samedi 23 février 2019
Questions à...
Le président de la fédération de commerçants Shop In Dijon multiplie les rendez-vous à tous les échelons politiques pour obtenir de l’aide. Il tire la sonnette d’alarme : «si le mouvement des Gilets Jaunes perdure, ce sera une catastrophe». «On est en moyenne à moins 40% de chiffre d’affaire en décembre et janvier» confie-t-il dans une interview à Infos-Dijon.
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Marie-Guite Dufay dévoile le contenu du «ticket mobilité» que la Bourgogne – Franche-Comté va lancer

24/01/2019 03:15Imprimer l’article
A qui s’adressera-t-il ? Marie-Guite Dufay dit tout dans une interview à Infos-Dijon. Avant de présenter ses objectifs à Elisabeth Borne, ministre des Transports, vendredi à Montbard ; dont «trois expérimentations pour le covoiturage avec MOBIGO, dont une en Côte-d’Or».
Elle attaque l’année 2019 pied au plancher. Pas pour se faire prendre au radar ! Mais Marie-Guite Dufay a cependant été repérée par les radars scrutant tout ce qui peut redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs pauvres, comme ils sont qualifiés depuis que l’hexagone vit au rythme du mouvement des gilets jaunes.
La Présidente de Région et son exécutif veulent agir au bénéfice du pouvoir d’achat les plus modestes. Marie-Guite Dufay a imaginé un «ticket mobilité», dont l’idée est remontée jusqu’au sommet de l’Etat. C’est la première raison de la venue en Côte-d’Or d’Elisabeth Borne, ce vendredi 25 janvier, ainsi qu’Infos-Dijon l’a annoncé en exclusivité le 18 janvier.
La Ministre qui au départ devait se rendre à Dijon et à Montbard, ne se rendra finalement que dans la région de Montbard, en passant par Semur-en-Auxois pour une rencontre échange dans un collège. Cela avant une réunion à Montbard au sujet des problématiques de mobilité dans la ruralité. Une réunion au cours de laquelle Marie-Guite Dufay, la Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, sera en première ligne.
Avant ce grand rendez-vous, Madame Dufay s’est confiée à Infos-Dijon. Pour parler mobilité mais pas seulement.

Pourquoi voulez-vous mettre en place un ticket mobilité ?
MARIE-GUITE DUFAY : «D’abord je tiens à rappeler que j’avais annoncé, en séance plénière, que nous avions collectivement la responsabilité d’agir sur le levier du pouvoir d’achat. J’avais clairement dit que je voulais travailler au bénéfice des gens et des territoires où il n’y a pas de service de transport. C’est d’ailleurs ce qui a été le point de départ du mouvement des gilets jaunes qui ont pointé un facteur d’inégalité.
En ce sens, j’ai décidé de mettre autour de la table des organisations syndicales mais aussi les organisations patronales, avec notamment le MEDEF et la CPME. Et puis j’ai appris que la Ministre des Transports voulait les réunir à Paris. Comme nous avons en Bourgogne – Franche-Comté le projet d’un ticket mobilité sur le même principe que le ticket restaurant, la Ministre a décidé de venir sur le terrain, à Montbard, pour nous rencontrer».

Comment se présentera ce «ticket mobilité» et à qui s’adressera-t-il ?
«Je pense que le temps est venu de mettre en place, dans les entreprises, un ticket mobilité qui serait déchargé et défiscalisé. L’idée est d’aider les petits salaires dans les zones où il n’y a pas, ou peu, de transports. Ils pourraient bénéficier aux salariés qui touchent jusqu’à 1,2 ou 1,3 fois le SMIC ; Et demeurant à 30 km ou plus de leur travail. Cela sur la base d’un fond public/privé. Le choix de Montbard est de voir comment on peut aborder la question de l’absence de transport sur un territoire donné. Le débat portera essentiellement sur la mobilité, avec aussi un avenant au contrat de plan Etat/Région».

Quand la Région votera-t-elle le dispositif ?
«Ses contours restent à définir. Mais je compte bien proposer le vote du ticket mobilité à l’assemblée plénière du printemps. Mais nous avons aussi d’autres projets».

Lesquels ?
«Nous voulons expérimenter une plateforme de covoiturage, avec MOBIGO, sur trois territoires ruraux. A savoir les secteurs de Joigny dans l’Yonne, de Valdahon dans le Haut-Doubs et de Montbard et du Châtillonnais en Côte-d’Or. Nous voulons tester un covoiturage organisé et conventionné publiquement.
Troisièmement, nous voulons aussi agir sur les troisièmes couronnes d’agglomération, où là aussi il y a peu ou pas de transports publics, en impulsant les créations d’aires de covoiturage.
Enfin, nous allons organiser une journée citoyenne sur le thème de la mobilité en milieu rural, avec des citoyennes et citoyens qui seront tirés au sort et représentant un panel. Ce sera fait avant le 15 mars».

Allez-vous parler TGV à la Ministre des Transports ?
«Oui ! La décision de supprimer un arrêt n’est pas acceptable pour Dijon. Et puis ce n’est pas acceptable, car c’est concrètement le début du contournement de la Région.
Je vais aussi parler à la Ministre du TGV Rhin-Rhône. C’est un sujet vital. Le dernier tronçon qui était estimé à 1 milliard, pourrait être de 700 millions. On a travaillé sur le sujet avec le Grand Est, mais aussi des études socio-économiques ont été menée. La vérité c’est que la SNCF n’a pas joué le jeu. Je vais donc demander un comité stratégique, mais aussi que le dernier tronçon de la ligne soit réintroduit dans la loi».

François Sauvadet ne vous a pas ménagée lors de ses vœux à la presse…
«Je constate que cela fait trois ans qu’il tient le même discours avec toujours les mêmes arguments. Contrairement à ce que Monsieur Sauvadet affirme ou espère, notre majorité, elle, tient, et nous avons la volonté de réussir et de tenir ensemble, en appliquant notre programme».

Que répondez vous aux accusations de favoriser à tour de rôle Dijon et Besançon ?
«Il faut que le Maire de Besançon fasse la promotion et s’appuie sur les atouts de Besançon qui ne sont pas ceux de Dijon. Il faut qu’il en joue comme Annecy a su le faire. Besançon est une très belle ville et très verte.
Dijon Métropole c’est une réalité et qui va grandir. Dans une région comme la nôtre, nous avons besoin d’une métropole.
Les contrats qui ont été signés par la Région avec ces deux villes, c’est pour les booster, pas pour aller dans leur sens».
Recueilli par Alain BOLLERY


 
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