vendredi 20 septembre 2019
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CHU DIJON BOURGOGNE : La CGT déplore la suppression des crédits dédiés à la conservation du patrimoine des hôpitaux du GHT

10/07/2019 15:47Imprimer l’article
Le syndicat adresse une lettre ouverte à M. Pribile, le directeur de l’Agence Régionale de Santé.
La CGT du CHU réagit sur la considération du patrimoine et des donateurs, et adresse une lettre ouverte au Directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS).
La CGT du CHU «souhaite vivement que le débat sur le patrimoine hospitalier puisse s’ouvrir» car, pour le syndicat, «la gestion purement comptable de la santé, poursuivie par le gouvernement, ne doit pas conduire à ce que soient négligées ou perdues quelques compétences que ce soit et méprisées les volontés des donateurs».

La Lettre ouverte à Monsieur Pribile, Directeur de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne/Franche-Comté :


Monsieur le Directeur,

      Nous avons eu confirmation, par la voix de l’avocat du CHU, de votre décision de supprimer les crédits alloués au CHU dédiés à soutenir l’effort de conservation du patrimoine des hôpitaux du GHT (Groupement Hospitalier de Territoire) et de la grande région.
      
      Nous ne pouvons que déplorer une telle décision pour plusieurs raisons.
      
      La première est humaine : le patrimoine hospitalier est à la fois contemporain et séculaire et souvent issu de la charité et de l’engagement des professionnels dans l’enrichissement des collections techniques. Ainsi, du passé jusqu’à nos jours, ce sont les volontés des milliers de donateurs connus ou anonymes, de médecins, d’infirmiers, d’administrateurs qui vont être méprisées, dont on va nier le geste à travers cet abandon.

      Une autre raison est philosophique : tout établissement est le fruit de son histoire, la transmission de la mémoire est un acte essentiel et incontournable de toute institution car elle est porteuse de valeurs ; ceci à plus forte raison lorsqu’on parle d’établissements publics. L’histoire est une composante de l’identité et du ciment de chaque société, les hôpitaux n’échappent pas à cette règle. Plus que jamais, dans ces temps difficiles pour les professionnels de santé il est essentiel de préserver l’esprit de corps, le rassemblement derrière des valeurs communes ; le patrimoine est un facteur évident et fondamental pour favoriser cela.

      Enfin, la troisième raison est économique : les restrictions d’aujourd’hui sont les dépenses de demain. Ce n’est pas en écartant les experts de la gestion et de la conservation de notre patrimoine commun que celui-ci va disparaitre. Au contraire, les établissements hier concernés par l’aide apportée, en termes de compétences par le poste de chargé des collections, vont devoir aujourd’hui puiser dans leurs fonds propres afin de tenter de poursuivre, sans réelle expertise, une sauvegarde de leur patrimoine. Nombre de biens immobiliers et des objets mobiliers d’intérêt, inscrits ou protégés au titre des monuments historiques, requièrent un savoir-faire et une expertise rare. Économiser sur la prévention et la conservation, c’est risquer de s’exposer, dans la précipitation, à des dépenses plus importantes dans le futur.

      Aujourd’hui, outre le CHU de Dijon, c’est le regroupement hospitalier Semur/Nord Côte d’Or ou le CHU de Besançon qui sont déjà à la recherche de compétences en la matière. À l’heure où les directions des hôpitaux, petits et grands, sont aux prises avec les restrictions imposées par des lois santé qui se succèdent sans tenir compte de la croissance des besoins des territoires, il aurait été normal de continuer de les décharger un peu sur ce domaine très spécifique.

      Le patrimoine n’est pas un «sous-domaine accessoire» pour lequel les directions pourraient ou non s’affranchir de la gestion. Les prescriptions légales sont nombreuses sur les meubles et immeubles inscrits ou classés à l’inventaire des monuments historiques. Elles engagent la responsabilité des directeurs. Priver les établissements du GHT et de la grande région de cette expertise, c’est les mettre en difficulté sur nombre de décisions et de choix qui engagent leurs établissements.

      Dans la revue de la SFHH (Société française d'histoire des hôpitaux), au travers de votre contribution «inventorier, conserver et valoriser le patrimoine historique des hôpitaux» vous défendiez un dispositif et une position de bon sens. Pourquoi faire machine arrière aujourd’hui alors que le dispositif était pleinement satisfaisant et nombre de travaux engagés encore inachevés ? C’est une évidence de dire qu’il est intrinsèque à la gestion du patrimoine qu’elle relève de la continuité et du savoir-faire. Nos hôpitaux, ceux qui les gèrent, notre patrimoine commun, ont plus que jamais besoin que se poursuive le travail engagé.

      Face à ces constats et ces considérations, nous vous demandons de poursuivre l’engagement de l’agence au côté des établissements sur ce domaine collatéral à celui de la santé pour ne rien perdre de notre bien commun.
     
      Le Syndicat CGT du CHU de DIJON