mardi 24 octobre 2017
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CONSEIL REGIONAL : Deux dossiers dans le viseur de France Nature Environnement

11/10/2017 20:12Imprimer l’article
Pascal Blain, le président de France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté, s'étonne de l'absence des projets Center Parcs dans schéma régional de développement du tourisme et des loisirs et émet des réserves sur le plan régional de développement agricole, tous deux au programme de la session plénière du vendredi 13 octobre.
Les élus du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté se réuniront en séance plénière ce vendredi 13 octobre 2017 à Dijon.

Parmi les dossiers sur lesquels ils devront délibérer figure en particulier l’adoption d’un «plan régional de développement agricole». Pascal Blain, pour France Nature Environnement, a fait une déclaration mardi devant les membres du CESER BFC appelés à formuler un avis sur ce sujet en présence de Mme Sophie Fonquernie, vice-présidente du CR en charge de l’agriculture et de la forêt.  Cette actualité coïncide avec les états généraux de l’alimentation.

L’adoption du «schéma régional de développement du tourisme et des loisirs» sera également à l’ordre du jour. Pascal Blain s'étonne que «la mention explicite des projets de deux «Center Parcs» dans le Jura et en Saône-et-Loire n’y figure plus du tout ! (elle persistait encore par deux fois dans la version de travail du mois de juin)».
«Les opposants doivent-ils se réjouir de cet abandon, fruit de leur travail assidu pour convaincre de l’inadéquation de ce projet avec notre époque et les orientations du tourisme rural souhaitable en Bourgogne Franche-Comté ? Nous savons bien que ce projet, porté par Pierre et Vacances et des intérêts puissants, peut ressortir à tout moment … et peut être même déjà dans quelques semaines au travers des orientations budgétaires. Ils restent bien sur vigilants et mobilisés. Ainsi un comité d’accueil sera présent ce vendredi pour demander aux élus régionaux de clairement renoncer à soutenir financièrement ces projets.
Cette nouvelle devrait servir tous ceux qui dénoncent ailleurs également l’absurdité des projets Center Parcs, en particulier à Roybon : ce qui est mauvais en Bourgogne Franche-Comté (et donc abandonné) est mauvais ailleurs et doit donc également être abandonné !»

Intervention de Pascal Blain pour France Nature Environnement–Bourgogne Franche-Comté lors de la Séance plénière du CESER BFC du 10 octobre 2017 :


Nous tenons en premier lieu à souligner avec satisfaction la prise en compte de l'agriculture biologique. Cependant, parce que la PAC est bien timide et qu’aujourd’hui le gouvernement renonce à l'aide au maintien, il est utile d’afficher un soutien de la Région encore plus explicite. Les exploitations bios créent presque deux fois plus d’emplois que les exploitations en agriculture conventionnelle et nos territoires ruraux en ont vraiment besoin pour enrayer la spirale de la désertification dans laquelle ils se trouvent emportés…

Une gouvernance tripartite de la politique agricole est envisagée (associant État-Région-Chambre d’agriculture). Mais les retours d'expériences de politiques agricoles et alimentaires durables témoignent tous de la nécessité d'associer les acteurs de la bio pour obtenir des résultats satisfaisants et faire de la bio un levier au service de tous les agriculteurs. Et nous regrettons donc que les acteurs de l'agriculture biologique ne soient pas explicitement associés au pilotage de ce plan régional pour impulser un véritable développement de pratiques agricoles bénéfiques tant à la santé des agriculteurs qu’à notre santé à tous et plus généralement à l’environnement. Si les actions pour le développement de l’Agriculture Biologique peuvent sans doute être gérées dans un sous-programme spécifique, un comité de pilotage largement ouvert aux représentants de l'agriculture biologique devrait accompagner la Région dans le suivi, l'évaluation et l'animation de ce programme particulier.

Parce que la transition écologique est présentée comme l’une des priorités de la Région Bourgogne Franche-Comté et surtout parce que cela concerne la santé de nos enfants, la qualité de nos sols, de l’air et de l’eau que nous buvons, l’objectif de 20 % de produits bio dans les restaurants scolaires des lycées à l’horizon 2020 est un objectif bien trop peu ambitieux. L’annonce de l’introduction de 70 % de produits locaux dans la restauration scolaire, n’est pas satisfaisante : il faut se souvenir que la seule origine locale ne garantit en rien la qualité des produits. L’objectif de 50 % de produits bio ET locaux dans les restaurants scolaires des lycées est un objectif réaliste si la concertation avec les donneurs d’ordres, l’organisation de groupements de producteurs, l’installation de légumeries sont résolument accompagnés. Pour France Nature Environnement, servir une nourriture saine aux jeunes lycéens usagers des cantines scolaires est avant tout un acte éducatif, bien plus qu’une simple opération de communication.

Le plan évoque 5 grands défis et nous souhaitons dire combien le cinquième et dernier, centré sur la coopération et la mutualisation est important à nos yeux. Pour innover et faire mieux demain (sans doute avec moins), il est primordial de renforcer la dimension collective de l’agriculture régionale. Les changements de pratiques sont ainsi largement facilités. Le défi 4 évoque les questions sociétales. Dommage que le tour de table organisé pour construire ce plan régional n’ai pas permis de réunir, au-delà des divers professionnels du monde agricole, les consommateurs et associations de protection de la nature pour s’exprimer en particulier sur ce sujet. Une occasion manquée de mieux insérer l’agriculture dans la société, par une connaissance et une compréhension réciproque.

