jeudi 19 septembre 2019
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La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
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CONSEIL REGIONAL : François Sauvadet s'en prend à Emmanuel Macron et à Marie-Guite Dufay

14/11/2018 23:16Imprimer l’article
Les dernières préconisations du Gouvernement pour le carburant et le chauffage au fioul... Mais aussi les orientations budgétaires trop fades... François Sauvadet ne fait pas dans la dentelle. Ce mercredi, à la veille de la session plénière du Conseil Régional, il a accusé Marie-Guite Dufay de «s'être fait du beurre sur les transports scolaires».
«La perf de Macron c’est de nous avoir tous réunis»... C'est autant avec le sourire qu'avec gravité que François Sauvadet a tenu, mercredi matin, un point presse avant la session que le Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté va consacrer, ce jeudi, au débat d'orientation budgétaire.
Le patron du groupe de la droite et du centre, ne pouvait que commenter les dernières préconisations du Gouvernement face à la menace des gilets jaunes.
«Plus de chauffage au fioul d’ici 10 ans, c’est irréaliste. Avec quelle énergie les Français vont-ils se chauffer ?» demande-t-il.

«On vit une vraie crise du pouvoir d’achat»


Et de constater : «Le prix du gazole fait déborder le vase. On vit une vraie crise du pouvoir d’achat. Il faut créer les conditions pour de vraies mutations de comportement. Le gazole est le carburant qui présente le moins de problèmes et la voiture est incontournable sur nos territoires. Le problème c'est que gazole s’ajoute à la CSG, à l’inflation, au coût de la vie, aux impôts. Les gens n’en peuvent plus.
Il faut offrir de l’alternative à la voiture. 4000 euros de prime ne changera pas le problème de fond. Mardi à Pouilly en Auxois, un retraité est venu me dire «je ne m’en sors plus. Je faisais quatre fois des courses à 50 euros par mois, maintenant je ne peux plus en faire que trois fois».
Aujourd'hui, 1000 euros les mille litres de fioul, c’est 30 à 40% plus cher qu’il y a un an et demi.  La vérité c'est que l’argent prélevé sur le gazole est mis pour combler le budget».

«Ce n’est pas aux régions de répondre au choc»


François Sauvadet fait alors la transition avec la politique régionale : «Oui il faut changer de comportement. Dans la Région il faut afficher comme ambition première le véhicule à hydrogène. C’est une grande chance.
Des Régions ont raison de dire qu’elles ne feront pas de chèque gazole. Je soutiens Madame Dufay si elle est sur cette ligne. Ce n’est pas aux régions de répondre au choc. Je soutiens le mouvement citoyen».

«La gratuité des transports scolaires oui, mais on veut des précisions»


Le leader de l'opposition à la Région poursuit sur le débat d’orientation budgétaire : «la nouvelle c’est la gratuité annoncée dans les transports scolaires. La Présidente, depuis 3 ans, a joué la montre. Elle s’est engagée solennellement. Mais c’est une annonce différée, puisque que cela entrera en vigueur en septembre 2019.
La gratuité oui, mais on veut des précisions. On veut la même qualité de service. On a transféré à l’euro près. Elle bénéficie de la CVAE, sans avoir changé rien aux transports scolaires. Elle s’est fait du beurre et de l’argent sur les transports scolaires».
Alors François Sauvadet veut obtenir des réponses sur un certain nombre de points précis :
Première question : «Quid du transport méridien ? On ne peut pas accueillir tous les enfants qui ne sont pas transportés».
Deuxième sujet : «Je demande qu'il n'y ait pas de suppressions de dessertes des transports scolaires, avec le même service rendu».
Troisièmement : «On salue le bus à 1,50 euro. C'est pour cela que c’est incompréhensible d’annoncer une augmentation des TER. C’est parfois 5% de plus pour les jeunes. 10 euros de plus sur l’abonnement d’un Dijon – Beaune. C’est incompréhensible».

«En termes de stratégie du futur, ça ne décolle pas»


Pour l'opposition, «très clairement, on est dans une région qui navigue à vue. Il y a un manque de cohérence. Il y a navigation à vue parce que les relations de la majorité sont extrêmement tendues.  Il faut avoir une politique de tarifs attractive. On a attendu pour les transports scolaires, mais dès 2016 il y a eu augmentation de la carte grise».
Et de poursuivre : «Un bon budget c’est de l’investissement. On nous annonce 480 millions d’investissements comme trajectoire. Sauf qu’à la décision modificative on sabrera ce qui avait été annoncé. C’est un DOB d’affichage. On est dans la demi-mesure. La politique de la Région est illisible. La Bourgogne Franche-Comté, en termes de stratégie du futur, ça ne décolle pas ! Personne ne sais dans la rue quels sont les projets. Quand on nous dit qu’il n’y a pas de personnes à mettre en formation, c’est que ça ne marche pas».

«Elle est sous la pression d’une frange de sa majorité»


François Sauvadet rappelle les promesses d'économies vite oubliées : «Non seulement il n’y a pas d’économies, mais on s’apprête à recruter 30 à 40 CDD pour les dossiers en retard. Je ne comprends pas qu’il y a quelques semaines, elle dénonçait le plafonnement demandé par l'Etat et qu'elle nous dise maintenant qu’elle entend le respecter.
Qu’elle fasse une réunion de sa majorité d’urgence. Elle est sous la pression d’une frange de sa majorité, comme on l’a vu sur l’ouverture des trains à la concurrence».

Pascal Grappin : «Quelle est lambition en matière de développement économique ?»


Pascal Grappin poursuit : «Depuis le début de la mandature, elle s’enferme dans son plan de mandat. Dont acte. Mais qu’elle regarde l’impact. Il n’y a pas d’effets positifs. DOB après DOB il y a une majorité qui se cramponne à son plan de mandat et au bout on ne constatera aucune évolution, et donc des années de perdues. On ne peut emmener des hommes et des femmes, que si le chef montre une véritable ambition. Quelle est lambition en matière de développement économique ?»

Emmanuelle Coint : «Il y a une vraie incohérence sur les transports»


Emmanuelle Coint, quant à elle, relève : «Il y a une vraie incohérence sur les transports. On n’a pas d’infos sur la pause méridienne, sur les accompagnements. Le point numéro 4 du DOB parle de création de 6000 emplois d’utilité civique. Il est question des d’accompagnateurs scolaires qui seraient formés. Pourquoi on ne nous annonce pas la gratuité des transports et la mise en place d'accompagnateurs ? Et puis, on remarque que maintenant tout est repeint ODD, objectif développement durable».

«Il faudra très vite un nouveau plan sécheresse»


François Sauvadet ajoute : «Il faudra très vite un nouveau plan sécheresse. Il y a un drame qui est en train de se jouer dans l’agriculture. Voir comment la Région peut intervenir dans la restructuration financière. Les départements ont joué le jeu, pour accompagner. Il faut que la Région investisse dans la création de ressources. S’il n’y a pas d’inscription par la Région, les agences de l’eau ne peuvent pas intervenir. On est seulement à 6% de récupération de l’eau de pluie, quand d’autres pays sont à 20%. Ce à quoi Pascal Grappin ajoute : «Qu’est ce que l’on fait pour préserver les exploitations ?».
Alain BOLLERY et Nicolas RICHOFFER