jeudi 12 décembre 2019
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CONSEIL REGIONAL : Julien Odoul dans le viseur de Marie-Guite Dufay

15/11/2019 11:50Imprimer l’article
Marie-Guite Dufay a eu des propos durs à l’adresse du président du groupe du Rassemblement National qui avait visé dans ses propos une mère de famille, portant un foulard, qui accompagnait un groupe d’enfants.Julien Odoul : «C'est la République et la Laïcité qui ont été humiliées et agressées»
Jérôme Durain : «Le rassemblement national, c’est l’imposture, avec des propos mensongers»


Plus d’un mois déjà… Le temps que l’affaire Dupont de Ligonnès soit vite reléguée au second plan par les médias – et on comprend pourquoi – l’affaire du Conseil Régional à Dijon a pris une dimension non pas nationale, mais internationale. Cette affaire, vous l'avez compris, c’est celle de la mère de famille accompagnant un enfant à qui Julien Odoul avait demandé de quitter la salle, parce qu’elle portait un foulard, au nom de la laïcité.
Le sujet s’est imposé durablement dans le débat national. Dans une forme de frénésie politique et médiatique, il a fait parler jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, puisque le Président de la République en personne a pris position sur ce sujet qui fait encore débat en cette mi-novembre.
Ce vendredi 15 novembre, en ouverture de la session du Conseil Régional de Bourgogne – Franche- Comté à Dijon, Marie Guite Dufay a ouvert son discours liminaire en évoquant ce qui s’est passé le 11 octobre dernier.

«J'ai fait respecter la loi, toute la loi, rien que la loi»

Elle l’a fait en commençant par citer Jean Jaurès sur la question de la démocratie. Elle l’a fait avec des propos très durs à l’adresse de Julien Odoul, le président du groupe du Rassemblement National.
«Il ne m’est pas possible de ne pas revenir sur ce qui s’est passé. Ceci dans un esprit républicain et sans polémique. J’ai fait respecter la loi, toute la loi, rien que la loi, ainsi que notre règlement intérieur», a d’abord déclaré la Présidente de Région, avant de poursuivre : «L’une des mamans avait la tête couverte par un foulard entraînant les conséquences que l’on sait. Nous avons été blessés par ce qui s’est passé.
Cette maman avait-elle le droit d’être assise dans le public ? Oui
Avait-elle le droit d’être accompagnatrice scolaire ? Oui. La jurisprudence est claire.
Y avait-il contraction vis-à-vis de notre règlement intérieur. Non. Il est écrit que la Présidente pouvait faire sortir en cas de trouble, mais ce n’est pas d’elle que le trouble est venu !»
Marie-Guite Dufay a ajouté, dans un silence de cathédrale : «Si je n’ignore pas que les questions posées seront des éléments débattus, je ne peux pas admettre l’utilisation politique et ne pas admettre la stigmatisation de l’autre. Les bornes ont été dépassées.
Elles l’ont été d’ailleurs dès le matin, avec les agents mis en cause. J’ai transmis au Procureur de la République ce qui s’est passé et ce qui a été dit».
La Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté a poursuivi son propos en déclarant : «Les grands principes de notre République laïque doivent être rappelés, de même que les droits de l’homme, avec la liberté de penser.
Nous ne règlerons aucun problème en créant des murs ou en créant de l’isolement. Je n’entends pas qu’il y ait de nouveaux incidents et le règlement ne sera pas modifié, car il est compatible avec la législation. C’est au législateur de trancher ces questions. Dans le cadre de débats apaisés». Cela avant d’aborder une autre problématique : «Je m’interroge sur l’utilisation d’images vidéo prises dans cette salle sur des réseaux sociaux. Mais pas de précipitation, je soumets le sujet aux groupes, et je ne l’interdis pas de modifier le règlement sur la prise d’images vidéo ! Je veillerai avec rigueur à ce que les sujets débattus concernent notre politique et ne soient pas à des meetings politiques».
Si François Sauvadet, le président du groupe de la droite et du centre n'a pas souhaité surfer sur le sujet, par contre Julien Odoul a répondu à Marie-Guite Dufay et Jérôme Durain, le président du groupe socialiste, a lui visé le groupe du Rassemblement National et son Président.
On notera avec le sourire qu'Alain Joyandet a demandé un rappel au règlement par rapport à des applaudissements venus des rangs du public... Des applaudissements de chefs d'entreprises de la région et gros financeurs, pour certains, de clubs sportifs, et sans doute très étonnés de constater qu'en politique c'est beaucoup moins cordial que pour les attributions de marchés... Nous l'écrivons évidemment avec le sourire.
Alain Joyandet a aussi fait remarquer que François Sauvadet n'a pas parlé des événements du 11 octobre et s'est concentré sur les seuls sujets de la Région.


