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SANTÉ : Un équipement révolutionnaire au Centre Georges-François Leclerc

04/12/2019 15:32Imprimer l’article
La lutte contre le cancer se renforce à Dijon avec la mise en service d'un IRM-Linac permettant de «mieux traiter et mieux épargner». L'inauguration officielle a eu lieu ce mardi en présence de Marie-Guite Dufay et de François Rebsamen.
«Ensemble, dépassons le cancer» tel est le slogan du Centre Georges-François Leclerc à Dijon (CGFL). Ensemble, plusieurs structures se sont associées pour financer l'achat d'un appareil majeur de la lutte contre le cancer dont l'inauguration officielle a eu lieu ce mardi 3 décembre 2019.

Dijon est ainsi la deuxième ville de France, après Marseille en 2017, à être équipée d'une machine MRIdian, de type IRM-Linac, de la société ViewRay. Un équipement qui révolutionne la radiothérapie associant résonance magnétique et accélérateur linéaire de particules émettant des rayons X de haute énergie. Il permet des irradiations plus ciblées et plus précises sur les tumeurs tout en préservant des organes sains avoisinants.



Un contrôle de la tumeur pendant la radiothérapie


L'imagerie elle-même n'est pas irradiante, cela permet donc un contrôle visuel de la tumeur pendant toute la durée du traitement. De plus, à chaque séance, les modifications anatomiques de la tumeur ou des organes de proximité sont prises en compte permettant de proposer au patient une radiothérapie «adaptative personnalisée».

Selon le Docteur Karine Peignaux, responsable du département de radiothérapie du CGFL, «de part sa qualité d'image, l'IRM est en effet la modalité d'imagerie de référence pour la visualisation de la plupart des cancers avec une bien meilleure définition que celle offerte par le scanner. (…) L'IRM embarquée sur l'accélérateur linéaire permet de réaliser des images en continu du volume tumoral pendant le traitement».

Un soutien de l'Europe et de la Région


L'investissement représente plus de 10 millions d'euros. La somme couvre la machine en elle-même (8 millions d'euros) mais aussi le «bunker» qu'il a fallu réaliser (2 millions d'euros) car le MRIdian impose un environnement technique spécifique dont une cage de Faraday indispensable au fonctionnement de l'IRM.

L'installation est financée par le CGFL (3,6 millions d'euros sur ses fonds propres et 2,5 millions d'euros d'emprunts), les fonds européens FEDER (3,9 millions d'euros) et le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté directement (145.000 euros). Le coût annuel de fonctionnement étant de 2,2 millions d'euros.

Le CGFL, centre de référence en cancérologie


L'Autorité de Surjeté Nucléaire a approuvé sa mise en service le 14 juin 2019. Le premier patient de la Bourgogne-Franche-Comté a été traité le 2 juillet dernier. À terme, de dix à quinze patients par jour pourront être traités dans le cadre de protocoles cliniques lors de séances de  trente à soixante minutes. Les premiers concernés seront les patients présentant des cancers de la prostate ou du foie. Par la suite, de nouveaux protocoles de recherche permettront d'élargir les indications de traitement.

Huit professionnels du CGFL ont été formés pour assurer le bon fonctionnement du MRIdian : quatre manipulateurs, deux oncologues radiothérapeutes et deux physiciens médicaux. Pendant une séance, un radiothérapeute est en permanence présent au pupitre de l'accélérateur accompagné d'un physicien médical. Ils assurent le bon positionnement du patient, la vérification des volumes tumoraux et des tissus sains ainsi que la réalisation du plan de traitement à chaque séance.

Le CGFL est le centre de référence en cancérologie de la Bourgogne-Franche-Comté selon le Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement. Le Centre est membre d'Unicancer, la fédération hospitalière nationale dédiée à la cancérologie. Il est équipé de cinq accélérateurs, un scanner, un équipement de radiothérapie peropératoire et d'un bloc de curiethérapie. 1.700 patients sont traités en moyenne chaque année représentant 36.000 séances. Les activités sont en constante progression (50% d'augmentation en 10 ans).

«Améliorer l'offre publique de soins»


L'inauguration s'est déroulée en présence du personnel médical, des administrateurs du CGFL ainsi que notamment de Françoise Tenenbaum (adjointe au maire de Dijon), Danielle Juban (adjointe au maire de Dijon), Alain Bonnin (président de l'Université de Bourgogne), David Butet (président du MEDEF 21) et Nadiège Baille (directrice générale du CHU Dijon-Bourgogne).

Lors des discours officiels, le professeur Charles Coutant, directeur général du CGFL a évoqué «un équipement révolutionnaire» qui place la Bourgogne-Franche-Comté «a un très haut niveau de performance scientifique sur le plan des activités de cancérologie au niveau national mais aussi au niveau international». L'IRM-Linac est «une technologie de rupture créant les conditions d'une évolution majeure dans le traitement de certains cancers» permettant de «mieux traité ce qui doit être traité et mieux épargné ce qui doit être épargné».

La qualité de vie des patients sera amélioré «en diminuant les effets secondaires et les complications» et «en diminuant le nombre de séances de traitement». Le professeur Charles Coutant a souligné «le développement de la recherche» qui sera rendu possible par cet appareil vu «comme une formidable attractivité pour les programmes de recherche conduits dans notre région». 10% du budget du CGFL est consacré à la recherche.

La coopération entre le CGFL, le CHU Dijon-Bourgogne et le CHRU de Besançon sera renforcée : «l'enjeu est d'améliorer l'offre publique de soins au service d'un territoire». Aux yeux du  professeur Charles Coutant, «les avancées technologiques notamment dans le domaine de la santé n'ont de sens que si elles sont à disposition de tous, sans reste à charge». Au CGFL, «la réduction des inégalités d'accès aux soins, qu'elles soient sociales ou territoriales» est «une priorité absolue».

Le président du conseil d'administration du CGFL et préfet du Jura Richard Vignon s'est dit fier que «la Bourgogne-Franche-Comté soit précurseur» avec cet appareil dont l'achat «a été conduit dans un temps record». Les premiers prototypes d'IRM-Linac étant arrivés sur le marché il y a moins de trois ans. Il salue le soutien financier de la Région avec les fonds européens qu'elle gère, soutien qui a été «déterminant pour la concrétisation» du projet.

Démarche humaniste et réflexion éthique


Le président du conseil d'administration du CGFL et préfet du Jura Richard Vignon s'est dit fier que «la Bourgogne-Franche-Comté soit précurseur» avec cet appareil dont l'achat «a été conduit dans un temps record». Les premiers prototypes d'IRM-Linac étant arrivés sur le marché il y a moins de trois ans. Il salue le soutien financier de la Région avec les fonds européens qu'elle gère, soutien qui a été «déterminant pour la concrétisation» du projet.

Le maire de Dijon et président de Dijon Métropole François Rebsamen a salué «la générosité publique des donateurs qui ont participé chacun à sa manière par les dons privés et le mécénat» à l'acquisition du nouvel équipement. Il a aussi souligné la «démarche humaniste» et la «réflexion éthique» du CGFL.

La présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay s'est associée aux propos précédents et a témoigné de «sa reconnaissance» à Françoise Tenenbaum – qui est aussi conseillère régionale – pour avoir suivi l'établissement d'une feuille de route régionale en matière de santé alors que la collectivité n'a pas cette compétence. «Néanmoins, nous nous appuyons sur d'autres entrées pour être présents sur les questions sanitaires» a indiqué Marie-Guite Dufay en mettant en avant l'apport du MRIdian en matière de recherche.

Jean-Christophe Tardivon