvadet


«Nous nous associons évidemment aux hommages rendus.
La chambre régionale comme la cour des comptes, ce sont des magistrats.
La cour des comptes a rendu un rapport sur la fusion des régions. Le bilan est très éloigné de ce qui avait été promis aux Français par vos amis socialistes. Monsieur Vallini avait annoncé 10 milliards d’économies.
Avec votre collègue président de Bourgogne, vous nous disiez que tout était prêt. Ce n’était que de la com et du marketing.
Plus d’économies c’était un mensonge à 27 millions d’euros pour notre région.
Concernant l’attractivité, notre région perd des emplois et perd des habitants.
Plus de simplicité ? Vous avez fait de la complexité un outil. Tout le monde nous dit que vous dispositif sont trop complexes. Le CESER s’en inquiète et parle d’un impératif besoin de simplicité.
Le constat que je fais, c’est que la fusion ça a coûté cher. La cour des comptes pointe les déplacements.
Je vous demande un bilan chiffré de la compétence transport. Les moyens il y a 4 ans et les moyens aujourd’hui»
Marie-Guite Dufay : «Vous l’aurez à la prochaine commission je m’y engage».

«Harmonisation par le haut : Que dit la chambre, que la fusion pèsera avec 3 millions d’euros de plus par an. Seuls les élus de droite et du centre ont voté contre l’augmentation des indemnités.
La chambre pointe le manque d’information en direction des élus. Ce n’est pas un manque de transparence, c’est de l’obstruction politique.
Vous avez annoncé suspendre la subvention de la Région pour une réunion de la gauche ? J’attends une réponse.

Concernant la sécheresse, je vous demande d’organiser une réunion d’urgence. Sur mon secteur 160.000 bovins vivent et ont besoin de 100 litres d’eau par jour. Rassemblez tous les partenaires, avec les banques. On est à la veille d’une grande catastrophe. Il faut amener de l’eau à nos éleveurs et à nos populations, car demain des communes manqueront d’eau.
Si vous voulez une démocratie régionale apaisées, je souhaite plus de respect de votre opposition.
Pour Général Electric à Belfort, je propose que le conseil régional s’associe à la plainte des salariés et de la ville de Belfort. On votera votre motion que si la Région s’engage à une plainte
DUFAY : On s’associe complètement à la plainte.
SAUVADET : On votera que si vous engagez la région à une action en justice contre l’Etat.


Julien Odoul


«Ne nous accoutumons pas à voir défiler les cercueils, devait dire le leader du groupe du Rassemblement National au sujet de la double minute de silence». Et de poursuivre :
«Il est temps de passer des discours lucides aux actes. Le Gouvernement serait bien inspiré de fermer les mosquées salafistes. C’est 20% des lieux de culte musulmans en Bourgogne – Franche-Comté.
Notre vigilance concerne notre collectivité. Car l’islam politique fait son lit ici chez nous.
Il n’est pas normal que des techniciennes de surface fassent le ménage voilées.
La laïcité n’est pas respectée dans tous les lycées.
Quand vous votez une subvention de 22.000 euros à la FCPE vous favorisez l’islamisme.
A Sens, une élève s’est présentée voilée sur une estrade pour recevoir une distinction. J’aurai aimé un rictus de votre représentante.
La gauche, votre gauche s’est agenouillée devant le communautarisme. Votre gauche et la droite ont subventionné le communautarisme musulman.
Marie-Guite Dufay : «Vous êtes dans la diffamation».

«Concernant votre bilan de la fusion, le Rassemblement National avait raison. C’est une trahison payée par les contribuables. Vous aviez annoncé une administration plus légère. La réalité c’est plus d’impôts, moins de service et un gigantesque mensonge.
Vous êtes en campagne, vous découvrez la bougeotte régionale.
Dans une interview à infos-dijon, vous dites que la priorité c’est révolution verte en voulant mobiliser 60 à 100 millions. Ce n’est pas la Bourgogne – Franche-Comté qui va sauver la planète. Que pèse la Région ? Arrêtez de culpabiliser nos habitants.
Vous dites que vous ressentez l’urgence climatique dans la Nièvre ou le Sud Charolais. Moi ce que je ressens dans ces territoires c’est l’extrême pauvreté. La priorité ce n’est pas de foncer sur une vague. Non l’enjeu c’est que chaque habitant puisse vivre décemment.
En 2019 vous avez consacré à peine plus de 2% de votre budget à l’environnement.
Ce qui est visible c’est la prolifération des éoliennes qui polluent les territoires. Elles favorisent la corruption.
Notre région est malheureusement tout sauf attractive.
Pour la sécheresse, vous avez donné moins aux agriculteurs qu’aux migrants. Puisque vous préparez votre élection, c’est vrai qu’il n’y a rien entre vous et nous. Il n’y aura qu’un enjeu, votre vision face à la nôtre»


