samedi 24 août 2019
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DIJON : Brigitte Macron accueillie en rock star au lycée Carnot pour parler du harcèlement

05/03/2018 21:52Imprimer l’article
On en aurait presque oublié que la Première Dame était accompagnée du Ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, tant l'excitation, pour ne pas dire l'euphorie, régnait durant la visite, ce lundi après-midi à Dijon. Mais il était aussi et surtout question d'un sujet grave : le harcèlement. Un «fléau» que les lycéens eux-mêmes prennent à bras le corps et à propos duquel ils savent dialoguer quand on s'adresse à eux dans leur langage.
Elle ne sera passée que deux heures au lycée Carnot de Dijon, mais la visite aura assurément marqué tous ceux qui y ont participé, de près ou de loin. A commencer par les lycéens et collégiens d'abord, qui se sont massés en nombre dans la cour du lycée Carnot, ce lundi peu avant 14 heures, pour tenter d'apercevoir la première dame. Il ne s'agit pas de porter la moindre offense à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education Nationale, ou aux nombreux politiques les accompagnant, mais c'est bien Brigitte Macron qui attirait toutes les curiosités.

Une myriade d'officiels et d'élus


Après un déjeuner en préfecture, le cortège est arrivé au lycée Carnot et il a bien fallu une demi-heure pour traverser l'établissement. Tout autour de la cour, à ce moment là, les élèves étaient les plus disciplinés. Au cœur de l'action, entourés par la meute de journalistes, les officiels essayaient de se faire une place autour du Ministre et de la Première Dame. Le sénateur François Patriat, était évidemment au premier plan, tout comme la préfète, Christiane Barret, ainsi que les députés de La République En Marche Didier Martin et Fadila Khattabi. Le recteur de région, Jean-François Chanet, était également là pour accueillir les deux personnalités, tout comme la rectrice de l'académie de Dijon, Frédérique Alexandre-Bailly, l'inspectrice d'académie, Evelyne Greusard, le proviseur, Michel Gey, et son adjoint, Jérôme Naime.

Un certain nombre d'élus complétaient également le tableau : les vice-présidents du conseil régional, Stéphane Guiguet (lycées et apprentissage) et Océane Charret-Godard (formation continue), les vice-présidents du conseil départemental François-Xavier Dugourd et Ludovic Rochette, la conseillère départementale Christine Renaudin-Jacques, ainsi que les élus municipaux de Dijon Christophe Berthier et Charles Rozoy.

Un joyeux brouhaha


Entre salutations et présentations, pauses pour les photographes et caméras, arrêts pour quelques selfies avec les jeunes, la traversée de l'établissement relevait du parcours du combattant pour tout ce beau monde, qui a finalement pu accéder à la chapelle historique du lycée, aujourd'hui transformée en grande salle polyvalente, où attendaient quelque 300 élèves. Là encore, adieu le protocole et le silence des réceptions officielles. C'est dans un joyeux brouhaha que Brigitte Macron et Jean-Michel Blanquer sont entrés et on longuement traversé la salle jusqu'à venir s'assoir au premier rang. La bonne humeur allait rester mais l'euphorie retomber. Il s'agissait d'assister à une «session de formation des ambassadeurs des lycées de l'académie de Dijon».

Des ambassadeurs dans chaque lycée et collège


Car c'est la «mesure concrète» qu'est venue annoncer le ministre de l'Education Nationale : «il y aura désormais des ambassadeurs dans chaque collège et dans chaque lycées de France» rappelait-il après la séance au cours d'un rapide point presse. Avant cela, c'est à un «théâtre-forum» qu'il avait assisté avec la Première Dame. Sur scène, des lycéens de l'académie d'Aix-Marseille, qui ont porté ce projet et l'exportent désormais dans toutes les académies du pays, ont joué trois saynètes avec des élèves de l'académie de Dijon, puis ont invité des élèves du public à proposer des élaternatives au scénario et à venir rejouer la scène différemment pour tenter de mettre fin à la situation de harcèlement.

Des saynètes sur le harcèlement


La première, par exemple, mettait en scène une jeune fille lesbienne victime de discrimination. «Elle est passée du coté obscur», «bouffeuse de chatte», «elle est pas normale»… Les attitudes étaient parfois surjouées, mais le vocabulaire et le harcèlement à répétition étaient bien réalistes, eux. Dans la salle, Hector, élève de 6e, se jette à l'eau et prend le micro : «Je suis choqué car j'ai entendu qu'elle n'était pas normale, mais on est tous pareils». Ovation spontanée de la salle. Finalement, une élève viendra sur scène s'interposer entre harcelée et harceleuse, et passer ce message aux jeunes élèves attentifs : «lorsqu'on est témoin, il faut réagir».

