samedi 18 août 2018
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Questions à...
A la veille de la reprise de la Ligue 1, à Montpellier pour les Dijonnais, le coach du DFCO a fait le point. L'état d'esprit, les changements dans l'effectif, Yoann Gourcuff, les blessés Balmont et Kwon, le jeu du DFCO, la vidéo en Ligue 1, etc, tout y passe.
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EDITO : Marie-Guite Dufay «en marche», mais arrière…

25/05/2018 14:43Imprimer l’article
Nous l'avions annoncé : Cette semaine serait celle de tous les dangers pour Marie-Guite Dufay, qui a calé en rase campagne avant de se mettre en marche arrière. Sa majorité, au-delà des apparences d’unité, est durablement ébranlée.
La décision de Marie-Guite Dufay de reculer sur la convention TER avec la SNCF est de nature à fragiliser durablement sa présidence à la tête de la Bourgogne – Franche-Comté.

Elle a cédé à un semble-il un quart de sa majorité – une douzaine d’élus selon nos informations -, alors même que la veille en conférence de presse, elle avait expliqué que les conditions de la mise en concurrence n’étaient certainement pas un problème. Y compris pour la SNCF qui pourrait se positionner et pourquoi pas rafler la mise sur la ligne TER qui n’est pas encore définie.
Cela avant de passer la marche arrière juste avant la séance, en annonçant l’enterrement de l’article 19.
Ce recul est incontestablement un camouflet pour elle et pour son 1er vice-président Michel Neugnot, en charge des questions de transport. Mais c’est aussi une victoire pour la composante la plus à gauche de sa majorité qui sera parvenue à mettre Marie-Guite Dufay à genoux et avec elle Michel Neugnot.
Sans doute que le contexte national, avec des grèves de 2 jours tous les 3 jours, a pesé dans l’approche finale du débat sur la convention TER et de son interprétation. Mais cette convention n’a-t-elle pas été, finalement, le prétexte, ou plutôt la bonne opportunité pour une partie de ses troupes, de vouloir et pouvoir se compter et montrer les muscles.
A vrai dire Marie-Guite Dufay comme Michel Neugnot ne croyaient pas vraiment au jusqu’auboutisme des «anti» «mise en concurrence» même édulcorée.
Ils étaient plutôt sur la ligne de croire qu’au dernier moment les «frondeurs» baisseraient pavillon et n’iraient pas au bout de leur logique, pour ne pas donner le sentiment d’une majorité divisée, pour ne pas dire éclatée.
Mardi (lire notre article), «creusot-infos» avait écrit que cette semaine serait celle de tous les dangers pour la Présidente de Région. Quand jeudi en fin de journée elle a été obligée de constater que des élus et sans aucun doute des vice-présidents iraient jusqu’au bout et ne voteraient pas la convention en s’abstenant ou en se prononçant contre, elle avait alors deux options.
Soit passer outre et accepter sans broncher les voix de la droite et du centre, au nom de la «modernité». Soit tenter de cicatriser les plaies qui s’ouvraient pour éviter de profonds et douloureux traumatismes, dans la droite ligne de ceux enregistrés à Montbéliard sur l’harmonisation des salaires.
Sans doute que la manif des cheminots devant le siège de la Région ce jeudi matin, a moins pesé que l’obstination d’élus socialistes ne voulant pas être associés à une quelconque concession, même minimaliste, au sujet de l’ouverture à la concurrence d’une ligne TER et d’une seule ligne.
Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des explications de texte formulées en assemblée, Marie-Guite Dufay a fait ce vendredi plusieurs gagnants : Ses amis frondeurs et membres de sa majorité, François Sauvadet et les troupes de la droite qui vont désormais pouvoir disserter à l’envie sur l’indice d’amour dans la majorité régionale ; Et évidemment le Front National qui va faire son miel des atermoiements du reste de l’assemblée, y compris de la droite qui n’a pas voté, après avoir dit qu’elle voterait.
Alors que la mi-mandat n’est encore pas là, les couteaux ont été sortis et ne sont pas rentrés. Car désormais Marie-Guite Dufay, si elle veut conserver une majorité unie, sait qu’elle devra faire des concessions quand poliment ou non cela lui sera demandé. Car ce vendredi, elle avait l’assurance d’une majorité étendue de la gauche modérée jusqu’à la droite. Elle n’en a finalement pas voulu pour que les clivages demeurent et pour ne pas brouiller les cartes. Un peu plus d’un an après s’être volontairement déclarée «En Marche» derrière Emmanuel Macron, ce qui avait irrité dans ses rangs, ce jeudi 25 mai 2018 elle a passé la marche arrière.
L’histoire dira s’il valait mieux qu’elle soit en marche avant, ou en marche arrière. Les frondeurs de sa majorité eux se frottent les mains. Ils ont bien réussi leur coup.
Alain BOLLERY