Jérôme Durain


«Je vais d’abord joindre la voix de notre groupe aux Hommages qui ont été rendus : au Président Jacques CHIRAC, aux victimes de la Préfecture de Police de Paris. Je pense aussi aux victimes de l’attentat de Halle en Allemagne perpétré par un militant  d’extrême-droite.
Je ne pensais pas répondre vos propos Monsieur Odoul mais j’espère que les agents de la collectivité apprécieront les propos diffamatoires que vous avez proféré à leur encontre, parlant d’islam politique qui fait son nid et j’espère également que les parents d’élève de la FCPE vous ont aussi écouté. La rénovation énergétique, vous êtes contre alors que derrière ces politiques, c’est aussi un combat pour les plus modestes en réduisant la facture énergétique, c’est à dire en oeuvrant pour leur pouvoir d’achat.
Monsieur Sauvadet, vos énoncés répétitifs plein de contre-vérités, cela ne fait pas une vérité. Le disque rayé que vous assumez créé dans nos rangs de la lassitude plus que de l’ironie.
Elle s’annonce intéressante cette session. Alors oui, c’est vrai ce n’est pas la session la plus riche d’annonces, de vote de crédits, de lancement de politiques nouvelles. Mais nous y voterons comme chaque fois des rapports importants pour chacun de nos territoires et chacun de leurs habitants.
Elle est surtout intéressante cette session parce qu’elle va nous permettre de mesurer l’écart entre les paroles et les actes. Entre nos engagements et notre action à la tête de cette grande collectivité. Entre nos actions et les mots de notre opposition.
Je fais évidemment référence aux rapports de la chambre régionale des comptes et de la cour des comptes, dont la lecture importe à quiconque gère l’argent public. même si nous savons que l’œil du magistrat financier et celui de la responsable d’exécutif ne regardent pas la même chose.
Mais le rapport de la chambre régionale des comptes vient utilement apporter un regard objectif sur des questions si souvent évoquées dans cette assemblée et démentir, je l’espère définitivement, certaines contre-vérités trop souvent énoncées ici.
La fusion a été été mal préparée ?
PAGE 21 : les 2 anciennes régions sont allées le plus loin possible dans le travail d’anticipation de la fusion.
La présidente avait promis de faire des économies tout de suite ?
Page 10 : La future présidente n’a jamais affiché la réalisation d‘économies comme objectif premier de cette réforme, sans nier toutefois que la future collectivité serait en mesure d’en réaliser, à terme.
Les dépenses de fonctionnement ont explosé ?
Page 6 : malgré ces dépenses, la région a réussi à faire baisser ses charges à caractère général de son administration grâce aux démarches de rationalisation qu’elle a engagées.
Page 46 : La région a développé des outils lui permettant de dégager des marges de manoeuvre financières, principalement en développant une politique d’achat ambitieuse et par une gestion rationalisée de ses moyens généraux.
Page 77 : La chambre observe que des efforts d’économies réalisées par la Région contribuent à la baisse des charges à caractère général des services généraux à hauteur de de 3 millions d’euros.
Les grands équilibres financiers de la Région sont menacés ?
Page 6 Stabilité des ratio financiers de la collectivité.
La région sous investit ?
Page 80 et 84 :  Les dépenses régionales ont progressé dans les 4 piliers de la politique publique régionale par des investissements régionaux : les lycées, le transport ferroviaire, le soutien à l’économie au sens large, l’aménagement du territoire.
Alors, oui, cette lecture des juridictions financières est utile, car elle vient conforter notre conviction d’être dans le vrai, mais ce n’est pas pour nous l’essentiel.
L’essentiel pour nous est la réponse à cette seule question : Avons nous été utiles aux territoires, aux entreprises, aux habitants ?
Avons nous contribué au développement, au bien être, à l’émancipation de chacun et de chacune en bourgogne Franche-Comté ?
Avons nous encouragé et soutenu ceux qui prennent des initiatives ?
Et cette réponse-là, nous la trouvons dans notre action de terrain. La Présidente a cité de très nombreux exemples de nos fiertés régionales, je ne les reprendrai pas. Il n’est pas un semaine, une journée, sans que nous soyons conviés à inaugurer une réalisation à la réalisation de laquelle nous avons contribué, sans que nous soyons remercié pour pour l’action quotidienne de la collectivité régionale.