Certaines formulations sont malheureuses ou soulèvent notre inquiétude. Par exemple lorsqu’il est question de valoriser les productions agricoles non alimentaires. Les agro-carburants font ainsi concurrence sur l’affectation des sols, les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) conduisent souvent à des pratiques intensives et l’apport au sol d’intrants chimiques supplémentaires (lorsqu’il s’agit de « nourrir » un digesteur par exemple), la méthanisation ne doit pas se faire là où la ressource n’est pas suffisamment concentrée et certainement pas avec des cultures dédiées (usage du maïs en Allemagne) … Même attitude au sujet des innovations technologiques. La Région Bourgogne est depuis 2007, Région sans OGM. On parle dans ce plan « d’acceptabilité sociale », de communication grand public, de besoin de retravailler l’image des produits … Nous souhaitons que le principe de précaution continu à prévaloir et que la porte reste close aux OGM, notamment les nouvelles technologies dites « OGM cachés » en raison de leurs conséquences environnementales, sociales et sanitaires, que la Région réaffirme clairement sa position sur le sujet.

Bien que partageant complétement l’avis présenté par le rapporteur, je souhaite inervenir pour souligner deux points particuliers.

Le premier renvoie à l’approche par filières et plus spécifiquement au chantier 22 (neige) l’objectif « Encourager les investissements dans les stations de moyenne montagne en particulier en encourageant la neige de culture » est en contradiction complète avec les résultats attendus.

L’enneigement artificiel, lié au phénomène de réchauffement climatique, est devenu en quelques années la réponse miracle aux difficultés de nos stations. Les inconvénients environnementaux ne font évidemment pas le poids face aux arguments économiques de “l'assurance neige”. Le “marketing” qui semble commander aux stratégies des stations vaut tant pour le kilométrage de pistes offert par une station que pour la surface de pistes enneigées artificiellement.

Le nombre de skieurs n’augmente plus ; il faut donc accroître coûte que coûte l’offre de pistes et le nombre de jours skiables. En quelques années seulement, la neige artificielle est ainsi passée d’une solution d’appoint à un pur argument commercial, d’où la surenchère entre les stations. Cette fuite en avant risque de faire beaucoup de dégâts, les ressources nécessaires à la fabrication de ce paradis artificiel n’étant pas inépuisables. Fabriquer de la neige artificielle génère une augmentation conséquente des besoins en énergie, un épuisement des ressources en eau, avec les conflits d’usages qui en découlent, des atteintes au milieu et aux paysages, une pollution des sols... En moyenne, l'enneigement artificiel nécessite 4 000 m3 d’eau à l'hectare, ratio très supérieur à celui de l'irrigation du maïs —une des cultures les plus exigeantes en eau, avec 1 700 m3/ha. En France, 10 millions de m3 d’eau ont été consommés en 1999/2000 pour fabriquer de la neige artificielle, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 170 mille habitants (la taille de Grenoble !). Près d’un quart provenait directement du réseau d’eau potable. Durant l’hiver 2003-2004, 12 millions de m3, en 2004-2005, 13 millions… 55 % de l’eau provient des réserves collinaires, 30 % des cours d’eau, et 15 du réseau d’eau potable. La consommation énergétique est la part la plus importante du budget de fabrication de la neige artificielle : 50 % du coût total. 25 000 kWh sont utilisés chaque année par hectare de piste. Cette demande énergétique intervient à un moment où la demande est déjà forte, et concurrence la production électrique en utilisant les rares eaux disponibles l’hiver !

Techniquement, tout est possible…… du moins, tant qu’il ne fait pas trop chaud ! Car, à moins d’en arriver aux extrémités de Dubaï où on a construit des pistes de ski sous cloche en plein désert il y a quelques années, quelle que soit la température à laquelle on arrive à la produire, la neige fond à 0°C. Il est urgent de penser un autre avenir pour les stations qui doivent forcement diversifier leur offre. Elles ont besoin d’accompagnement et la Région ne doit pas se tromper dans son soutien

Le second point concerne les investissements en faveur de grands projets. Que ce soit les risques financiers, économiques ou juridiques pointés par les études commanditées par la Région, ou le rapport de la Chambre régionale des comptes qui met en doute les estimations de Pierre & Vacances sur les retombées économiques ou celui de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui condamne les pratiques discutables du Groupe à l’égard des propriétaires de cottages, ou encore les enquêtes d’UFC-Que choisir et de Complément d’enquête (France2), tout indique que ces projets ne sont pas viables et représentent incontestablement un danger pour la Région et les collectivités locales sollicitées. le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté doit abandonner définitivement tout projet de financement public des Center Parcs.

La station du Mas de la Barque, en Lozère, s’était équipée pour plus d’un million d’Euros d’une retenue artificielle et de canons… qui n’ont jamais fonctionnés. La station a été totalement démontée…

Le document s’ouvre sur une image fort ambiguë. Celle-ci présente l’Europe de nuit, vue du ciel. Faut-il y voir la démonstration de notre Région à maitriser l’énergie et le témoignage de son avance sur ses voisins en ce domaine ? ou bien une invitation à « rattraper » les régions du nord de l’Europe, ou de la plaine du Pô, qui manifestement s’offrent le luxe d’éclairer le ciel sans retenue ! Il est des formulations maladroites. L’illustration est aussi une manière (implicite) de dire les choses … J’aurais mille fois préféré voir en tête de ce document les fleurons de notre industrie (TGV, automobile, …), ou même les pré-bois verdoyants ou les prairies fleuries de nos campagnes. Oserais-je espérer que le document final puisse encore être rectifié ?