jeudi 19 septembre 2019
Le mosaïste a ajouté Dijon à la longue liste des villes du monde qui hébergent ses oeuvres. Il en a fixé six sur des façades du centre-ville.
Découvrez notre carte Google pour retrouver les six oeuvres.
Questions à...
La conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi témoigne de la volonté de la Métropole d’accompagner les acteurs du territoire pour favoriser la création d’emplois et «permettre un développement économique harmonieux et solidaire».
> Bourgogne - Franche-Comté > Bourgogne - Franche-Comté

POUVOIR D'ACHAT : 15 millions d'euros d'aides régionales pour les stagiaires de la formation professionnelle

01/04/2019 03:15Imprimer l’article
À l'unanimité, les conseillers régionaux ont voté ce vendredi des aides individuelles nouvelles afin de faciliter l'entrée dans une formation professionnelle. Certains stagiaires sont amenés à abandonner une formation parce que les frais induits deviennent trop lourds à supporter. Des «inégalités» combattues par la vice-présidente Océane Charret-Godard.
Les mesures pour le pouvoir d'achat décidées par le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté se déclinent notamment dans le secteur de la formation professionnelle. Lors de la session plénière du 29 mars 2019, à Dijon, Océane Charret-Godard (vice-présidente en charge de la formation continue, des mutations économiques, du dialogue social territorial et de l’orientation) a présenté le détail du dispositif établi en concertation avec Pôle Emploi, la CAF ou encore les Missions locales.

Lutter contre l'abandon d'une formation professionnelle


Pour l'élue régionale, «il y a des rapports dans un mandat qui comptent. Il y a des rapports qui participent à réparer aussi les injustices, les inégalités. Il y a des rapports qui donnent du sens à l'engagement (…) et qui redonnent quelques lettres de noblesse à la politique». D'une manière générale, l'objectif de la Région est de contribuer à répondre aux Objectifs de Développement Durable édictés par l'ONU en rendant «accessible à chacun, et plus particulièrement aux demandeurs d'emploi qui font l'objet d'aides spécifiques, une grande diversité de formations qualifiantes ouvrant sur des emplois».

Les personnes concernées sont «les plus vulnérables, la moitié des chômeurs qui touchent moins de  500 euros par mois, un tiers des chômeurs qui ne touchent aucune indemnité. Ce sont des personnes à qui ont dit que la formation va leur permettre de trouver un emploi. On leur dit 'allez-y, formez-vous' mais vous gagnerez moins. Quand on est bénéficiaires du RSA et que l'on sait que quand on va partir en formation, on va toucher moins que lorsque l'on a le RSA, il y a des incohérences» selon Océane Charret-Godard.

Pour sa part, Franck Charlier (conseiller régional délégué à l'apprentissage) a dit espérer que cela allait modifier la façon de considérer la formation professionnelle : «s'il faut se poser en permanence la question de 'comment je fais faire pendant les un mois, deux mois, six mois de formation... pour vivre et faire vivre ma famille, je refuse d'aller en formation', c'est cet enjeu-là qui est travaillé à travers ce défi».

200 euros d'aide forfaitaire pour 15.500 bénéficiaires


Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional,  revendique que la Bourgogne-Franche-Comté est la première région de France à actionner ces leviers. Premier levier explicité par sa vice-présidente : «la création d'une aide de 200 euros parce qu'en on entre en formation, il y a des frais auxquels on n'avait pas forcément pensé (la garde d'enfant, l'achat de matériel, etc.). Aujourd'hui, la rémunération intervient en moyenne huit semaines après le début de la formation, ce n'est plus acceptable» pour Océane Charret-Godard. Autre levier sur la rémunération des stagiaires de 16 et 17 ans, dont l'aide passera de 130 à 455 euros. Le seuil de rémunération des demandeurs d'emploi passe d'environ 300-400 euros, selon les cas, à 650 euros. Troisième axe : l'aide à la mobilité passe de 33 euros à 99 euros par mois au-delà de 15 km. La vice-présidente «fait le pari que cela va avoir un impact sur la qualité de la formation, sur le taux de rupture, sur le taux d'abandon».

Durant les débats, le Rassemblement National a réagi par la voix de Stéphane Montrelay : «enfin une mesure pour le pouvoir d'achat !». Une mesure jugée insuffisante puisque le RN a déposé un amendement pour porter l'aide forfaitaire de 200 à 300 euros. Cet amendement a été rejeté par la majorité et certains non-inscrits, l'opposition républicaine de droite et du centre ne prenant pas part au vote.

Un dispositif national datant de 1989


C'est dans le cadre du Pacte Régional d'Investissement dans les Compétences (PRIC) qu'il est prévu de créer ces aides financières nouvelles pour les stagiaires de la formation professionnelle et de faire évoluer les mesures existantes. Les aides en question représentent une intervention supérieure à ce qui est prévu nationalement dans le Code du Travail. La rémunération des stagiaires de la formation professionnelle et la prise en charge des frais annexes est fixée au niveau national par décret. Le dernier, le n°2002-151, remonte au 23 décembre 2002, applicable depuis le 1er janvier 2003. Le décret concernant l'indemnité transport remonte, lui, au 1er avril 1989. Pour suivre le nouveau dispositif régional, l'instruction des dossiers sera déléguée à un prestataire et la Région assure que ces aides feront «l’objet d’évaluation pour mesurer notamment l’impact de ces mesures sur les entrées et le maintien en formation des personnes les moins qualifiées». Au-delà de l'implication budgétaire, la Région œuvre pour inciter à une actualisation du Code du Travail.

L'augmentation des rémunérations devrait concerner 10.800 bénéficiaires pour un montant global de 11 millions d'euros en année pleine. Le triplement de l'indemnité transport concernera les déplacements compris entre 15 et 250 km ; cette bonification devrait intéresser 2 000 bénéficiaires pour un montant de 640.000 euros en année pleine. Un octroi d'un complément de rémunération sera effectué sous la forme d'une aide forfaitaire de 200 euros à l'entrée dans certaines formations agréées à la rémunération ou à la protection sociale ; la Région souhaite ainsi « permettre le financement de nouveaux frais liés à l’entrée en formation, notamment déplacement, garde d’enfants... ». Cet octroi devrait s'appliquer à 15.500 bénéficiaires pour une enveloppe de 3,1 millions d'euros en année pleine. Soit, en tout, 15 millions d'euros par an de soutien au pouvoir d'achat de ces stagiaires.

Jean-Christophe Tardivon