Si je prends le département de Saône et Loire que je connais bien, il n’est pas un chantier structurant que nous n’accompagnions : le THD 35 millions d’euros, la RCEA 58 millions, l’abattoir d’autun,  la halle de Charolles, une usine de méthanisation en Bresse, le lycée Léon Blum au Creusot, et l’investissement ferroviaire L’ingénierie territoriale, et l’aide aux territoires. Et c’est vrai dans chacun des départements de cette grande région.
Alors j’ai lu les expressions des Présidents Joyandet et Sauvadet. Déjà, moi je vous donne mon avis, vous n’auriez dû n’avoir qu’une seule expression, ça donne le sentiment que vous n’êtes pas d’accord, c’est dommage. Alors s’il fallait résumer le sentiment après ma lecture, et je vous le dis franchement, presque amicalement, ça fait un peu ancien combattant vos expressions. Vous Monsieur Sauvadet, vous êtes encore sur la question institutionnelle mais c’est fini : les grandes régions existent. Vous nous dites en somme que vous avez raison d’avoir raison. Et vous trouvez cette conviction dans un rapport où nous nous lisons tout l’inverse. Comme disait l’autre «  Va comprendre Charles »
Quant à vous monsieur Joyandet, je me suis demandé si vous étiez candidat à une élection régionale partielle en franche comté. Parce que vous nous expliquez comment les méchants bourguignons ont ruiné la gentille franche Comté. Moi je vous le dis, j’ai trouvé çà consternant. Alors qu’on parle d’exportations, de coopération décentralisée, d’accueil de touristes étrangers, d’attractivité de la Bourgogne Franche Comté, d’accords commerciaux internationaux qui mettent en difficulté notre agriculture, de crise climatique planétaire, vous, vous refaites le match de la fusion 4 ans après.
Mais la réalité Messieurs c’est qu’il n’y a plus qu’une région. Une seule bourgogne Franche Comté avec des ressources, des talents, des territoires exceptionnels. Une grande région qui est traversée de Belfort à Bourbon Lancy par le même besoin de services publics, par les mêmes inquiétudes industrielles et agricoles, avec des élus qui veulent continuer à aménager leurs territoires pour les rendre attractifs. La réalité c’est que tout le monde est dans le même bateau et que francs-comtois et bourguignons partagent le même destin. Il me parait bien tard et bien vain de vouloir encore les opposer.
Notre majorité quant à elle, derrière sa Présidente, regarde résolument vers l’avant. Et je vais citer Woody Allen pour illustrer notre position :  « Je m’intéresse beaucoup à l’avenir, car c’est là que j’ai décidé de passer le reste de mes jours. »
Le dernier regard qu’on peut jeter sur notre région, c’est de l’extérieur, en la comparant aux 12 autres région et là aussi le rapport de la cour des compte est éclairant.
Vous avez raison Monsieur Sauvadet de rappeler que certaines régions gérées par votre bord politique ont fait des économies d’ampleur sur leur territoire. Mais au détriment de qui ? Des plus démunis. Avec des coupes budgétaires sombres dans les domaines culturels (vous en savez quelques chose) ou encore dans les énergies renouvelables.
Quelques exemples en AURA : baisse drastique des investissements sur le matériel roulant, baisse également sur les rénovations dans les lycées. Vos homologues ont mis purement et simplement fin aux mesures en faveur de la formation professionnelle. La moitié des économies réalisées l’a été sur le volet de l’apprentissage et l’accompagnement des demandeurs d'emploi. L’écologie ? Chez Monsieur Wauquiez on ne connaît pas. Et j’ai cru entendre qu’une forte hausse des dépenses de fonctionnement serait débattue au prochainement, ce qui mettra fin à sa bonne note donnée par le CdC et qui fera d’AURA une région où le budget de fonctionnement est en hausse et où l’investissement est tari. Tout le contraire de ce que vous réclamez ici-même et pourtant, que nous mettons en place en BFC.
Dans un an, à 6 mois de l’élection, d’autres experts rappelleront que nous avons concrétisé lors de ce mandat toutes les grandes mesures que nous avions proposées lors de la campagne électorale de 2015. D’autres rappelleront que le taux d’exécution aura oscillé chaque année entre 90 et 100 % (+ de 95% en 2018) et la CdC rappellera à nouveau que notre taux d’endettement est le plus faible de France.
Oui, nous sommes sereins pour l’avenir et fiers de notre action».