Julien Odoul


«Ce n’était pas mon souhait de revenir sur la session du 11 octobre, mais je vais vous répondre.  Nous représentons la majorité des citoyens de Bourgogne – Franche-Comté, nous sommes le 1er parti. Nous avons une majorité de compatriotes qui partagent nos orientations, nos politiques, notre souci de préserver le pacte républicain, et la laïcité.
A ce titre là, nous avons droit au respect. Car nous sommes maltraités dans cet hémicycle, considérés comme des sous élus ; c’est 530.000 électeurs que vous méprisez. Ils ont été choqués par votre comportement., dicté par une provocation.
On nous dit que cette dame était une maman, qu’elle a été humiliée et agressée. C'est la République et la Laïcité qui ont été humiliées et agressées. Le Président de la République a lui-même reconnu que cette dame était une militante politique.
Madame Dufay, votre souci de construire le clivage des prochaines régionales, ne vous autorise pas à salir les usages républicains. Au-delà de la loi, il y a l’esprit de la la loi et l’esprit de la France. Le voile n’était pas souhaitable dans cette assemblée. 73% des français considèrent que le voile n’a pas sa place dans notre pays.
Tout cela aurait dû vous conduire à défendre notre bien commun. J’ai dit que notre collectivité, comme de nombreux services publics sont concernés par l’avancée des revendications politico-religieuses. Je n’ai pas incriminé les agents.
Sur le signalement au Procureur, je reconnais que vous avez besoin de donner des gages. Certains élus de votre majorité soutiennent les islamistes. Leur manifestation a choqué beaucoup de monde. C’est honteux et scandaleux de soutenir ces gens là.
Face à une liberté d’expression qui semble vous déranger, vous souhaitez cadenasser les séances du Conseil Régional. L’immigration massive fait partie de votre politique, comme pour l’accueil des clandestins. C’est notre droit le plus strict de l’aborder.
Vous souhaitez qu’il n’y ait plus d’images, de vidéo. Ca ne sera pas notre choix. Je regrette que les commissions permanentes ne soient pas ouvertes à la presse.
Quand on commence à museler, à retirer des libertés, on va vers une dictature molle. Nous, élus d’opposition, nous sommes libres de nous exprimer. Il n’y a qu’une seule entité qui peut nous censurer, c’est le peuple»


Jérôme Durain


«La dernière session a eu un écho inédit. Mais il faut remercier la presse pour sa présence, pour que nos concitoyens puissent être informés largement. Pour voir les élus qui débattent. Et voir ceux qui se fichent de l’ordre du jour. Des pompiers pyromanes.
Vous semblez moins serein Monsieur Odoul. Il est vrai que vous êtes mis en examen. Moins serein à la vue aussi de l’attentat de Bayonne commis par un ancien candidat de votre parti. ?Vous vous êtes rendu compte que vous êtes allé trop loin en choquant, y compris chez vos amis.
Monsieur Odoul vous faites une bien étrange victime. Vous deviez tourner la page et vous avez replongé dans le débat.
Le rassemblement national, c’est l’imposture, avec des propos mensongers. Nous ne nous habituons pas à votre manque de respect, de salir, de mettre en cause. Vous interpellez la Présidente avec des propos violents. Vous n’êtes pas dans la démocratie. On voit ce que vous dites de la laïcité, y compris en demandant des crèches.
Est-ce que vous étiez quand la clinique de Cosne, dans les fermes. Quand il s’agit de proposer des solutions, il n’y a rien, il y a le vide. Vous voulez inquiéter les électeurs.
Vous êtes des vautours car vous vous nourrissez de la misère.
Vous voulez être en haute de l’affiche. Même sur les chiffres vous êtes mauvais, en comparant les territoires en assurant que ce sont les métropoles qui sont favorisés.
Mensonges, agressions, irrespect, cela ne fait pas une alternative. Les gens qui souffrent ne peuvent rien attendre de vous. La laïcité défendue par vous, c’était un racisme anti-islam. Tout cela est misérable est sordide.
Notre majorité va continuer de se battre contre le racisme, pour la laïcité, pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Vous occultez la réalité du monde.
Sur la transition écologique, vous n’avais pas compris que c’est un engagement social pour les gens que vous voulez défendre. Vos propos sont excessifs et insignifiants.

Alain BOLLERY
(Photos Jean-Christophe TARDIVON 
et Alain BOLLERY)

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