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ÉNERGIE : La Région veut faciliter le financement de la transition énergétique

13/11/2019 12:55Imprimer l’article
La complexité qui entoure les opérations de rénovation énergétique est un des écueils pour les particuliers qui se lancent et les artisans chargés des travaux. Une conférence régionale des financeurs de la transition énergétique a eu lieu ce mercredi à Dijon pour aborder les enjeux d'ingénierie financière.
Le conseil régional avait donné rendez-vous ce mercredi 13 novembre 2019 aux différents financeurs de la transition énergétique pour une conférence régionale afin d'échanger sur le sujet. Les débats ont abordé deux volets de cette transition : la rénovation énergétique du bâti existant et la production d'énergies renouvelables.



La Région s'est fixé l’objectif pour 2050 de produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Pour ce faire, la Région souhaite une mise en œuvre rapide des solutions et une mobilisation massive de financements notamment privés.

«Subir les dommages du dérèglement climatique et de la hausse du prix de l'énergie» coûte cher


En introduction des débats, la présidente socialiste du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a rappelé que «la Région est très engagée depuis longtemps sur les questions de transition énergétique» avec aujourd'hui «une trajectoire qui est extrêmement ambitieuse». Pour cela, il existe un schéma et une stratégie régionaux ainsi qu'un «service public de l'efficacité énergétique» pour «franchir les obstacles» et accompagner les ménages souhaitant réaliser des travaux. De plus, le conseil régional est actionnaire dans trois sociétés d'économie mixte (SEM) produisant de l'énergie et dans Jurascic, une coopérative investissant dans des projets d'énergie renouvelable.

Selon Marie-Guite Dufay, «les besoins sont énormes» mais «la puissance publique ne peut pas seule» d'où la volonté de faire appel aux acteurs financiers afin de construire de nouveaux outils d’ingénierie financière publique-privée. Devant le préfet de Bourgogne-Franche-Comté Bernard Schmeltz, la présidente a salué «l'ambition affichée» de l’État de faire «en sorte que se coordonnent correctement les outils des collectivités et les outils de l’État».

La présidente de Région souhaite «engager une mobilisation collective de la puissance publique (l’État, la Région, les collectivités) et de tout ce qui peut venir de la sphère privée», ce qui implique «la mobilisation de l'épargne de nos concitoyens sur ces thèmes-là». Marie-Guite Dufay a reconnu que «ça coûte cher» en tempérant à l'égard des perspectives annoncées : «mais moins cher que de subir les dommages du dérèglement climatique et de la hausse du prix de l'énergie».

«Une forme de retour sur le pouvoir d'achat»


La première table-ronde a concerné l'optimisation du financement de la rénovation du parc résidentiel. En introduction, Pierre Grosset (conseiller régional délégué à l’habitat, l’efficacité énergétique et à l’économie circulaire) a vanté le dispositif Effilogis qui «permet d'obtenir des conseils, de réaliser des audits, de bénéficier d'aides financières pour accompagner [les] projets et atteindre le niveau Bâtiment Basse Consommation-Effinergie (BBC-Effinergie)».

De nouvelle offres de financement sont à déployer pour faciliter l'accès au dispositif Effilogis comme l'avance de trésorerie des ménages proposé par la caisse régionale Provicis représentée ce jour par Florence Mori (directrice Procivis Bourgogne Sud Allier).

La rénovation énergétique est un enjeu économique majeur puisqu'elle représente 55% des 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires du bâtiment. Selon Pierre Grosset, «le nombre de dossiers qui viennent de l'habitat social sont de plus en plus nombreux» même si «aujourd'hui, l'objet est essentiellement au niveau de la maison individuelle».

Parmi les différentes façons d'aborder un projet de rénovation énergétique, Pierre Grosset a constaté que «60% des ménages qui font un audit font des travaux sans atteindre le niveau BBC». Une approche «BBC par étapes» or, «les étapes, c'est perdre du temps» d'après le conseiller régional car «moins on consomme, mieux on consomme c'est aussi une forme de retour sur le pouvoir d'achat». Il a aussi attiré l'attention sur l'importance du choix de matériaux biosourcés pour réaliser les travaux.

«Un facteur de développement énergétique pour les territoires»


Pour sa part, Alfredo Morais (président de la CAPEB Bourgogne-Franche-Comté) a regretté la suppression du prêt à taux zéro et la réduction d'intervention de l'Agence national de l'habitat : «ce ne sont pas des signes forts pour la rénovation énergétique». Il a aussi demandé que «les banques aillent plus vite pour accorder un prêt» car «les artisans doivent être payés rapidement». Comme Bernard Laborey (président de la FFB Bourgogne-Franche-Comté), Alfredo Morais a fustigé «le mille-feuille administratif».

Philippe Maire (directeur immobilier logement Crédit Agricole Franche-Comté) représentait les acteurs du système bancaire et a signalé que «toute la profession est sensible à l'enjeu de la rénovation énergétique» vue comme «un facteur de développement énergétique pour les territoires».

Néanmoins, «pour promouvoir la transition énergétique, il faut que l'on soit plus imaginatif». Par exemple, une évolution législative pourrait être nécessaire afin d'octroyer une personnalité juridique aux copropriétés immobilière afin de «faciliter le financement».

Le directeur du Crédit Agricole n'a pas défendu le prêt à taux zéro, bien au contraire. Selon lui, le PTZ, «c'est la triple peine» : le client n'est pas satisfait, la banque mobilise des ressources spécifiques pour certifier le PTZ et se retrouve souvent pénalisée par l'organisme de l’État chargé du suivi.

«Une mixité forte des énergies»


Un peu plus éloignée des problématiques des particuliers, la seconde table-ronde s'est intéressée au long terme avec l'enjeu de l'énergie positive en 2050 :  comment financer le développement de projets d’énergies renouvelables d’intérêt territorial ?

Sont intervenus Frédérique  Colas (vice-présidente  en  charge  de  la  transition  écologique et de l’environnement, Myriam Normand (directrice SIDEC du Jura, SEM EnR Citoyenne), Mathieu Goddefroy (directeur Fonds Terra Energie), Antoine Bréhard (directeur régional Banque des Territoires), Romain Salomon (coordinateur domaine énergies renouvelables Crédit Agricole Franche-Comté), Stéphane Clerget (délégué territorial BPI Franche-Comté) et Francis Viennet (responsable Financements Spécialisés Caisse d’Epargne Bourgogne-Franche-Comté).

L'objectif de la région a été rappelé par Frédérique Colas : atteindre 98% de la consommation provenant de sources renouvelables, dont 74% en production locale, ce qui implique «une mixité forte des énergies». Les enjeux financiers débattus par les intervenants sont importants puisque, sur trente ans, les investissemets devraient représenter 15 milliards d'euros pour le solaire photovoltaïque, 15 milliards d'euros pour l'éolien et 1,6 milliards pour la méthanisation.

Jean-Christophe Tardivon