jeudi 12 décembre 2019
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ÉNERGIE : EDF engage tous les moyens pour aller vers un territoire bas carbone

29/11/2019 13:55Imprimer l’article
L'énergéticien prend sa part dans le défi bas carbone qui s'annonce. Hydraulique, hydrogène, biomasse, solaire, éolien... tout sera exploité pour atteindre l'objectif en diminuant les émissions de gaz à effet de serre. Les compétences de la filière nucléaire régionale devraient être aussi mobilisées.
Après avoir été «dans les starting-blocks» en 2019, l'énergéticien prévoit de «courir vite» en 2020 comme l'explique Yves Chevillon, délégué régional EDF, en faisant le point sur des thèmes d'actualité concernant l'énergie, l'économie et l'écologie.

La métaphore sportive s'impose puisque, au niveau national, EDF est partenaire «premium» des Jeux olympiques et paralympiques 2024. Une convention a été signée entre Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe EDF, et Tony Estanguet, président du comité d'organisation, le 19 novembre. Ce partenariat arrive après une polémique où Anne Hidalgo avait repoussé Total. À ce jour, l'autre partenaire «premium» est le groupe Banque Populaire Caisse d’Épargne. EDF ambitionne d'être fournisseur d'électricité et de gaz pour les installations olympiques de Jeux qui veulent s'inscrire dans la neutralité carbone.



«La révolution énergétique»


En Bourgogne-Franche-Comté, EDF produit déjà «une énergie 100% renouvelable» sur 28 sites (24 ayant recours à l'hydraulique, 2 à la méthanisation, un au solaire et un à l'éolien). En 2020, EDF veut aussi accélérer le développement de la mobilité électrique, de la production d'hydrogène décarbonée, de l'efficacité énergétique... Plutôt que de transition énergétique, Yves Chevillon préfère parler de «révolution énergétique» corrélée à une «révolution numérique» (lire notre article sur le financement de la transition énergétique facilité par la Région).

En faisant la démonstration de la dernière version de la Renault Zoé, le délégué régional explique que 2020 sera l'année de la mobilité électrique du fait des évolutions réglementaires portant sur les constructeurs automobiles concernant les niveaux d'émissions de CO2 (lire notre article sur le salon de la Mobilité verte durant la Foire de Dijon).

Bientôt des TER à hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté ?


Pour aller vers la neutralité carbone, Yves Chevillon vante l'hydrogène «vert» produit à partir d'électricité décarbonée. La Bourgogne-Franche-Comté étant une région pionnière en matière de production et d'usage de l'hydrogène. Avec sa filiale Hynamics, EDF est partenaire de la collectivité pour installer une station de production d'hydrogène à Auxerre.

Dans l'Yonne, un écosystème se mettra en place pour alimenter des bus dans un premier temps puis des TER dans un second temps. Le premier train à hydrogène en France pourrait circuler en Bourgogne-Franche-Comté. Dans trois ans, la géographie des sites de stations hydrogène devraient être connue.

«L'activité nucléaire est considérable sur notre territoire»


S'il n'y a pas de centrale nucléaire en Bourgogne-Franche-Comté, il y a une filière nucléaire, notamment en Saône-et-Loire avec le pôle de compétitivité nucléaire Nuclear Valley dont le siège est à Chalon-sur-Saône. Une filière importante pour l'emploi local. Sur les 4.700 salariés du groupe EDF en Bourgogne-Franche-Comté, 2.200 sont employés par Framatome (premier employeur industriel du département) et 1.800 par Enedis, filiales d'EDF. Chaque année, le groupe embauche 350 personnes dans la région, «et ça va continuer !» s'enthousiasme Yves Chevillon. Des électriciens bien sûr mais aussi différents métiers industriels.

«L'activité nucléaire est considérable sur notre territoire» selon Yves Chevillon, représentant 10.000 emplois directs et indirects sur tous les métiers, de la conception jusqu'au démantèlement. Avec le «grand carénage» et le «nouveau nucléaire», l'activité devrait encore connaître de beaux jours devant elle. «Même si la France décidait un jour d'arrêter le nucléaire, il y a aujourd'hui plus de 70 réacteurs en construction dans le monde donc nos amis de Framatome ne travaillent pas que pour la France» souligne l'énergéticien. En effet, les équipes de Framatome contribuent à la fabrication des composants des deux EPR d'Hinkley Point C au Royaume-Uni.

Vers 50% de nucléaire dans le mix électrique


Rebondissant avec humour sur les problèmes de soudure des carénages nucléaires, Yves Chevillon signale la difficulté à recruter des soudeurs malgré la rémunération. En 2018, Framatome n'a pas réussi à achever son plan de recrutement avec 70 postes qui sont restés vacants. Un soudeur sortant de formation est embauché «significativement au-dessus du SMIC».

Yves Chevillon constate la perte d'un savoir-faire faute de ne plus avoir mis en service de réacteur nucléaire depuis 2002. Il reste néanmoins confiant sur la filière nucléaire : l'EPR de Flamanville, «c'est un fiasco industriel, dont acte», mais «c'est un prototype» et «ça finira par marcher». Preuve en Chine avec les EPR de Taishan, «répliques de Flamanville déjà couplées au réseau».

