jeudi 19 septembre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

DEMISSIONS AU FRONT NATIONAL : «Le FN est en train de se recroqueviller sur lui-même» explique Sophie Montel

21/09/2017 10:32Imprimer l’article
Dans la foulée de Florian Philippot, Sophie Montel a annoncé ce jeudi matin qu'elle quittait le Front National, dont elle était membre depuis une trentaine d'années.
On le savait dans la ligne de mire et déjà, mercredi soir sur C News, Florian Philippot, sans annoncé sa démission, parlait de son engagement au passé. Les plus attentifs avaient compris le message, mais on sait que la politique est un échiquier complexe sur lequel on évolue parfois lentement, au coup par coup.
Marine Le Pen lui a retiré ce mercredi ses délégations sans le démettre de son poste de vice-président du Front National. Une non-décision, un entre-deux sans doute révélateur des tiraillements intérieurs de la patrone du FN, qui se séparait lentement de son bras droit, à coups de manœuvres politiciennes depuis plusieurs semaines, comme si elle ne savait pas bien si elle prenait le bon chemin.
«On m'a dit que j'étais vice-président à rien» a justifié Florian Philippot ce jeudi matin sur le plateau des «4 vérités» sur France 2. «Je n'ai pas le goût du ridicule et je n'ai jamais eu le goût de ne rien faire». Il a donc dit stop, claque la porte du parti, et a été suivi dans la foulée par Sophie Montel, eurodéputée et ex-présidente du groupe FN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, l'une de ses plus proches.
Ensemble, et avec d'autres sans doute, ils continueront de faire de la politique au sein de l'association «Les Patriotes», qui compte à ce jour environ 2500 adhérents.

Interrogée dans la matinée sur RTL, puis sur France Info, Sophie Montel a expliqué clairement sa décision de quitter elle aussi le Front National, dont elle était membre depuis une trentaine d'années. Pour elle, le parti s'éloigne de la ligne «ni droite ni gauche» portée par Florian Philippot, et qui aurait fait le succès du FN depuis 2012.
N.R.

Retranscription de l'intervention de Sophie Montel sur France Info :


Pourquoi quittez-vous le Front National ?
Je pars parce que j'assiste depuis un certain nombre de mois, pour ne pas dire d'années, à un changement à l'intérieur du FN. J'entends un certain nombre de critiques très violentes à l'encontre de Florian Philippot,  des mots très durs. Le FN doit beaucoup de choses à l'action de Florian Philippot et à son travail.
Je pars aujourd'hui car j'assiste depuis un certain nombre d'années au retour d'un certain nombre de personnes qui ne se positionnent pas du tout sur la ligne de Marine Le Pen, à savoir le ni droite ni gauche. Essentiellement d'ancien mégretistes.
Moi qui ai passé trente ans de ma vie au Front National, j'ai un peu de mal à entendre M. Bay utiliser le mot trahison au sujet de Florian quand on sait qu'il a passé dix années au MNR à vomir sa haine du Front National, de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen. Il traitait même Marine Le Pen de «vide doctrinal sidéral» il y a quelques années… donc M. Bay, un peu de décence, pas vous !
J'assiste donc depuis quelques années au retour de ces gens là, qui évidemment ont une très mauvaise influence, ont noyauté 90% des fédérations du FN avec des gens qui ne sont absolument pas sur la ligne ni droite ni gauche défendue par Marine et aujourd'hui on en voit le résultat : on chasse le principal artisan, avec Marine, de la mise en place de cette ligne ni droite ni gauche. Bien-sûr, ce courant a toujours existé à l'intérieur du Front National, mais Florian a permis, avec Marine évidemment, de structurer cette ligne, de la développer, de l'argumenter, et c'est cette ligne là qui a permis l'explosion des résultats du Front National et de créer la dynamique du FN, élection après élection, depuis 2012.

Vous êtes une historique du FN, qui a adhéré sous Jean-Marie Le Pen. Pourquoi partir maintenant ?

Il y a eu la scission en 1998 mais c'était un autre contexte car Mégret, lui, offrait quelque chose de beaucoup plus radical que ce que proposait Jean-Marie Le Pen. Je constate aujourd'hui qu'on se sépare de celui qui incarnait l'aile souverainiste et qui incarnait la volonté de rassembler les patriotes. Pour rappel, Florian est gaulliste, il a été à un moment proche du chevènementisme, donc il était l'incarnation même du fait que le Front était en capacité d'accepter le rassemblement des patriotes. Aujourd'hui, la chasse au sorcières organisée depuis des mois et des mois à l'encontre de Florian et de ses proches, et j'en ai fait les frais puisqu'on m'a retiré d'une manière extrêmement brutale la présidence du groupe au Conseil régional de Bourgogne Franche Comté, d'ailleurs sans même m'en donner la raison exacte, si ce n'est ma proximité avec Florian. On a donc un mouvement qui démontre qu'il est incapable du rassemblement. C'est un mouvement qui est en train de se recroqueviller sur lui même. Vous savez, quand je siège au Conseil Régional le 30 juin dernier, et que la présidente socialiste décide de rendre hommage à Simone Veil et de faire une minute de silence, et qu'une élue FN, par ailleurs l'épouse de M. Ferrand, chef de la délégation au parlement européen, proche de Louis Aliot, se permet de se lever pendant la minute de silence en disant «Ah ça, jamais !», et bien moi, ça me pose un problème.

Quel est l'avenir pour vous aujourd'hui ? Les Patriotes de Florian Philippot ?

Je suis effectivement une vieille militante politique. Je n'entend évidemment pas cesser de me battre pour mon pays. On va voir sous quelle forme cela se fera. Florian est un homme politique de conviction, c'est quelqu'un qui, intellectuellement, est d'une honnêteté absolue, et il l'a démontré aujourd'hui. Il ne se sent plus accepté à l'intérieur du Front National. Il le regrette, le déplore. Il est comme nous tous, triste. Mais n'oublions pas la raison profonde de notre engagement : c'est de faire de la politique et de nous occuper de nos compatriotes et de notre pays, face à la mondialisation, face à l'Union Européenne, de récupérer notre souveraineté nationale. On verra dans les semaines à venir sous quelle forme nous continuerons à mener ce combat, mais nous n'arrêtons pas la politique.

Mardi déjà, le conseiller régional Lilian Noirot, dans une lettre ouverte à Marine Le Pen, annonçait quitter le Front National (Cliquez ici pour lire notre article)