dimanche 22 octobre 2017
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BOURGOGNE -FRANCHE-COMTE : «Une femme présidente de club sportif, ça dérange»

04/03/2017 12:32Imprimer l’article
Les dirigeantes sportives de toute la Bourgogne - Franche-Comté étaient invitées à partager leur expérience, ce samedi, à l'hôtel de Région, à Dijon.
Ce samedi, de 9h30 à 16h30, les femmes dirigeantes de clubs sports ou membres de fédérations sportives étaient à l'honneur, au Conseil régional, boulevard Trémouille à Dijon.
Venus des quatre coins de la Bourgogne et de la Franche-Comté, elles ont pu se retrouver et échanger autour de témoignages et d'ateliers, tout en dégustant des vins de viticultrices de l'association «Femmes et Vins de Bourgogne», histoire de lier débats et convivialité.
Même si, à écouter les témoignages entendus ce samedi, être une femme dans un monde d'hommes, en particulier dans le sport, est loin d'être toujours une partie de plaisir…

104 ans pour que l'haltérophilie accepte les femmes aux Jeux Olympiques


C'est un témoignage assez poignant qui a permis aux participantes et participants de se plonger au coeur du sujet, celui d'Agnès Chiquet, haltérophile de haut niveau, Vice-présidente de la ligue de Bourgogne - Franche-Comté et marraine de cette journée 100% féminine et sportive.
Avec un exemple des plus parlants, elle a mis tout le monde dans le bain, «L'haltérophilie est représentée aux Jeux Olympiques depuis 1896 mais il a fallu attendre l'an 2000 et les Jeux Olympiques de Sidney pour que, pour la première fois, des femmes y participent».
Voilà pour le constat. Elle a également raconté un échange très révélateur avec un de ses entraîneurs qui lui avait expliqué, «tu sais, y a des minimas à atteindre pour être en équipe de France. Et toi, il te faudra toujours porter 10kg de plus que les minimas pour être sélectionnée».
Puis, elle a su positiver son propos en lançant à l'assemblée, «une fois qu'on y arrive, on est fière, car on y est arrivée par nos propres moyens, c'est peut-être pour ça qu'on est plus solide et plus forte».
Elle a également confié une anecdote qui a du faire du bien au moral de certaines, «je suis maman de deux enfants de 1 an et 2 ans 1/2, que j'ai eu après deux césariennes. 6 mois après, j'étais championne de France».
En tant que dirigeante, elle a également son lot d'expérience, «c'est compliqué de travailler avec des hommes, surtout dans les sports très masculins, souvent, on fait appel à  nous pour des choses administratives ou comptables. Une femme dirigeante, ça dérange».

La parité imposée par la loi


Vice-présidente de la Région déléguée aux sports et femme en politique, comme la présidente Marie-Guite Dufay, Laëtitia Martinez a également partagé son expérience. «Je ne suis pas certaine d'avoir déjà vu autant de femmes dans cette assemblée. C'est aujourd'hui une première, une expérimentation, fruit d'une envie d'avancer ensemble».
Elle a également rappelé, on peut d'ailleurs regretter que cela ait été la seule manière de faire, c'est-à-dire par la force, que c'est «souvent par la volonté politique que les choses avancent».
«C'est la loi de 1999 qui a imposé la parité en politique. Elle a permis de faire en sorte que l'on soit présente sur les les listes et maintenant, il y a même des binômes dans les conseils départementaux, on est là !. Plus personne ne se pose la question de la parité dans les collectivités. Alors oui, il y a besoin de pousser les femmes à qui souvent on fait le procès de moindres compétences a priori. Alors soyez fières de vous et que les hommes présents ici le soient aussi !».

Bruno Lédion