lundi 20 novembre 2017
Questions à...
Un an après son élection, le premier secrétaire de la section PS de Dijon revient sur l'année écoulée et parle de l'avenir dans une longue interview accordée à Infos-Dijon : l'échec du PS aux élections présidentielles et législatives, le processus de refondation du parti, la concurrence de La France Insoumise, la politique de La République en Marche, ou encore la mairie de Dijon… Tous les sujets sont abordés, sans langue de bois.
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

FOIRE DE DIJON : Le futur de la vigne passe par Dijon

12/11/2017 16:48Imprimer l’article
Le vin de Dijon retrouvera-t-il bientôt ses lettres de noblesse ? Qualité, reconnaissance, rayonnement ? C'est ce qu'espère Dijon Métropole. Pour le dernier jour de la Foire internationale et gastronomique, le salon Vinidivio a fait la part belle aux vins du Dijonnais en pensant au futur.
Depuis la Saint-Vincent tournante des Climats de Bourgogne en 2012, depuis l'achat du domaine de la Cras par l'agglomération - devenue Dijon Métropole - en 2013, depuis le lancement de la Cité internationale de la gastronomie et du vin en 2016, le vin prend de l'ampleur dans la cité des ducs de Bourgogne. Selon les propres mots de François Rebsamen (président de Dijon Métropole), «nos vins constituent déjà (…) un atout pour la notoriété et le rayonnement internationaux de la métropole». Les touristes associant la Bourgogne au vin, Dijon se doit donc d'avoir suffisamment de vins de qualité à leur proposer lors de leur séjour.

Lire notre article sur le vignoble dijonnais et la politique incitative de la ville

Pourtant la Motte Giron, Talant... ça ne sonne pas en «vin» aux oreilles contemporaines. Dans dix ou vingt ans, cela aura peut-être complètement changé. Des vignerons connus comme François Chaveriat (Chantal Lescure), Philippe Chautard (Louis Picamelot), Virginie Bernard (clos Saint-Louis) ou encore Jean-Yves Bizot (domaine Bizot) étaient ce dimanche au salon Vinidivio pour dire qu'ils s'inscrivaient pleinement dans la démarche de renaissance du vignoble dijonnais.

Objectif AOC


Certes, le vin de Dijon existe déjà (bourgogne Montre-Cul, coteaux de Dijon...) mais de façon trop confidentielle. L’appellation d'Origine Contrôlée «côte de Dijon» est à présent en ligne de mire afin de marquer le retour de la capitale de Bourgogne parmi les grandes villes du vin que sont Beaune et Nuits-Saint-Georges. Première étape pour parvenir à cela, maîtriser le foncier. C'est fait. Deuxième étape, choisir des vignerons engagés dans le développement durable. Troisième étape, replanter sur des sols qui avaient été délaissés par les viticulteurs et, parallèlement, sélectionner des plants adaptés au changement climatique.

Dijon compte faire vite et bien. Gérard Ferrière (directeur du Jardin des sciences de Dijon) a expliqué à Infos-Dijon comment la métropole allait procéder : «Le vignoble de Dijon est en pleine expansion, en pleine reconstruction de façon originale. Sur Dijon Métropole, il y a plus de 300 hectares de terres classées en zone AOC avec des sols variés et qui offrent des terroirs très intéressants pour la vigne. Dijon Métropole maîtrise le foncier. Ça permet d'installer des viticulteurs, soit des jeunes avec des modèles économiquement viables, soit des viticulteurs qui ont déjà des domaines connus mais qui veulent varier leur palette.»

Innover face au changement climatique


Cette approche se fera en respectant des critères de développement durable selon le directeur du Jardin des sciences : «Dijon Métropole veut aussi des vignes respectueuses de l'environnement. Tous les vignerons qui sont installés sont en bio, parfois en biodynamie, avec des vins naturels ou au minimum avec une certification Haute Valeur Environnementale. Pour doubler cela, il y a des observatoires pour montrer que les traitements n'ont pas d'effet sur les pollinisateurs sauvages ou domestiques comme les abeilles».

Pour affronter les défis agricoles imposés par le changement climatique, les différents acteurs du projet vont devoir innover. Tout d'abord, des conservatoires de cépages anciens ou rares sont en train d'être installés avec des professionnels (Chambre d'agriculture, Association Technique Viticole de Bourgogne...). La vigne de demain, elle, est en partie à inventer. Les sélections génétiques de populations de plants se font par clonage, ce qui conduit à une certaine stabilité, voire à un enfermement selon Gérard Ferrière. Néanmoins, dans une population de 10 000 plants, certains individus évoluent et développent des caractères propres. Il s'agit de les isoler pour favoriser la diversité : «on a des individus qui mutent naturellement, qui vont présenter des caractères complètement différents et intéressants (degré de maturité plus long, degré d'acidité plus élevé, etc.). Par rapport aux enjeux actuels de l'évolution climatique, on a besoin d'avoir des individus nouveaux, placés dans des conservatoires sur cinq hectares où ils sont testés. Après, ils vont produire des vignes mères de greffons pour la profession.»

Vers de nouveaux paysages


Ces nouvelles vignes péri-urbaines modifieront les paysages dijonnais. Dans le quartier de la Fontaine-d'Ouche, les Marcs d'Or vont être complétés. Entre les combes, les céréales de la Rente Giron laissent déjà leur place à des vignes. Les coteaux de Talant s'orienteront vers la production de crémants. Dans le quartier des Bourroches, les Valendons seront l'objet de nombreuses attentions car ils présentent un beau potentiel avec des expositions intéressantes. Le plateau de la Cras sera largement développé, certains sols et expositions se rapprochant des hautes côtes de Nuits. Selon nos informations, un vigneron du Bordelais, après avoir examiné des parcelles du plateau, a même souhaité candidater auprès de la métropole pour participer à l'aventure.

À ce jour, quinze vignerons sont pressentis pour l'ensemble de la métropole. Une trentaine d'hectares devraient être plantés dès 2018 avec l'objectif d'arriver aux trois cents hectares dans quelques années. Dès cet hiver, la métropole travaillera sur le dossier avec l'espoir d'obtenir une AOC « côte de Dijon » à moyen terme.
Jean-Christophe Tardivon