lundi 09 décembre 2019
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Michel Neugnot : «En Bourgogne – Franche-Comté, 60 à 70% des trains sont sans contrôleurs»

21/10/2019 03:15Imprimer l’article
1er vice-président du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté, en charge des transports, Michel Neugnot réagit au mouvement à la SNCF, revendiqué «droit de retrait» qui a privé de trains TER des milliers de voyageurs vendredi et qui s’est poursuivi…
«Tout est fait pour que la sécurité soit assurée»
«Sur un Dijon – Nevers pas question de supprimer les contrôleurs»
«Dans les Ardennes c’était un accident de la route»
«C’est un mauvais procès de dire qu’il y avait une situation d’insécurité faute de contrôleurs»
Le «droit de retrait» invoqué par les cheminots était pour dénoncer l’absence d’un contrôleur dans un train qui a été accidenté. C’est nouveau ?
MICHEL NEUGNOT : «C’est un long débat que celui de la suppression des contrôleurs dans les trains. Mais ça existe depuis 10 ans. En 2014, en France, 40% des trains TER étaient sans contrôleurs. Actuellement on est à 80 %»



Y compris en Bourgogne – Franche-Comté ?
«Dans notre région, on est plutôt entre 60 à 70%. Mais au-delà de ces données chiffrées, il est important de dire que cela a été possible grâce à l’avancée des nouvelles technologies embarquées dans les trains et notamment dans les nouveaux TER, où les conducteurs bénéficient d’un système de surveillance avec des caméras. Avec aussi des numéros d’appel parfaitement identifiables dans les rames. Tout est fait pour que la sécurité soit assurée. L’évolution des technologies fait que l’on peut aborder de façon différente la mission des contrôleurs, pour ce qui concerne le contrôle des billets ou la sécurité».

C’est-à-dire ?
«Pour les billets, ce sont des équipes de contrôleurs qui de façon aléatoire interviennent au moment des montées, des descentes des voyageurs ou à l’intérieur des trains. Comme cela se passe sur les réseaux de transport urbain, comme par exemple pour les bus et les trams à Dijon. Comme pour le métro à Paris.
Aujourd’hui, dans les nouveaux trains TER, le conducteur a une vision sur ce qui se passe. Il peut être appelé, voir et faire intervenir la Police, les Pompiers, les Gendarmes. La sécurité est maintenue. Cela a été prévu dans la convention entre la Région et la SNCF. Cela est contesté par des organisations syndicales, mais pas toutes».

Comment cela se passe-t-il concrètement sur les lignes ?
«Il faut distinguer les voyages et les lignes. Sur un voyage court, par exemple un Dijon – Besançon, qui est de moins d’une heure, intervenir auprès d’une personne peut durer jusqu’à 30 minutes. Ce qui veut donc dire que le contrôle général des voyageurs n’est pas effectué».

Oui, mais il y a des lignes plus longues…
«C’est pris en compte. Par exemple, sur un Paris – Dijon – Lyon en TER, ou bien un Nevers – Le Creusot – Dijon, il n’est pas question de supprimer les contrôleurs.
On voit bien qu’on est sur une politique réfléchie en gardant les notions de qualité et de sécurité des personnes, avec le meilleur niveau de contrôle et de lutte contre la fraude. C’est ce que nous avons montré à la presse dans les nouveaux trains Régiolis».

Qu’est-ce qui a amené le mouvement de vendredi ?
«Il faut d’abord voir la source du conflit : Dans les Ardennes un camion d’un convoi exceptionnel s’est retrouvé coincé à un passage à niveau ; entrainant une collision. On sait que les passages à niveau sont les points sensibles du réseau. L’accident qui a eu lieu est d’ailleurs assimilé à un accident de la route. Car ce qui est arrivé est plus lié à des circonstances de la route, qu’à des circonstances de trains que sont des chocs avec des gibiers, des arbres tombés, des suicides».

Que pensez-vous du droit de retrait revendiqué et exercé vendredi ?
«On peut déjà remarquer qu’il est contesté par la SNCF. La justice passera. Le droit de retrait peut s’exercer quand il y a danger pour le personnel. On ne va pas rentrer dans le débat, ce n’est pas à nous de le juger. Je remarque que s’il y avait eu un contrôleur, lui aussi aurait pu être blessé ou handicapé comme d’autres voyageurs. Il faut être clair : Les blessés ont été pris en charge. C’est un mauvais procès de dire qu’il y avait une situation d’insécurité faute de contrôleurs. Je suis choqué par ce raisonnement. Et je le dis : Partout où il y a eu des droits de retrait, alors qu’il y a des contrôleurs dans les trains, alors ce droit de retrait ne peut pas être accepté».

Qu’attendez-vous maintenant ?
«Il faut que la SNCF montre comment se passent les choses dans les trains où il n’y a pas de contrôleurs. Quand il y a une grève, avec un préavis, les choses sont encadrées. On peut prévoir 24 heures avant les meilleures dessertes sur une ligne, en sachant qu’un conducteur n’est pas forcément habilité pour tous les trains. Par rapport à ce qui s’est passé vendredi, la FNAUT l’a dit : On a pris en otage les usagers et l’organisation de la SNCF. Ce que je souhaite, c’est que le dialogue existe. J’en appelle au dialogue et à la raison. S’il y a le moindre risque, il faut modifier les procédures et les adapter. Mais on ne peut pas remettre en cause quelque chose qui est inéluctable. Les travaux menés en gare de Dijon sont pour une mise en œuvre des nouvelles technologies, pour un meilleur service, pour une meilleure régulation des trains. A Paris, la ligne de métro qui pose le moins de problèmes, c’est la ligne 14 et elle est automatique. Sur les TGV, avec les nouvelles technologies, on va pouvoir avoir 3 à 4 trains de plus. Ca permet d’éviter la construction d’une ligne supplémentaire. Ce qu’il faut c’est expliquer les choses. Avec l’objectif d’améliorer la qualité du service public».
Recueilli par Alain BOLLERY

NDLR : L’interview de Michel Neugnot a été réalisée samedi après-midi.