mardi 15 octobre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
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CONSEIL REGIONAL : Marie-Guite Dufay à la fois VRP et avocate malgré les vives critiques de ses deux oppositions

29/03/2019 16:40Imprimer l’article
François Sauvadet dénonce «une stratégie de com»
Julien Odoul : «Votre plan sur le pouvoir d’achat est un grand bluff»
Jérôme Durain :  «Monsieur Odoul vous êtes en campagne pour les Européennes»
Dans la droite ligne de sa conférence de presse, jeudi après-midi (lire notre article), Marie-Guite Dufay a évidemment évoqué tous les sujets consistants les plats de résistance de la session du Conseil Régional, ce vendredi 29 mars à Dijon. Mais dans son propos liminaire elle a aussi évoqué les sujets et convictions qui lui tiennent à cœur et qu’elle a porté auprès du Président de la République lors de sa venue à Autun.


Mais aussi auprès des Ministres qui viennent en Bourgogne – Franche-Comté. Avec notamment la revendication d’un droit à la différenciation. Elle estime en effet que notre Région mérite un autre traitement que d’autres régions, comme celles de la façade Atlantique, ne serait-ce que parce que la Bourgogne – Franche-Comté est puissamment industrielle avec certes les succès qui fleurissent ici et là. Mais aussi avec les difficultés conjoncturelles, comme par exemple les interrogations teintées de pessimisme pour l’avenir de GE à Belfort avec le marché des turbines à gaz en chute libre.
C’est  notamment pour cela qu’elle a porté immédiatement la candidature de la Bourgogne – Franche-Comté pour l’implantation de l’usine française de batteries électriques.
On le sait la Région va être la première de France pour organiser le covoiturage sur des territoires mal desservis par les transports en commun et notamment ferroviaires.
Les trois premiers territoires retenus sont le Jovinien dans le secteur de Joigny, le Montbardois / Châtillonnais, à savoir la région de Montbard et de Châtillon sur Seine, et le secteur de Valdahon, à savoir le secteur de Pontarlier.
Pour le Châtillonnais, il y a forcément une vraie logique avec l’avènement du Parc Naturel Feuillu entre Bourgogne et Champagne Ardennes, pour lequel la Région est candidate pour accueillir le siège.
Et autre bonne nouvelle liée à la nature, le Jura vient d’obtenir une AOC Bois pour ses différentes essences, mondialement appréciées.
La Présidente a ensuite été sous le feu nourri de ses deux oppositions, très critiques et notamment sur les créations d’emplois.
Alain BOLLERY
(Photos Jean-Christophe TARDIVON)

François Sauvadet


«30 créations d’emplois sans compétences nouvelles. Elles n’ont été annoncées ni dans le débat d’orientation budgétaire, ni au budget primitif. C’est parce que cette fusion n’a pas été préparée. On nous avait annoncé des économies. Monsieur Moscovici annonçait 10 milliards d’euros d’économies à l’échelle du pays. Vous dites que ces nouvelles embauches pèsent 0,07% mais c’est 1,4 million d’euros de dépense en plus. Ca nous inquiète, car Monsieur Neugnot annonce que ça va continuer.
La Région reste en retard en matière d’attractivité. Vous avez dit que Monsieur Macron n’est pas responsable de tout, mais il n’est pas responsable de rien.
Il faut évaluer les politiques que vous avez conduites.
Vous parlez du respect de votre plan de mandat, mais jamais vous n’aviez annoncé les embauches et l’augmentation des cartes grises. Monsieur Ayache nous avait annoncé une fabrique à projets, il y a deux ans. Elle en est où ?
On est sur le podium des régions les plus chères de France. Vous pouvez rendre l’argent aux Bourguignons et Franc-Comtois, en baissant par exemple le prix de la carte grise, que vous avez augmenté.
Vous avez déclaré que les nouvelles mesures ont été estimées à 1 million d’euros. Le ticket mobilité est doté de 350.000 euros, pour 8 départements. C’est 50.000 euros par département. Bonjour l’ambition. Ce ticket vous en avez fait une usine à gaz. Sur le sujet le CESER dit que le périmètre est mal défini, exclut les contrats précaires, soumet les entreprises. Il dit aussi que vous demandez un effort aux entreprises qui ont se sont déjà engagées avec la prime de fin d’année.
Je voudrai une carte de la région des zones blanches de mobilité et de transports collectifs de la Région.
Je pense qu’il faut adapter le ticket mobilité à tous ceux qui sont obligés de prendre la voiture. En fait vous êtes dans une stratégie de com.  
Face aux casseurs, j’aimerai que l’on soit unanime pour apporter notre soutien à ceux qui assurent la sécurité.
Il serait bien que l’on ait une attention pour les commerçants qui ont eu une vitrine cassée et qui ont un reste à charge».

