jeudi 14 novembre 2019
Experts du quotidien, les membres de l'association Envie d'aller plus loin avec mon handicap étudient l'accessibilité des événements ou des moyens de déplacement à Dijon. Après deux années de déboires, ils espèrent que les prochaines animations des Féeries de Noël seront réellement inclusives.
Questions à...
Depuis mars 2018, Sophie Harent occupe la direction du musée Magnin. À l'occasion d'un nouvel accrochage, elle explique pour Infos-Dijon comment elle donne un nouveau souffle à ce musée national.
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ : Sophie Montel règle ses comptes avec Julien Odoul en assemblée plénière

27/06/2019 19:23Imprimer l’article
L’ex-présidente du groupe Front National, exclue en mai 2017 et désormais non-inscrite, impliquée dans l’affaire des assistants présumés fictifs au parlement européen, tout comme son successeur Julien Odoul, a attaqué ce dernier et tout le Rassemblement National sur le thème de l’éthique.
«On n’est plus dans le conflit d’intérêts, on est dans la politique crasse, dans le truc le plus dégueulasse qui existe» a-t-elle notamment lancé.
C'est à l'occasion de la présentation du bilan d'activité du comité d'éthique par son président, Christian de Charrière, que les flingues ont été sortis ce jeudi après-midi. à noter que techniquement, il ne s'agissait pas de la session plénière puisque, pour les besoins de cette présentation, la séance était interrompue. Mais peu importe.


C'est au moment des réponses et commentaires que Sophie Montel a réveillé la salle en s'attaquant frontalement à son ancien parti et au président actuel du groupe RN, Julien Odoul. Lequel lui a répondu du tac au tac.

«Si certains n’ont pas le courage d’aller voir la police, 

ils pourraient au moins avoir la décence de la fermer»


Après quelques observations sur la présentation qui venait d'avoir lieu, Sophie Montel a dégainé une salve sans doute bien préparée, nourrie par un sentiment de revanche ou par une haine personnelle réciproque, c'est au choix.
«Ce qui pourrit le monde politique, évidemment, c’est la différence entre le politique et le politicard. Le politique a ses convictions, et est très souvent à la tête d’un exécutif, tandis que le politicard est plus souvent dans l’opposition, car c’est plus facile pour donner des leçons de morale à tout le monde.
Moi, je peux faire mon mea culpa, car j’ai appartenu à un mouvement, j’ai eu le courage de dire un certain nombre de vérités, j’en ai même fait un livre, j’ai dénoncé un certain nombre de pratiques, je suis même allée témoigner dans cette fameuse affaire des assistants présumés fictifs.
Je note que si certains membres de ce conseil régional qui connaissent le fond de cette histoire n’ont pas le courage d’aller voir la police pour dire ce qu’ils ont vu au Rassemblement National, ils pourraient au moins avoir la décence de la fermer et d’éviter de donner des leçons de morale et de gestion financière à tout le monde. Car quand on a sur le dos des chefs d’accusation et une mise en examen pour détournement de fonds publics, et très certainement prochainement pour escroquerie en bande organisée, ou quand je lis dans la presse des SMS dans lequel un élu régional explique, au bout de cinq mois d’embauche au Parlement Européen, il faudrait peut-être enfin qu’il s’y rende pour rencontrer sa députée, cela corrobore exactement ce que j’ai écrit dans mon livre. C’est M. Odoul, pour ne pas le citer. On n’est plus dans le conflit d’intérêts, on est dans la politique crasse, dans le truc le plus dégueulasse qui existe.

Vous avez tort M. Durain quand vous avez dit que les électeurs avaient de la défiance pour les politiques et que ça se traduisait dans les urnes avec les scores du Front National : si les gens étaient conscients de jusqu’où va la corruption en politique, ils ne voteraient pas à 25% pour le Front National.» Applaudissements de la salle sur cette phrase finale.

«Quand on quitte un mouvement, on doit rendre son mandat»


Julien Odoul a rapidement répondu : «C’est toujours surprenant, pour ne pas dire choquant, d’écouter une élue qui a passé 30 ans à vivre au crochet d’un mouvement politique, qui n’a jamais travaillé autrement que grâce au Front National, qui n’a jamais été élue que grâce au Front National, qui a élevé ses enfants grâce au Front National, qui a acheté sa maison grâce au Front National, venir cracher dans la soupe une fois qu’elle en est partie.
Je ne vais pas commenter plus abondamment le déversoir qui vient d’être dit, mais ce qui concerne à mon sens un peu plus notre sujet, l’éthique, c’est que quand on a été élu par des électeurs, sur une liste d’un mouvement politique, en l’occurrence le Front National, qui plaçaient leur confiance sur cette personne qui conduisait la liste : quand on quitte ce mouvement, on doit rendre son mandat. Voilà la véritable éthique. C’est une question de respect envers le peuple souverain, qui est le seul juge en politique.
N.R.
Photos Nicolas Richoffer