Jean-Michel Blanquer : «Créer une école de la confiance»


C'est en effet le sens de la campagne que Jean-Michel Blanquer et Brigitte Macron sont venus défendre : «Le harcèlement, pour l'arrêter, il faut en parler». Le ministre prend le micro pour expliquer : «Ce que veulent les élus et responsables, c'est d'abord que chacun se respecte. Le but est de créer une école de la confiance, où vous n'avez pas la peur au ventre le jour de la rentrée. Cette chaleur humaine que l'on a pu constater aujourd'hui, je veux qu'elle soit là tous les jours, même quand vous ne recevez pas Brigitte Macron. Il faut lutter tous les jours, dans toute la France, contre le harcèlement. Pour ça, il est très important de se parler et d'aborder ce sujet. Il faut que vous tous, vous vous saisissiez du sujet, car il sera ce que vous en ferez».

«Prévention nouvelle»


Et le ministre de préciser un peu plus tard devant les journalistes : «le harcèlement gâche la vie des victimes, les études des élèves et l'ambiance de l'établissement. Les valeurs de la République doivent à nouveau s'imposer partout. Pour cela, il faut faire de la prévention classique, mais aussi de la prévention nouvelle, si elle permet de mieux s'adresser aux jeunes. Il est important que les lycéens sentent que ce thème est porté, et le fait que ce soit par Brigitte Macron donne un poids particulier au sujet».

Pour Michel Gey aussi, le proviseur du lycée Carnot, «le harcèlement est un sujet fondamental». Au micro, il avait développé une métaphore avec l'image du porc-épic : «nous sommes dans une société qui abolit les distances. Mais il faut savoir rester à la bonne distance pour que chacun puisse supporter les piquants des autres».

Brigitte Macron : «Je reçois des lettres déchirantes»


Et Brigitte Macron de conclure : «ce sont eux les relais. Nous avons envoyé des questionnaires et les retours sont saisissants. Je reçois également beaucoup de courriers de jeunes, car ils savent que j'étais prof, et certaines lettres sont déchirantes. Quand on repère une situation, on n'est pas toujours à même d'agir. Mais il faut que chacun prenne conscience qu'être passif, c'est participer au harcèlement. Il est très important d'écouter les jeunes, à un moment où ils sont en pleine construction».
Texte et photos,
Nicolas Richoffer

Deux numéros verts (gratuits) ont été créés à l'attention des victimes, élèves, parents et professionnels qui souhaitent parler :

- le 3020

- le 0800 200 000.


Ils ont joué sur scène


Alice Masson, élève en Terminale L au lycée Théodore Aubanel d'Avignon

«Un trac horrible»


«En tant qu'élus au conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) de l'académie d'Aix-Marseille, nous sommes venus ici pour présenter ce projet sur lequel nous travaillons depuis deux ans. Nous avons décidé d'axer notre mandat sur le harcèlement, car parmi notre groupe de 12, il y aussi d'anciennes victimes. Puis on a vu qu'on pouvait monter le principe du théâtre-forum au niveau national. L'académie de Dijon est donc arrivée cette année sur le projet. L'idée est de former des ambassadeurs pour les aider à savoir réagir. Le fait de jouer devant Brigitte Macron et le Ministre m'a donné un trac horrible, mais il y avait aussi l'effet de masse que l'on voit depuis la scène. D'habitude, on ne joue que devant 30 ou 50 élèves. Mais là, le fait de jouer devant elle était particulier. Qui sait, elle parlera peut-être de nous à son mari ? Pour moi en tous cas, c'était un jour merveilleux».

Maxime Saint-Voirin, élève en Terminale bac pro au lycée Alexandre Dumaine de Mâcon

«Un mélange d'euphorie et de stress»


«Je suis élu au CAVL de l'académie de Dijon. Nous nous sommes greffé au projet cette année, en communiquant essentiellement par WhatsApp. Nous avions identifié le harcèlement comme une thématique prioritaire, et c'est l'académie d'Aix qui a amené le théâtre-forum. Jouer comme ça, ça procure un mélange d'euphorie et de stress. D'autant que c'était la première fois que je faisais du théâtre, et en improvisation».