Julien Odoul


«Le grand débat national, c’est une grande arnaque, car Monsieur Macron et son Gouvernement ne veulent apporter aucune solution. On proposera de soutenir les gilets jaunes blessés et les forces de l’ordre, victimes des errements du Gouvernement. Il est possible de dissoudre les milices d’extrême droite, mais pas d’être gauche.
Vous n’avez pas parlé de la violence qui explose. Vous n’avez pas tiré la sonnette d’alarme, sur ce qui se passe dans les lycées.
Votre plan sur le pouvoir d’achat est un grand bluff ! C’est beaucoup de paroles. 350.000 euros c’est une goutte d’eau.
Marie-Guite Dufay : «350.000 euros c’est le dernier trimestre. Ca sera au moins un million d’euros en année pleine.
Julien Odoul : «Vous n’avez pas à m’interrompre».
Marie- guite Dufay : «Vous dites des choses fausses».
Julien Odoul : «Je vais continuer des choses vraies. Grand bluff, j’ai dit : C’est pas de cap, pas de vision. Cela fait des années qu’il y a un problème de pouvoir d’achat. Ce qui vous intéresse, c’est d’avoir des bonnes notes.
Qui allez vous soutenir ? Monsieur Glucksmann ? Madame Loiseau ? C’est bien beau de lancer une campagne contre l’agribashing, alors que vous soutenez les politiques. Y compris les travailleurs détachés.
Nous perdons 52 millions d’euros chaque année, avec le vol de l’union européenne».

