lundi 09 décembre 2019
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RÉGION : Marie-Guite Dufay dénonce «l'assimilation musulmane-islam-terrorisme»

14/11/2019 14:25Imprimer l’article
Lors de la traditionnelle conférence de presse d'avant session plénière, la présidente socialiste de la Région est revenue sur l'incident du 11 octobre dernier concernant une accompagnatrice scolaire vêtue d'un foulard. Par ailleurs, elle a répondu aux polémiques au sujet des projets de Center Parcs et de réserves d'eau.
À la suite de l'esclandre provoqué par le leader du Rassemblement National en session plénière le 11 octobre dernier, la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a expliqué avoir «rassemblé les éléments de notre côté pour faire un signalement au procureur». Ce jeudi 14 novembre 2019, c'est en conférence de presse préparatoire à la session de vendredi que Marie-Guite Dufay a tenu à revenir sur l'incident (lire notre article du 11 octobre).



Pour effectuer ce signalement au procureur de la République de Dijon, la présidente a recueilli la parole de l'accompagnatrice visée par Julien Odoul du fait de son port d'un foulard sur les cheveux. Elle a aussi interrogé les agents du conseil régional et son entourage qui avaient mentionnés. «Le procureur est en contact avec nous» principalement pour étayer la plainte de la dame a-t-elle expliqué. Quant au signalement par la Région, «il y a besoin de délai, ça se travaille». En revanche, le collaborateur de Julien Odoul n'est pas concerné par cette démarche.

«Sur la question du voile, le législateur a tranché, la loi est claire»


Reprenant le fil de la journée, Marie-Guite Dufay est revenu sur les propos du matin de Julien Odoul qu'elle cite : «les services de la région qui se vautrent dans l'islamisme rampant». Elle a expliqué ne pas avoir réagi à ces premières paroles pour ne pas «commencer l'assemblée par un esclandre». L'après-midi, Marie-Guite Dufay le reconnaît : «nous avons été débordés».

Concernant l'effervescence médiatique et politique consécutive à cet incident en séance et au départ des élus du Rassemblement National de l'assemblée régionale, Marie-Guite Dufay regrette «l'hystérie qui s'est emparée du débat public». Elle reprend volontiers la formule du père Christian Delorme, surnommé «le curé des Minguettes» à Lyon, en évoquant «une islamofolie» dans un contexte d'inflation verbale. L'élue socialiste déplore que sur les sujets de foulard, de place des citoyens musulman dans la société, de laïcité, «on soit aussi peu dans la raison et autant dans l'émotion débridée».

La présidente de la Région dénonce avec force «l'assimilation musulmane-islam-terrorisme» : «c'est intolérable». Disant a posteriori comprendre «la tentation du repli» et l'émergence d'un communautarisme. Elle a rappelé que la loi était de son côté et du côté de l'accompagnatrice ainsi vêtue : «sur la question du voile, le législateur a tranché, la loi est claire». Marie-Guite Dufay n'a donc pas «l'intention de changer le règlement intérieur de l'assemblée qui protège comme il faut, qui assure toute liberté d'expression comme il faut». Pour autant, concernant la question des accompagnateurs scolaires, elle reconnaît «qu'il peut y avoir un débat» mais n'est pas favorable d'«d'exclure les personnes portant un voile».

Un futur AMI pour cadrer les investissements dans le tourisme


Avant de revenir aux sujets budgétaires qui vont animer la session de vendredi, Marie-Guite Dufay a tenu à exprimer sa fierté à propos de la «la labellisation pour le parc national de feuillus, la plus grande réserve forestière d'Europe». Elle voit là, «une vraie chance historique pour le Châtillonnais» car «on voit comment, à partir de cette richesse extraordinaire, on peut créer du développement local» (lire son communiqué).

De façon connexe, sur le sujet des Center Parcs qui mobilisent une opposition environnementaliste, Marie-Guite Dufay a signalé ne plus avoir de nouvelle de la part de l'investisseur Pierre et Vacances. Compte-tenu de l'importance du tourisme en Bourgogne-Franche-Comté, la Région va «concevoir un cadre pour les investissements d'envergure dans le tourisme» sous la forme d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI) qui sera lancé dans les prochaines semaines. Des critères de respect de l'environnement seront intégrés à cet AMI.

Prenant exemple sur le projet d'extension de la station de ski Les Rousses (Jura) contesté par des écologistes et qui a fini par reprendre après une concertation, Marie-Guite Dufay voit des facteurs d'entente possible pour maintenir des investissements d'envergure et créer des emplois «mais pas à n'importe quel prix».

Vers des exploitations agricoles bas carbone


Au cœur des débats de vendredi, le rapport d'orientation budgétaire sera «fondamentalement orienté vers les questions liées à la transition climatique, énergétique, environnementale». La Région veut envisager d'«aller plus vite pour prendre en compte la question du changement climatique». Elle a plusieurs leviers à sa disposition : la réhabilitation du logement, la mobilité et la production d'énergies renouvelables (lire notre article sur la conférence des financeurs de la transition énergétique).

Aller plus vite sans oublier les agriculteurs : «je suis pour le verdissement total de la politique agricole mais ce n'est pas l'exploitant qui est déjà complètement endetté qui va faire les investissements». La Région envisage ainsi de «verdir» ses audits d'exploitations agricoles de façon à aller «vers des exploitations bas carbone». À la suite de la sécheresse de 2019, la Région accompagnera les agriculteurs afin qu'ils se dotent de structures de stockage de fourrage et de récupération des eaux de pluie. Un plan agricole sera transitoire avant l'instauration des nouvelles mesures européennes.

Aux yeux de Marie-Guite Dufay, la transition énergétique pourrait être une source de revenus pour les agriculteurs : «si tous les bâtiments étaient couverts [de photovoltaïque], ce serait le tiers des revenus des agriculteurs qui seraient assurés» par la production d'électricité. En lien avec les ministères concerné, elle travaille à lever des obstacles d'ordre réglementaire.

Réagissant à une polémique sur la construction de réserves d'eau, ou bassines, Marie-Guite Dufay a tenu à préciser que «ce n'est pas la Région qui empêche le financement» mais des programmes européens l'interdisant pour des questions écologiques. De son côté, l’État souhaite créer soixante bassines en France et Marie-Guite Dufay a annoncé apporter son soutien pour «qu'il y en ait une en Côte-d'Or». Selon elle, «il ne faut pas être dogmatique, il faut être respectueux de l’environnement et entendre les arguments scientifiques sur le cycle de l'eau et entendre les agriculteurs».

Jean-Christophe Tardivon