jeudi 12 décembre 2019
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DIJON : La LDH et les associations anti-racistes réagissent à l'incident survenu vendredi à la Région

14/10/2019 09:15Imprimer l’article
Les défenseurs des droits humains considèrent qu' «une mère accompagnatrice d'élèves a été violemment prise à partie par le chef de groupe des élus RN».
Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme Bourgogne-Franche-Comté du 13 octobre 2019 :

Le vendredi 11 octobre, une mère accompagnatrice d' élèves de Belfort, venus découvrir le fonctionnement du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a été violemment prise à partie par le chef de groupe des élus RN. Celui-ci, au nom d'un principe de laïcité déformé, a exigé qu'on lui fasse retirer son foulard. Suite au refus de la Présidente d'obtempérer, le groupe a quitté l'hémicycle. Devant la violence de ces propos inadmissibles et contraires aux principes de notre laïcité, les accompagnateurs et le groupe d'enfants ont quitté la salle.

La loi de 1905 qui a instauré la laïcité, promulgue la liberté de conscience et de culte dans son article 1, et la neutralité de l'Etat et de ses fonctionnaires dans son article 2 . La LDH s'oppose à toute tentation d'étendre l'exigence de la neutralité de l'Etat à la société tout entière pour offrir une juste place à tous les parents sans discrimination. Elle défend inlassablement le principe selon lequel la liberté est la règle et sa limitation l'exception



Les attaques haineuses et discriminatoires de l'extrême droite s'inscrivent dans une idéologie raciste et xénophobe et doivent être réprimées au nom du respect des principes de notre république.

Les comités régionaux de Bourgogne et Franche-Comté de la Ligue des droits de l'Homme, affirment leur pleine solidarité avec cette mère accompagnatrice d'enfants et avec tous les accompagnateurs partenaires des projets d'apprentissage des règles et instances démocratiques.

Jean-Pierre DEBUISSY
Délégué régional LDH de Franche-Comté
Pierre LIBANORI
Délégué régional LDH de Bourgogne


Communiqué des associations anti-racistes de la Côte-d'Or du 13 octobre 2019 :

Scandale provoqué par Julien Odoul (RN) lors du Conseil régional en Bourgogne-Franche-Comté (vendredi 11 octobre)

Dans le cadre d’une sortie pédagogique, inscrite dans le cycle « Ma République et moi » suivi par plusieurs écoles élémentaires de Belfort, une classe a décidé d’assister au Conseil régional qui s’est tenu le vendredi 11 octobre à Dijon, afin de sensibiliser les jeunes élèves au débat républicain.

Parmi les accompagnateurs scolaires se trouvait une femme qui porte un foulard (Madame E.). Le président du groupe RN a pris la parole et a demandé à la présidente de demander à l’accompagnatrice « de bien vouloir retirer son voile ». Applaudi par certains, hué par d’autres, M. Odoul a violemment ciblé cette femme, brandissant un article sur le trouble à l’ordre public, et provoquant les pleurs de l’enfant de cette femme.

Toute personne qui connait un tant soit peu la loi devrait savoir qu’en tant qu’usager du service public, Mme E. n’est pas soumise à l’exigence de neutralité ; de même, son statut de maman accompagnatrice, même s'il a fait l’objet de vifs débats ces derniers mois, lui permet de porter un signe religieux (conformément au "Vademecum de la laïcité", édité par le Ministère de l’Éducation).

M. Odoul prétend inscrire sa provocation dans un acte de courage républicain tout en instrumentalisant de façon indigne la tuerie de la Préfecture de police de Paris pour justifier son attitude discriminatoire.

Or, en plus de méconnaître les règles de la laïcité, M. Odoul a gravement outrepassé sa posture d'élu : il s'est permis l’humiliation, en public, au sein d'une institution de la République, d'une femme devant son enfant.
Malheureusement  la position très floue de notre ministre de l’Éducation sur les mamans accompagnatrices porteuses d'un foulard entretient l'ambiguité. Si l'on y ajoute à cela l’appartenance religieuse de nos concitoyen-ne-s musulman-es trop souvent associée au terrorisme que l'immense majorité d'entre eux condamne et dont il peuvent être victimes comme chacun d'entre nous, par certains médias ou partis, on obtient ce type de dérive qui a tout d'une logique de ségrégation.

Ce type d’acte n’est donc pas nouveau, et il existe malheureusement au quotidien, loin des caméras, loin des micros. Les associations qui luttent contre les discriminations connaissent cette difficulté à prouver les actes de discrimination. Aujourd’hui, la scène est emblématique, la photo qui circule énormément sur les réseaux sociaux dit quelque chose de notre République. Et s’il y a une leçon à tirer de cette sortie pédagogique, c’est la nécessité de beaucoup d’engagement et de travail pour que la laïcité soit comprise comme un espace d’épanouissement pour toutes et tous, et non un espace d’exclusion qui, pour le coup, trouble manifestement l’ordre public.
Mme E. et son fils ont aujourd’hui besoin d’un accompagnement  et d’une attention particulière portée à leur foi en la justice de notre pays. Nous ferons ce travail ensemble.

MRAP / SOSRacisme/ Ligue des Droits de l'Homme/ Collectif contre l'islamophobie en France/ Amnesty International Dijon/Union Juive Française pour la Paix/ Mouvement de la Paix