La part du nucléaire est actuellement de 75% du «mix électrique» français. Dans la pratique, l'électricité représente 20% des consommations énergétiques (le reste étant du gaz, du charbon, du bois...). La loi de programmation de l'énergie prévoit une baisse de la part du nucléaire pour atteindre 50% du mix électrique en 2035. La production nucléaire sera plafonnée à 62,5 GW. Pour rester en dessous de ce plafond, il faudra fermer 13 réacteurs nucléaires dont le site de Fessenheim (Haut-Rhin). Les ouvertures de site pour rester au niveau du plafond ne sont pas encore définies.

«Les déchets des uns sont les ressources des autres»


Concernant la biomasse, l'unité Ecocéa de tri-méthanisation de Dalkia Wastenergy à Chagny (Saône-et-Loire) est exemplaire en France. «Les déchets des uns sont les ressources des autres». Les ordures ménagères de 360.000 habitants de l'est de la Saône-et-Loire et du sud de la Côte-d'Or sont valorisées. Depuis janvier 2015, 73.000 tonnes de déchets ont été traités et 28 GWh de biométhane injectés sur le réseau.

Toujours en Saône-et-Loire, la chaufferie biomasse du centre Hospitalier de La Guiche a été inaugurée le 21 novembre dernier. D'une puissance de 250 MW, la chaufferie a reçu le soutien de la Région ainsi que de fonds européens.

L'opérateur Dalkia exploite 91 km de réseau de chaleur dans la région (Dijon, Autun, Decize et Nevers). Sur Dijon, où les investissement se montent à 80 millions d'euros, le déploiement du réseau de chaleur se poursuivra jusqu'en 2025. La métropole a engagé des travaux en 2019 pour délivrer 25MW de chaleur fatale issue de de l'incinération des déchets ménagers. À ce jour 32.400 équivalents logements sont ainsi chauffés.
 

Seize hectares de panneaux solaires à Dijon-Valmy


Si EDF s'est mis plus tard que les autres sur le secteur de l'éolien, le groupe reste confiant dans le potentiel de développement au regard des ambitions de la Région en la matière afin de devenir «région à énergie positive» en 2050. EDF a un parc dans la Haute-Saône où il est question de changer les éoliennes. Deux projets sont prévus dans l'Yonne.

Concernant le secteur photovoltaïque, EDF met en avant le projet dijonnais de recouvrir de panneaux solaire l'ancienne décharge de déchets inertes du BTP dans le secteur Valmy. Cela concerne 16 hectares qui produiront de l'électricité pour 8.000 personnes à partir de 2021.

Le secteur particulièrement intéressant d'économie circulaire puisque c'est là que l'entreprise Rougeot a un projet de production d'hydrogène à partir de la cogénération de l'incinérateur, hydrogène qui alimentera des bennes à ordures dotées de pile à combustible, bennes à ordure qui collectent les déchets brûlés dans l'incinérateur.

Un autre projet solaire de 8,6 MWc est prévu à Lux. Yves Chevillon signale qu'EDF a choisi «de ne pas détruire de terres agricoles». En France, EDF souhaite développer 30.000 hectares de panneaux solaires correspondant à une production de 30 GW, c'est-à-dire, approximativement, l'équivalent de 20 réacteurs nucléaires récents.

Dans toute la France, pour EDF, la Bourgogne-Franche-Comté est la région qui a «le principal dynamisme en termes de développement du photovoltaïque». L'énergéticien surveille de près une vingtaine de projets de centrales solaires. En exploitation depuis 2012, la centrale solaire de Massangis (Yonne) fournit de l'électricité équivalant à la consommation de 26.000 habitants.

«Un fournisseur pas comme les autres»


Sur le plan de la consommation, elle continue de croître dans la région principalement à cause d'un habitat relativement ancien. «Il y a une vraie nécessité de rénovation énergétique» insiste Yves Chevillon, il y a «énormément de choses à faire en termes d'efficacité énergétique» via les certificats d'économie d'énergie.

L'électricien revendique de ne pas être «un fournisseur comme les autres» avec une part de marché de 80% chez les particuliers et de 60% chez les industriels. Les particuliers sont accompagnés en cas de difficultés avec leur facture. EDF a des «équipes solidarité» qui sont en contact avec les centres communaux d'action sociale (CCAS), des associations humanitaires et des structures de médiation sociale. En 2018, EDF BFC a versé 650.000 euros aux Fonds de Solidarité Logement correspondant à plus de 3.500 aides au paiement de factures d'électricité.

Jean-Christophe Tardivon


Le 28 novembre 2019, démonstration de la dernière version de la Zoé, une voiture électrique de Renault


Yves Chevillon est délégué régional d'EDF en Bourgogne-Franche-Comté


Le groupe met l'accent sur le recrutement dans toute la région


Objectif bas carbone pour l'énergéticien