vendredi 20 septembre 2019
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CONSEIL REGIONAL : «La Région va mourir en bonne santé»

11/10/2018 19:03Imprimer l’article
A la veille de la session plénière du conseil régional, le groupe de la droite et du centre a tenu ce jeudi sa traditionnelle conférence de presse autour de son président, François Sauvadet. Il en ressort une colère profonde contre la méthode de la présidente, Marie-Guite Dufay, et une inquiétude face à un manque de soutien au développement économique et un plan pour l'agriculture doté de trop peu de moyens, selon l'opposition.
François Sauvadet, chef de file du groupe de la droite et du centre au conseil régional, a tenu sa traditionnelle conférence de presse d'avant session, ce jeudi dans les locaux du groupe, en compagnie d'Emmanuelle Coint, de Pascal Grappin et d'Aurélie Berger, conseillers régionaux de son groupe. Une conférence de presse offnsive de la part de l'opposition, à la veille de la session plénière et le jour même de la publication de l'interview de la présidente, Marie-Guite Dufay, publiée ce jour sur Creusot-Infos, et dans laquelle elle affirme ne pas exclure de se représenter…

Cliquez ici pour lire l'interview de la présidente du Conseil régional, Marie-Guite Dufay, accordée ce mercredi à Creusot-Infos.

Morceaux choisis de la conférence de presse de François Sauvadet :

«Il y a un malaise à la Région»


«Cette région ne fonctionne pas bien. Les agents sont dans la rue en ce moment. On a tous encore le traumatisme de la session de Montbéliard où les agents brûlaient des pneus pendant que la majorité et madame Montel votaient le contrat social. Et il y a un malaise dans la majorité. Elle même dit que sa majorité est fragile, ce matin dans l'interview accordée à Creusot-Infos. Résultat : la région reste scotchée dans les dernières positions, ce dont personne ne peut se réjouir».

«La fusion ne génère pas d'économies»


«Madame Dufay ment quand elle dit qu'elle n'a jamais promis que la fusion permettrait de faire des économies. On a d'ailleurs retrouvé l'interview à France 3 dans laquelle elle le disait. Elle se retourne maintenant vers les départements, comme s'il n'y avait pas eu la loi NOTRe entre temps.»

Pour l'agriculture, «on a besoin d'action»


«Elle semble découvrir la sécheresse. Mais ça fait des mois que les territoires de la grande région y sont confrontés et qu'on lui demande d'agir. Elle fait des réunions, mais on a besoin d'action. C'est sa compétence économique que de faire face à ces situations de danger.
Elle nous promet un grand plan qu'elle annoncera ce vendredi alors qu'on a prévu 500.000 euros en décision modificative. Qu'est-ce que c'est que cette méthode, sans dialogue préalable avec nous et sans moyen suffisants ? On a été élu aussi. Elle n'a pas fait un score tel qu'elle peut prétendre représenter la Bourgogne-Franche-Comté a elle toute seule. On verra, mais on a des contre-propositions à formuler.
500.000 euros, ça fait 62.500 euros par département. Ce n'est pas sérieux. On ne découvre pas la sécheresse aujourd'hui. Ne peut-on pas avoir un véritable dialogue sur les mesures à mettre en oeuvre ?
On a proposé une aide aux bâtiments de stockage, on a fait des propositions sur le PRDA, on a proposé sur des expérimentations en matière de ressources d'eau, etc. C'était "circulez, y'a rien à voir". Et on est le 10 octobre et on n'a toujours pas de plan pour l'agriculture bourguignonne.
En 25 ans de vie politique, je n'ai jamais vu ça. Quand on ne sait pas à la veille d'une session, comment voulez-vous travailler dans de bonnes condition ?»

«Les crédits ne sont pas consommés»


«Madame Dufay a une vision complètement budgétariste. On est une des régions les moins endettées, c'est bien. Mais quand elle dit que les acteurs de projets ne sont pas au rendez-vous, c'est faux. Les crédits ne sont pas consommés parce qu'elle a organisé la complexité de la région pour qu'ils ne le soient pas. Je ne compte plus le nombre d'acteurs économiques qui ne font plus de demande car ils n'ont jamais de réponse de la Région. Elle annonce une annulation de crédits d'investissements de 44 millions d'euros : c'est donc une politique d'affichage. On n'est pas au rendez-vous.
Sur le très haut débit : accuser les départements de ne pas faire le job quand la région ne met que 10% des investissements, ce n'est pas sérieux. C'est toujours les autres qui sont coupables selon elle.»

Une région «dépassée par ses ambitions»


«On n'a pas d'élan, on tergiverse, mais on est déjà quasiment à mi-mandat. C'est une région qui est déjà dépassée par les ambitions qu'elle a revendiquées. Le conseil économique régional s'inquiète, et déplore les crédits de formation. Il a repris une liberté de ton. Et elle ne parle ni avec les acteurs économiques, ni avec son opposition. On ne sait pas ce qu'elle va proposer demain.
Le Conseil Régional est financièrement en bonne santé, mais l'économie est malade. On a une région qui va mourir en bonne santé. Tous les sujets sont, à chaque fois, reportés à demain, en nous disant "on va faire, on y travaille, on réfléchit". Et c'est un fonctionnement très autoritaire. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tendu la main. Je lui avait même proposé une contractualisation avec le département de la Côte-d'Or. Je suis amer car c'est une grande région qui a tous les atouts, mais les acteurs se lassent.»

«Pour l'organisation des transports, ça devient très compliqué»


«Au sujet des transports, vous trouvez normal que je sois obligé de vous lire pour être au courant des choses ? Pour savoir que la question de la gratuité des transports scolaire sera tranchée en novembre… Ça fait trois ans qu'on est dans cette situation : pour l'organisation des transports, ça devient très compliqué. Ce que je sais, c'est que chaque fois qu'on a des demandes, on nous renvoie à demain. Sur la fréquentation du train, faut voir où ont lieu les hausses. Car il y a eu des suppressions d'arrêts. Encourager ce qui va bien, c'est bien, mais il faut aussi accompagner les zones les plus en difficulté.»

«Imaginez si elle disait qu'elle ne se représentait pas…»


«Elle annonce qu'elle n'exclut pas de se représenter, mais imaginez si elle disait qu'elle ne se représentait pas… Comment tenir sa majorité ? C'est son affaire, sa majorité. Mais d'ici là, ils devront rendre des comptes. Car à un moment, ils auront rendez-vous avec l'avenir. Ils ne pourront faire sans cesse des promesses sans résultats. Elle a une démarche quasi macronienne : on ignore les corps intermédiaires, les corps consulaires, les élus. La base de la démocratie, c'est de travailler avec tous les élus du peuple. Il y a un fait majoritaire, certes, mais tout de même. Ce mépris à l'égard de l'opposition est insupportable.»

Nicolas Richoffer
Photos N.R.