mardi 16 octobre 2018
La soirée de présentation de la nouvelle JDA, résultat de la fusion entre la JDA (Basket masculin) et le CDB (Hand féminin), s'est déroulée ce mardi soir au Palais des Sports de Dijon.
Questions à...
Dans une longue interview à Infos-Dijon, l’élu de Côte-d’Or, patron des Sénateurs «En Marche» au Sénat, et proche d’Emmanuel Macron, dit sa foi dans les réformes.
Il parle aussi des élections européennes, d'Arnaud Danjean, d'agriculture, et des municipales à Dijon et en Bourgogne-Franche-Comté.
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SANTE : Le CHU Dijon Bourgogne, premier établissement français à expérimenter la télémédecine pour la rééducation cardio-vasculaire

12/08/2018 03:12Imprimer l’article
C'est suite à un appel d'offres de la Fondation pour la Recherche Médicale sur l’impact des objets connectés en santé que le CHU s'est lancé.
Dans le cadre d’un programme de recherche soutenu par la Fondation pour la Recherche Médicale, le Pôle de Rééducation du CHU expérimente la rééducation cardio-vasculaire connectée. C’est dans ce contexte qu’est né le partenariat avec Tmm Software, fournisseur de la plateforme de télésurveillance médicale.

Retour sur ce projet de recherche avec les témoignages du Professeur Jean-Marie Casillas, spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation et de Claire Morisset, Chef de Projet au sein du CHU (Centre d’Investigation Clinique INSERM 1432).

Pourquoi avoir initié ce programme de recherche ?


«La Plateforme d’Investigation Technologique, unité de recherche du CHU, développe des projets innovants dans le domaine des troubles de la locomotion et de la prise en charge rééducative des maladies chroniques. Lorsque la Fondation pour la Recherche Médicale a lancé son appel d’offres sur l’impact des objets connectés en santé, nous avons décidé d’y répondre à travers la mise en place d’un programme de rééducation cardio-vasculaire connectée.

Il y a un réel enjeu autour de ce sujet. Aujourd’hui, on estime que seuls 20 à 30 % des patients victimes de problèmes cardiaques bénéficient d’une rééducation. Pourtant, une rééducation est nécessaire, et dans la plupart des cas, elle est très efficace ! En effet, elle concourt à une meilleure espérance de vie, mais également à diminuer les risques de problèmes récurrents. La rééducation ambulatoire cardio-vasculaire traditionnelle nécessite trois demi-journées par semaine pour les patients pendant deux mois environ. Ce n’est pas toujours évident pour eux de s’y soumettre et de plus les unités spécialisées de prise en charge ambulatoire sont insuffisantes en nombre. C’est pourquoi nous pensons que la télémédecine peut être une excellente alternative.»

Quels sont les paramètres de cette étude ?


«Pendant trois ans, nous mènerons l’étude sur 110 patients ; 55 patients suivront le programme traditionnel de rééducation (trois demi-journées par semaine à l’hôpital) et 55 seront suivis à distance. Ils auront à leur disposition une tablette dotée de l’application de télésurveillance, ainsi que des objets connectés à cette application (balance, tensiomètre…). Ainsi, nous pourrons comparer les deux méthodes et en déduire les premières conclusions. C’est, à notre connaissance, la première fois qu’un tel programme de rééducation cardio-vasculaire connectée est initié en France.

Pour chaque patient, un protocole de soins personnalisé est défini et paramétré dans l’application. Un agenda est alors établi afin que l’utilisateur visualise son programme et sache quels exercices il doit effectuer, quel régime alimentaire suivre… Très régulièrement, le patient renseigne ses données médicales (poids, tension artérielle, effort sportif…). S’il manque des données, une alerte est envoyée sur sa messagerie sécurisée intégrée. De son côté, l’équipe de rééducation reçoit également l’alerte et peut donc rapidement se mettre en contact avec le patient. De plus, les patients disposent de contenus d’éducation thérapeutique (ETP) à consulter, tels que des vidéos ou des atlas médicaux leur expliquant comment effectuer leurs exercices, l’importance d’une nutrition équilibrée, les effets du tabac sur leur système cardio-vasculaire…»

Comment avez-vous choisi votre partenaire technologique ?


«Pour mettre en place cette application, nous avons choisi de conclure un partenariat avec Tmm Software, qui possédait déjà une expérience conséquente dans le domaine de la e-santé et qui était assez mûr pour répondre à la plupart de nos demandes. Leur solution de télésurveillance était très simple et intuitive. Nous avons donc co-construit notre application ensemble, en adaptant leur solution à nos besoins. Ce développement a duré un peu plus d’un an, le temps de définir les paramètres et de produire tous les contenus à destination de nos patients (questionnaires, vidéos, contenus d’éducation thérapeutique…).»

Quels sont les premiers retours obtenus ?


«Les usagers aujourd’hui sont demandeurs de solutions technologiques. Notre premier patient utilisateur était enthousiaste car il ne pouvait pas se déplacer trois fois par semaine au CHU, c’était donc une alternative satisfaisante pour lui. La prise en main de l’outil a été intuitive et son protocole de soins bien suivi. Nous consacrons une semaine en centre, à raison de 3 à 4 demi-journées, à la formation du patient pour qu’il puisse utiliser la tablette et les objets connectés, pour définir le protocole de soins personnalisé (activité physique) et également le plan de nutrition pendant tout le temps de la rééducation.»

Au terme de cette étude, quels sont les bénéfices attendus ?


«Nous aimerions avant tout que le nombre de patients bénéficiant d’une rééducation cardio-vasculaire augmente. Cela permettrait d’améliorer le confort de vie de nombre d’entre eux, et ainsi éviter les complications et les rechutes. Avec la télémédecine, le patient devient acteur de son protocole de soins, se sent plus impliqué et est donc plus enclin à suivre sa thérapie, sans rupture avec son mode de vie habituel. Mais c’est au terme de cette étude que nous pourrons réellement montrer les bénéfices de ce programme à distance. Si cela fonctionne, nous aimerions bien évidemment le décliner à d’autres pathologies chroniques (respiratoires, orthopédiques, neurologiques…).»
Communiqué
Photo archives N.R.