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JEAN-MICHEL BLANQUER A DIJON : «Nous devons enclencher un cercle vertueux de l'optimisme vis-à-vis de l'école»

09/11/2018 18:29Imprimer l’article
Le Ministre de l'Education nationale était à Dijon ce vendredi, au collège du Clos de Pouilly, pour faire le point sur le dispositif Devoirs Faits. Mais il s'est aussi rendu à l’école élémentaire Jean-Baptiste-Lallemand, victime de tirs à la carabine à plomb ce jeudi. Reportage.
Le ministre de l'Education Nationale a fait un court passage à Dijon, ce vendredi après-midi. Un passage consacré essentiellement au dispositif «devoirs faits», lancé en novembre 2017, et qui entame donc sa deuxième année.


Pour autant, le programme du ministre a été quelque peu modifié, du fait de l'actualité.

«Il est important que les professeurs et les parents sentent le soutient de l'institution»


En effet, ce jeudi après-midi, les vitres de la cantine de l’école élémentaire Jean-Baptiste-Lallemand, dans le quartier de la Fontaine d'Ouche, ont été la cible de tirs avec une arme à plombs. Une enquête de police est en cours, et si on n'en sait pas plus pour l'instant, le ministre a tenu a se rendre sur place dès son arrivée en début d'après-midi pour constater les traces, discuter avec la direction de l'école, et «apporter [son] soutien à l'équipe» a-t-il confié : «il est important que les professeurs et les parents sentent le soutient de l'institution dans ce type de circonstances» a-t-il confié après la visite. Jean-Michel Blanquer était accompagné du préfet, Bernard Schmeltz, de François Patriat, sénateur, et de Didier Martin, député.

Il s'est ensuite rendu à l'université de Bourgogne pour un séminaire avec le président de monde de l'Education Nationale, et notamment les deux recteurs, qui portait sur la réforme des lycées. Un séminaire qui n'était pas ouvert à la presse, contrairement à la séquence suivante.

«Entendre les échos du terrain»


En effet, le ministre de l'Education nationale était ensuite attendu au collège du Clos de Pouilly, à Dijon, pour une visite sur le thème du dispositif Devoirs Faits. Pour lui, c'est l'occasion «d'entendre les échos du terrain».
Depuis novembre 2017, il est proposé aux collégiens, dans leur établissement, un temps d’étude accompagnée pour réaliser leurs devoirs avec l'aide d'un professeur, volontaire. Cette étude est gratuite et basée sur le volontariat des élèves (et/ou de leurs parents). Devoirs faits s’amplifie en 2018-2019 et c'est dans ce cadre que le ministre a visité le collège, à la rencontre de professeurs, d'élèves et de parents d'élèves.

Il était entouré ce jours du préfet, Bernard Schmeltz, de la rectrice de l'académie de Dijon, Frédérique Alexandre-Bailly, du sénateur François Patriat, des députés Didier Martin et Rémi Delatte, de Stéphane Guiguet pour le conseil régional, de Charles Barrière pour le conseil départemental et d'Anne Dillenseger pour la Ville de Dijon.

Il a été accueilli peu après 15h15 par le principal de l'établissement, Patrick Geantot, puis s'est dirigé vers les salles de classes où il a rencontré des élèves qui participaient à cette heure d'étude afin de recueillir des témoignages sur le dispositif. Célia Neto, professeur d'histoire-géo, a expliqué le fonctionnement de ces heures, et les élèves ont livré leur ressenti au ministre.

«Les parents ne sont pas toujours disponibles pour ça à la maison»


«Je trouve que c'est une bonne chose car ça nous permet de nous débarrasser des devoirs avant le week-end» lance le premier. «On se fait aider par des professeurs, c'est mieux pour nous car les parents ne sont pas toujours disponibles pour ça à la maison» explique un second. Rien que le ministre ne sache, puisque c'est l'essence même de l'opération. Mais ce témoignage a au moins le mérite de montrer que les enfants eux-mêmes ressentent les avantages de Devoirs Faits. C'est d'ailleurs ce qui est ressorti d'un échange avec des adultes, professeurs, surveillants, parents d'élèves, etc, organisé un peu plus tard, après un rapide passage au CDI de l'établissement.

«Il est important que le dispositifs Devoirs Faits soit approprié par les enseignants»


Et si le dispositif génère globalement une satisfaction générale, trois bémols ont été pointés à l'attention du ministre : le premier, le plus important, concerne le fait que les parents des enfants les plus en difficulté n'inscrivent pas suffisamment leurs enfants, n'en ont pas forcément l'idée ou n'en voient pas l'intérêt. Un «sujet essentiel» selon le ministre, «auquel on se doit d'être attentif» reconnaît-il, soulignant toutefois que «le volontariat reste un élément fondamental du dispositif. C'est pourquoi il faut que l'on pousse, par divers moyens, les parents à y inscrire les enfants. C'est aussi une question de justice sociale».

L'an prochain, Devoirs Faits «montera en puissance», et c'est pourquoi le ministre a besoin de mieux cerner ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins. Ce dispositif poursuit des buts directs, «comme l'aide aux devoirs et l'élévation générale du niveau», mais aussi des objectifs indirects, comme «l'amélioration de la relation parents/enfants à la maison, et du climat général». Ainsi, «il est important que le dispositifs Devoirs Faits soit approprié par les enseignants et qu'il soit souple» précise-t-il. «Nous devons enclencher un cercle vertueux de l'optimisme vis-à-vis de l'école» a-t-il conclut, comme une profession de foi.
Nicolas Richoffer
Photos N.R.