Jérôme Durain


«Cela fait trois mois que nous ne nous étions pas réunis en Assemblée plénière et je dois avouer que cela m’avait manqué.
Certes, nous ne sommes pas restés sans nouvelles les uns des autres. Le groupe Rassemblement National a beaucoup fait parler de lui, par la plume de son ex présidente. Le groupe d’union des Républicains, de la droite et du centre a beaucoup communiqué lors du Salon International de l’Agriculture, se félicitant notamment du plan d’aide aux agriculteurs que notre région a adopté fin 2018. Je profite de cette mention pour saluer le départ de M. Decerle depuis le syndicalisme agricole pour aller rejoindre la politique élective, à travers une liste LREM aux européennes. Nous ne défendons pas les mêmes couleurs mais je me félicite que notre région fournisse des candidats au plus de listes possibles pour faire entendre la voix de nos territoires. Je salue pareillement l’investiture de M. Danjean sans pour autant partager sa ligne politique.
Nos divergences politiques sont structurantes, j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler ici. Nous sommes un groupe de gauche qui assume sa ligne politique. Mais je souhaite signaler ici une initiative qui a associé droite, centre et gauche au Sénat en faveur de notre région. M.Longeot et votre serviteur avons ainsi eu l’occasion de porter des amendements en faveur de l’inscription de l’achèvement de la 2ème phase du prolongement de la LGV Rhin Rhône. Avec le soutien de notre Présidente de Région, des collègues sénateurs de notre région et de la région grand est, nous avons sur dépasser les clivages et associer des marcheurs comme M. Patriat, des représentants de la droite ou du centre comme M. Joyandet ou des socialistes comme Messieurs Joly, Bourquin ou Bigot. J’exprime ici le souhait que nos collègues députés poursuivent cette union sacrée à l’Assemblée nationale.
Ces dépassements des clivages sont habituels pour la plupart d’entre nous ici.  Nous sommes toutes et tous, dans cette collectivité, des élus locaux. Nous sommes au cœur des problématiques de nos territoires que nous ne connaissons que trop bien. Nous sommes au quotidien à l’écoute des citoyens, des acteurs du terrain, des forces vives jusqu’aux citoyens qui ont pris possession des carrefours et ronds-point cet hiver.
Je souhaite revenir sur des propos tenus par des Présidents de groupe au début de cette session.
Mr Odoul, les affaires régionales ne vous intéressent pas beaucoup, vous qui êtes en campagne permanente pour les élections européennes. Et je regrette vos amalgames douteux entre immigration massive et l’utilisation de termes indignes des débats régionaux, tels que « racaille, ensauvagement ».  Je vous vois chroniqueur zélé de tous les faits divers en Bourgogne Franche Comté. Mais je veux saluer la réaction de la Présidente de région comme la présence du Vice-président Stéphane Guiguet dès le lendemain de l’agression au lycée Léon Blum. Et quand vous parlez de grande clarification, je suis inquiet !
Je voudrais réfuter, Mr Sauvadet, certains des propos que vous avez tenus. A vous écouter, vous me rappelez un poème de Paul Verlaine, « Mon rêve familier ». Vos propos sont, mot pour mot, du copié-collé de vos discours des précédentes sessions : « vous avez augmenté la taxe sur les cartes grises, vous n’avez pas préparé en amont la fusion des régions, … ».
Vous nous faites par ailleurs un triple procès en insincérité, inefficacité et en communication. Notre souci a toujours été celui du pouvoir d’achat et nous n’avons pas attendu la crise actuelle pour agir : La nouvelle gamme tarifaire dans les trains, les cars à 1€50, la gratuité des transports scolaires… c’est le fil rouge de l’action de notre majorité régionale. Nous n’avons pas attendu la crise des gilets jaunes, et les demandes sociales qu’elle porte. Alors ce nouveau train de mesures ne vous est pas présenté pour répondre à l’immédiateté. ; il s’inscrit dans la continuité de nos actions. Et le ticket-mobilité, c’est là encore concret.
C’est également le cas pour toutes les questions de formation professionnelle. Et je salue le caractère inédit des mesures appliquées. Les chiffres qui ont été présentés par notre Présidente de Région et qui seront dévoilés par notre Vice-Présidente en charge de la formation professionnelle, Océane Charret-Godard, parlent d’eux-mêmes. Le CESER reconnait lui aussi que  toutes ces mesures sont utiles et il demande plus de communication pour toucher le plus de monde possible. Et les acteurs de terrain eux-mêmes nous remercient également, car nous avons élaboré ces mesures ensemble.
Enfin nous souhaitons également donner aux familles les moyens que pour leurs enfants réussissent : ainsi nous améliorons le dispositif permis de conduire, et nous avons développé l’offre de la carte avantage jeunes.
Toutes nos mesures sont sincères, solides et concrètes et ne ressemblent en rien à de la simple communication.
Mais nous avons également des craintes car nous devons nous prémunir face aux menaces qui pèsent sur la région. Nous déposerons donc deux voeux pour demander le rétablissement de l’aller-retour Lyria entre Dijon et la Suisse et nous interpellerons le Gouvernement sur la situation de General Electric.
La région est présente dans la stratégie, dans le quotidien. Elle avance aux cotés des agriculteurs, des industriels, des précaires, des demandeurs d’emploi, aux côtés de ceux qui travaillent, de ceux qui créent, de ceux qui font vivre les territoires. Nous abordons cette session avec beaucoup d’enthousiasme».
Alain BOLLERY