dimanche 17 novembre 2019
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REGION : Rentrée scolaire sous l'angle de la transition énergétique pour Marie-Guite Dufay

03/09/2019 03:40Imprimer l’article
Visite d'un lycée professionnel à Montbard au programme de la rentrée scolaire pour la présidente du conseil régional ce lundi. En présence de la rectrice, a été présentée une nouvelle formation en maintenance de centrale photovoltaïque, unique en France.
Pour cette rentrée 2019, des élus du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté sont partis représenter la collectivité dans tous les départements. Après une visite en Franche-Comté le matin, la présidente du conseil régional s'est dirigée vers le lycée Eugène-Guillaume à Montbard (Côte-d'Or) ce lundi 2 septembre 2019 après-midi. Marie-Guite Dufay a choisi de visiter tout spécifiquement un lycée professionnel car elle voit dans ces établissements «les vitrines des métiers de demain».



«Des formations professionnelles en cohérence avec le bassin d'emploi»


Au cours de la visite, le proviseur, Philippe Arnould, a tenu à souligner «l'ancrage dans l'économie locale» du lycée Eugène-Guillaume, grâce à un «partenariat avec les industriels» et à des «formations professionnelles en cohérence avec le bassin d'emploi». Une stratégie qui attire des élèves pouvant venir d'autres régions que la Bourgogne-Franche-Comté pour se former à Montbard aux métiers qui les passionnent. Cela permet au lycée de stabiliser ses effectifs : en dix ans, le lycée a gagné 100 élèves et étudiants. Un établissement situé en centre-ville, comme l'a rappelé Laurence Porte, maire de la petite ville de 5.000 habitants, «à proximité de nombreux équipements à la fois culturels et sportifs». Cela en fait un lycée «ouvert sur la ville, ouvert sur le tissu économique, ouvert sur l'industrie bien sûr, ouvert sur le monde réel, ouvert sur l'avenir».

Les propositions du lycée intègrent également des enseignements en lien avec la transition énergétique. Ouverte lors de cette rentrée 2019, la formation post-bac de «technicien en maintenance et conduite de centrales photovoltaïques» est «unique en France». Un enseignement instauré grâce au soutien de l'académie de Dijon mais aussi d'EDF Bourgogne-Franche-Comté ainsi que du Contrat de Transition Écologique de la Haute Côte-d'Or (CTE). La Région apporte 40.000 euros pour le plateau technique de cette formation qui sera installé dans la cour du lycée début octobre.

La délégation a aussi visité les salles et ateliers des métiers de l'électronique (dont un banc de contrôle non-destructif fabriqué localement grâce à un cofinancement par Metal Valley), du numérique, de la maintenance ferroviaire, de la chaudronnerie, des métiers du cuir...

Autour de la présidente de la Région, on retrouvait Yolaine de Courson (députée LREM de la Côte-d'Or), Stéphane Guiguet (vice-président en charge des lycées et de l'apprentissage), Patrick Molinoz (vice-président en charge du développement numérique des territoires), Julien Guibert (conseiller régional d'oppostion RN), Alain Bécard (président de la communauté de communes du Montbardois) et Laurence Porte (maire de Montbard). Étaient aussi présents Michel Arrazat (lycée Désiré-Nizard), Lionel Badon (rectorat), Hervé Besserer (rectorat), Yves Chevillon (EDF Bourgogne-Franche-Comté), Pascale Coq (DASEN de la Côte-d'Or), Jean-Pierre Drouot (conseil régional), Véronique Grossetête (déléguée des parents d'élèves), Karene Helou (GRETA 21), Catherine Prévost (professeur), Eric Smeyers (DAFPIC) et Sophie Terriot (lycée Eugène-Guillaume).

Faire des lycées des producteurs d'électricité


Marie-Guite Dufay a salué l'équipe éducative d'un «lycée professionnel qui est dynamique». La présidente a rappelé le rôle de Yolaine de Courson dans l'obtention d'un CTE contribuant à orienter la démarche du lycée dans la transition énergétique alors qu'«il y a beaucoup à faire sur tout le domaine des énergies renouvelables». Selon Marie-Guite Dufay, «la formation est un enjeu de développement local extraordinaire».

Du fait du CTE, Marie-Guite Dufay a appellé de ses vœux «une académie verte». La mise en place d'autres formations sont effectivement en cours de réflexion dans la région. Une formation continue portant sur la méthanisation au lycée agricole La Barotte à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) est attendue pour la rentrée 2020.

Dans les lycées, la pédagogie, les enseignants et les personnels administratifs relèvent de l’Éducation nationale. Les sites et certains personnels techniques relèvent du conseil régional. En Bourgogne-Franche-Comté, il y a 132 lycées accueillant 100.000 élèves et étudiants. Des lycées construits alors qu'«on ne s'occupait absolument pas des questions d'efficacité thermique des bâtiments», la Région doit donc les rénover, les isoler, les ventiler. Mais pas seulement. Pour Marie-Guite Dufay, «il faudra, le plus possible, en faire des producteurs d'électricité» par exemple en apposant des panneaux photovoltaïques sur le toit des bâtiments. «La transition énergétique s'impose à nous» a-t-elle ainsi résumé.

Le budget régional pour financer les investissements dans les lycées s'élève à 109 millions d'euros pour 2019. La présidente a tenu à souligner que ce montant est à présent supérieur aux budgets additionnés des deux anciens conseils régionaux en la matière (retrouver notre interview de Stéphane Guiguet présentant l'intervention de la Région dans les lycées). Le budget global de l'action régionale dans les lycées atteint 305 millions d'euros par an (fonctionnement, investissement, rénovation, emploi des agents...).

«Donner aux lycées professionnels l'attractivité qu'ils méritent»


Cette visite a permis la première rencontre entre la présidente de la Région et la rectrice de l'académie de Dijon. Nathalie Albert-Moretti a été nommée durant l'été (retrouver notre interview à son arrivée à Dijon). La rectrice a pu apprécier «le dynamisme de l'établissement qui s'est ajusté aux besoins du territoire et à l'emploi industriel». Un lycée qui vise «la réussite pour tous les publics accueillis» : formation initiale, apprentissage, formation continue... 

Nathalie Albert-Moretti est revenue sur la «transformation de la voie professionnelle», une réforme instaurée par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, depuis septembre 2018 et visant à «former les talents aux métiers de demain» via «des études motivantes s'appuyant sur une pédagogique innovante». Plus de lien entre l'enseignement général et l'enseignement professionnel, des savoir-faire consolidés, une insertion professionnelle favorisée sont quelques-unes des ambitions de cette réforme. Selon la rectrice, «nous pouvons donner aux lycées professionnels l'attractivité et le prestige, la belle image, qu'ils méritent».

Jean-Christophe Tardivon