jeudi 17 octobre 2019
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DIJON : Les élus du Rassemblement National quittent la session du Conseil Régional pour protester contre la présence d'une femme avec un foulard

11/10/2019 17:33Imprimer l’article
Un coup d'éclat avec fracas... C'est ce que Julien Odoul et les élus du Rassemblement National ont réalisé en demandant le départ de l'hémicycle d'une femme musulmane venue avec un foulard.
Les élus de gauche, de la droite et du centre se sont indignés. Sophie Montel a fait de même.
ACTUALISE vendredi à 20h50 : Marie Guite Dufay et sa majorité ont publié un communiqué.
La reprise de l'après-midi est en général plutôt calme au Conseil Régional. Mais les élus sont vite sortis de la digestion ce vendredi 11 octobre. Julien Odoul, le patron du Rassemblement National a en effet exigé de la Présidente Marie Guite Dufay qu'elle demande à une femme venue avec un foulard, plutôt interloquée et tout sourire, de quitter l'hémicycle. Cette femme accompagnait un groupe d'enfants venus de Belfort. Julien Odoul a appuyé sa demande en évoquant le règlement intérieur et le principe de laïcité. Il a ajouté à sa demande que si elle n'était pas satisfaite que lui et ses amis quitteraient l'assemblée. Menace rapidement mise à exécution. L'ironie de l'histoire a voulu que la femme suive de peu, pour laisser la place à un autre groupe d'enfants. Le moins que l'on puisse dire c'est que cet épisode n'a pas été particulièrement glorieux devant des enfants venus découvrir la démocratie.


Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY et 
Jean-Christophe TARDIVON)

Marie-Guite Dufay

«La loi n’interdit pas les signes de discrimination dans les lieux publics, elle n'interdit pas les signes ostentatoires».


Gilles Platret

«Je regrette infiniment ce spectacle devant des enfants.
Je veux juste vous demander de regarder la pratique dans les assemblées nationales. Sans esprit polémique. Les enfants ont été pris en otage».


Jérôme Durain

«Le meilleur service qu’on puisse rendre à la démocratie c’est poursuivre nos travaux».


François Sauvadet

«D’abord je pense aux enfants et j’espère qu’ils auront une image quand même positive de la démocratie.
Il faut s’en tenir aux règles de droit. Les faits qui se sont produits sont d’une violence que je réprouve. Je propose que l’on adapte notre règlement intérieur aux règles de droit nationales».


Marie-Guite Dufay
«Notre règlement ne stipulait pas que cela puisse se produire».


François Sauvadet
«Appliquons ce qui s’applique dans les assemblées nationales».


Sophie Montel

«On vient de tendre une magnifique perche au Rassemblement National. Ca va se multiplier dans les prochains mois. C’est dégueulasse de s’en prendre à cette femme devant des enfants. Si vous modifiez le règlement intérieur, ils vont se targuer de l’avoir fait».


Marie-Guite Dufay
«Il y a une liberté à respecter et on ne doit pas être dans des positions outrancières».


Oéanne Charet-Godard

«Si on faisait un peu plus attention aux autres, on se serait aperçu que cette maman avait son enfant. Je réprouve les postures condescendantes».

Communiqué :
Halte au déferlement de la haine
La radicalité des propos et des comportements des élus d’extrême droite lors de la séance plénière du 11 octobre a dépassé toutes les limites.
Le président du groupe RN, Julien Odoul, a donné le ton de ses priorités pour la Région : racisme, discriminations et incitation à la haine.
Lors de cette session, les élus du Rassemblement National ont violemment pris à partie un groupe d’enfants de la maison de quartier du centre-ville de Belfort venus assister à la séance. La présence d’une mère de famille porteuse d’un foulard parmi les accompagnants a provoqué un déferlement de haine sans précédent. Devant les enfants, les enseignants et leur famille, les élus RN n’ont pas hésité à interpeller, stigmatiser et intimider violemment l’ensemble du groupe. Cette mère de famille a ensuite été, en dehors de l’hémicycle, directement prise à partie et a visiblement fait l’objet de menaces par une élue d’extrême droite.
Le Rassemblement National n’en était pas à sa première provocation. Dès le début de la journée, ils accusaient la FCPE de complaisance vis-à-vis de l’islamisme, accusaient également les services de la Région d’être gangrénés par l’islamisme radical. Toutes ces allégations sont fausses et diffamatoires. Plus tard, ils ont fait part de leur dégout au sujet d’une exposition contre le racisme, au sein du Conseil régional, exposition qui  mettait à l’honneur Martin Luther King. Tous ces actes démontrent la stratégie odieuse du RN d’alimenter la haine.
Ces comportements sont indignes d’élus de la République. Ils sortent du champ du débat démocratique. Nous les condamnons.
Les élus de la majorité régionale « Notre Région d’Avance » ne s’habitueront jamais aux outrances du Rassemblement National, qu’ils subissent séance après séance. Mais les faits qui se sont déroulés aujourd’hui sont d’une gravité extrême.
Les élus de la majorité régionale alertent les citoyens de Bourgogne-Franche-Comté sur le danger de tels comportements haineux et potentiellement violents. Ils condamneront toujours le racisme, la haine de l’autre et le repli identitaire. Le débat démocratique passe par la diversité des opinions, mais ce qui s’est passé à Dijon aujourd’hui sort largement du cadre de ce qui est acceptable.
La présidente Marie-Guite Dufay et les élus de la majorité tiennent à exprimer leur pleine solidarité avec les enfants présents, les accompagnants et les encadrants de la maison de quartier, et se réservent la possibilité de signaler ces faits au Procureur de la République et de porter plainte.
Les élus de la majorité continueront à défendre les valeurs de notre République : celles d’un débat démocratique maîtrisé et respectueux notamment de la laïcité, et de politiques réellement porteuses de mieux vivre ensemble sur tous les territoires.
Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté
Jérôme Durain, Président du Groupe « Notre Région d’Avance »
Les élus de la majorité régionale « Notre Région d’Avance »