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GREVE A LA SNCF : «Ce n'est pas en déshumanisant les gares et trains que l'on rendra service aux usagers»

25/04/2017 17:36Imprimer l’article
Près de 200 personnes ont manifesté ce mardi matin devant la direction régionale SNCF Mobilités, à Dijon, à l'appel des syndicats Sud Rail et CGT Cheminots. Ils protestent contre les orientations de la future Convention TER qui se négocie entre la SNCF et le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté.
Les cheminots de Bourgogne-Franche-Comté sont inquiets et le font savoir. «Les orientations de la prochaine convention TER Bourgogne-Franche-Comté nous font craindre pour l'avenir de nos métiers et pour l'état futur du service public» explique Alexandre Vogel, élu CE pour SUD Rail. «Le prochain contrat qui liera le Conseil Régional et la SNCF prévoit que 10% des lignes TER de la région seront ouvertes à la concurrence en 2021. La ligne Dijon-Nevers est ciblée par ce dispositif, mais également les lignes du Morvan, Auxerre-Avallon, Clamecy-Corbigny, Etang-Autun ainsi que la ligne des hirondelles, Dole-Saint-Claude. Que vont devenir les cheminots, conducteurs, contrôleurs, etc, de ces lignes ?»
Les technicentres, consacrés à la maintenance du matériel, seront eux-aussi ouverts à la concurrence entre 2021 et 2023, comme ce fut annoncé lors de la séance plénière du Conseil régional du 31 mars dernier.

Les fonctions de sécurité retirées aux contrôleurs


Mais les inquiétudes ne concernent pas que l'ouverture à une concurrence privée. Les réseaux de distribution et de vente, donc les guichets, «qui représentent une centaine d'emplois en Bourgogne-Franche-Comté, vont également disparaitre ou être externalisés». Autre sujet de discorde entre les employés et la direction, les «équipement agent seul» (EAS), les trains sans contrôleurs, qui seront expérimentés à hauteur de 97 trains par jour dès le 2 juillet prochain. «Dans ce cadre, on va retirer aux contrôleurs leurs fonctions annexes, comme la sécurité et l'accompagnement des voyageurs» s'indigne Alexandre Vogel. «Nous réclamons d'autres orientations à cette future convention entre la SNCF et le Conseil Régional. Ce n'est pas en déshumanisant les gares et les trains que l'on rendra service aux usagers».

Pas de discussion


«Pour l'instant, la direction ne nous répond pas» poursuit Jean-Christophe Gossart, responsable régional de la CGT-Cheminots. «On nous dit que nous devons nous restructurer, et que c'est le donneur d'ordres, en l'occurrence le Conseil Régional, qui décide. Mais la suppression des contrôleurs, par exemple, est une proposition de la SNCF au Conseil Régional. Le 10 février, nous avons fait une demande d'audience régionale à Marie-Guite Dufay, la présidente du Conseil Régional, mais nous n'avons toujours pas eu de réponse à ce jour».
Nul doute que les actions devraient donc se poursuivre, en l'absence de dialogue, durant les semaines et mois à venir.
Nicolas Richoffer


 
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