samedi 18 novembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
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BOURGOGNE : Le «journalisme vivant» a fait son festival dans la région

17/07/2017 17:22Imprimer l’article
Première édition d'un nouveau festival culturel en Bourgogne-Franche-Comté : les Rendez-Vous de Juillet. Sous-titré le festival des histoires vraies, il porte sur le journalisme, l'information et la citoyenneté. Des plumes connues comme Florence Aubenas étaient donc à Autun, du 14 au 16 juillet, pour échanger avec près de 5 000 participants, amateurs d'information, venus de toute la France.
À l'heure de la concurrence entre vieux monde des médias et nouveau monde des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), à l'heure du développement de l'infotainment (ou divertissement basé sur de l'information), à l'heure d'une crise du modèle économique des journaux imprimés, de nouvelles revues ont pourtant fait le pari du papier plutôt que du numérique, du long format plutôt que de l'immédiateté.

Prendre son temps en grand format


Après avoir créée en 2008 la revue trimestrielle XXI, l'équipe rédactionnelle conduite par Laurent Beccaria (éditions Les Arènes) et Patrick de Saint-Exupéry (ex-grand reporter au Figaro) a conçu en 2011 6 Mois, une revue biannuelle consacrée au photojournalisme. Pour eux, un parallèle peut se faire entre le journalisme vivant et le spectacle vivant, ces représentations où le spectateur est face à l'artiste. Début 2017, ils ont proposé ce nouvel événement au maire d'Autun (lire ci-dessous) avec comme mot d'ordre : «un partage d'émotions et de connaissances, sans filtre».

Un intérêt vivace pour l'information


Venus de toute la France (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux...), ce sont près de 5 000 participants qui sont ainsi venus dans la cité éduenne assister aux débats, aux projections, aux animations mais aussi interpeller les journalistes de différents médias comme Pascale Robert-Diard (Le Monde), Wassim Nasr (France 24), Valentine Oberti (TMC), Jean-Christophe Ogier (France Info) et bien sûr Florence Aubenas (cliquez ici pour lire notre interview)...

Une centaine d'intervenants étaient donc à Autun pour proposer une autre vision de l'information avec des documentaristes, des témoins, des chercheurs : le comédien Féodor Atkine, la réalisatrice Manon Loizeau, le naturaliste François Lasserre, le physicien Alexei Grinbaum, le violoniste David Grimal...  Les thématiques étaient variées : révolutions dans l'éducation, faut-il brûler les journalistes, l'Amérique de Trump, comment dessiner le réel, Russie-l'empire contre-attaque, journalisme et cinéma...

Dijon dans la place


Le samedi soir, au sommet du mont Beuvray, les organisateurs ont transformé le pré de l'oppidum en dance-floor pour une soirée conviviale particulièrement appréciée des festivaliers. La programmation était partagée entre la rédaction de XXI et les Dijonnais de Zutique Productions (cliquez ici pour lire notre interview).

Les Parisiens de Lucien & The Kimono Orchestra ont produit un set disco-funk de bon aloi alors que de nombreux festivaliers se restauraient encore sous les chênes (où l'on a pu notamment croiser Arnaud Montebourg, fidèle de l'oppidum). Le groupe dijonnais des Suzettes a ensuite été très remarqué durant les deux heures d'ambiance boum. Finalement, DJ Marshall Mathers, alias Augustin Scalbert (ex-journaliste de son état), a clos la soirée en partageant sa play-list sous les étoiles (cliquez ici pour voir la galerie photos).

Questions croisées aux maires d'Autun


Rémy Rebeyrotte a été élu député avec l'étiquette de La République En Marche le 18 juin dernier. Puisqu'il a démissionné de son mandat de maire, c'est Vincent Chauvet qui a été élu premier magistrat de la commune par le conseil municipal d'Autun, le 5 juillet.

M. Rebeyrotte, pourquoi ce festival à Autun ?



«Alain Roëls est un ancien journaliste originaire d'Autun. Il est venu me trouver en me parlant des MOOC de la revue XXI. Il cherchait un endroit pour un tel festival. Les histoires vraies, c'est le contraire des fake news. Autun est une ville de patrimoine. C'est né comme ça. Nos villes risquent parfois l'enclavement. Cela créé une ouverture culturelle évidente. Cela fait venir des personnes pour nous booster !»

«L'intercommunalité a participé à la partie financière d'où la volonté de rayonner jusqu'à Bibracte. Maire-Claude Barnay, maire de la Grande verrière, est présidente de Grand Autunois Morvan. La Ville d'Autun a apporté des moyens matériels.»

«Il y a la volonté que cela demeure un événement annuel, un événement européen ! Quelle chance pour un territoire comme le nôtre ! Néanmoins, il y a une exigence de notre part et aussi vis-à-vis des organisateurs.»

M. Chauvet que pensez-vous de la tenue de ce festival à Autun ?



«C'est formidable ! C'est un super événement qui se tient quelques jours après mon élection. C'est exactement dans la ligne de ce que je veux pour la ville, en pérennisant le festival et en le reproduisant sous d'autres formes.»

«Cela fait connaître la ville. Durant trois jours, le hashtag Autun était dans les top tweets, c'est incroyable !» [NDLR : Twitter est un réseau social fonctionnant à la manière d'un bloc-notes ; un hashtag est un mot-clé pour annoncer et rechercher facilement une information ; les mots-clés les plus utilisés font une tendance qui amplifie l'audience des informations ainsi partagées.]

«Que 5 000 personnes viennent, c'est grandement appréciable. Pas seulement pour les retombées hôtelières. Cela booste la ville ! Autun est une ville ouverte sur le monde. On le voit, les festivaliers sont jeunes. Les axes forts sont la culture, la littérature. Autun est une ville d'artS et d'histoireS, vraies ou non. Les commerçant ont participé en étant ouverts, même le 14 juillet, même le dimanche. Les habitants acceptent les difficultés de stationnement. La moitié des bénévoles du festival sont des Autunois.»

Textes et photos Jean-Christophe Tardivon