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SNCF : Journée marathon à Dijon pour la Ministre des Transports, Elisabeth Borne

09/03/2018 22:25Imprimer l’article
Dans le cadre d'une «journée interne à la SNCF», la Ministre des Transports, Elisabeth Borne, est venue ce vendredi à Dijon visiter un large panel de services. Elle a rencontré une centaine de Cheminots, et les syndicats CGT, UNSA, SUD Rail et CFDT ont été reçus.
C'est la ministre qui a demandé à faire cette visite, «par besoin de rencontrer les agents, d'échanger, de présenter le projet gouvernemental et d'être à l'écoute des cheminots» explique Nabil Djaafer, directeur de la communication SNCF Bourgogne-Franche-Comté.
Elisabeth Borne a ainsi rencontré «plus d'une centaine de cheminots de différents services» durant une véritable journée marathon, de 9h30 à 18h30.

Une rencontre avec les syndicats


Après sa descente du TGV, la journée a commencé par un moment en gare de Dijon avec des contrôleurs, vendeurs et personnes qui travaillent en gare.
Un deuxième temps était ensuite dédié aux organisations syndicales. Des représentants de la CGT, de l'UNSA, de SUD Rail et de la CFDT ont pu échanger avec la Ministre sur la réforme du système ferroviaire. Les quatre syndicats en ont  tiré une déclaration commune (lire ci-dessous), révélatrice de leurs inquiétudes quant à l'avenir de la SNCF et du rail en général, et mettant en évidence une vision des choses diamétralement opposée à celle du gouvernement.

Déjeuner «à bâtons rompus»


La Ministre Elisabeth Borne, s'est ensuite rendue au centre de maintenance du matériel roulant (une annexe du technicentre) où elle a rencontré d'autres agents qui ont pu évoquer leurs craintes face au projet gouvernemental. Il en a été de même un peu plus tard au sein d'un service dédié à l'infrastructure : le centre de contrôle et de régulation de Dijon.
Puis un déjeuner «à bâtons rompus» avec des encadrants et membres des Ressources Humaines était organisé pour balayer avec la Ministre «la vision d'avenir» concernant la SNCF.
Le marathon de la Ministre s'est enfin terminé au centre de logistique industrielle, un centre pour outillage et pièces de rechanges de trains, annexe du technicentre, qui gère notamment l'approvisionnement national en pièces.

«Enrichir sa réflexion et confronter les idées»


«Ça a été une belle visite pour nous, riche d'enseignement pour le gouvernement» juge Nabil Djaafer. La journée s'est déroulée sous le pilotage d'Eric Cinotti, directeur régional SNCF Mobilités, et de Jérôme Grand, directeur territorial SNCF réseaux. La préfète, Christiane Barret, était également du déplacement.
C'est parce que «Dijon est suffisamment représentatif des métiers et activités du rail en province» que la Ministre a choisi notre ville pour forger son opinion concernant divers aspects de la future réforme. Car c'est bien pour «enrichir sa réflexion et pour confronter les idées» qu'Elisabeth Borne était à Dijon, conclu Nabil Djaafer.
N.R.

Communiqué commun des organisations syndicales, reçues de 11h00 à 12h15 :


Au cours de cette rencontre entre la ministre et les organisations syndicales cheminotes, la CGT, l’UNSA, SUD Rail et la CFDT ont porté autour d’une déclaration unitaire notamment les sujets suivants :

Le Gouvernement s’apprête à engager une nouvelle réforme du système ferroviaire. Il affirme vouloir régler la question des dysfonctionnements de la production et de l’endettement du système ferroviaire. Or, les solutions proposées relèvent d’un dogmatisme idéologique. En aucun cas, la réforme n’apporte de réponses à ces enjeux essentiels :
- L’ouverture à la concurrence ne répond en rien à l’objectif d’amélioration de la qualité de la production. Elle conduira à l’écrémage des trafics, à la hausse de la contribution des collectivités publiques, à la hausse des prix, à la complexification du système ferroviaire par la multiplication des acteurs sur un réseau contraint et au dumping social, qui semble le seul véritable moteur de la concurrence ;
- Sur le financement, le Gouvernement n’apporte aucune solution pérenne et structurante, et il renvoie à plus tard la question de l’endettement du système ;
- Sur le passage d’entreprises publiques dont l’Etat est propriétaire, à des entreprises nationales à capitaux publics dont il serait actionnaire, il s’agit de la première étape du processus de privatisation qu’ont connu d’autres grandes entreprises publiques ;
- La fin du recrutement au Statut est hors de propos par rapport aux véritables problématiques du système ferroviaire. Cette annonce n’a pour effet que de stigmatiser les cheminotes et cheminots et de faire diversion dans l’opinion publique sur les vraies problématiques ferroviaires.
Nous notons qu’aucun objectif de développement des trafics ferroviaire n’a été annoncé par le Premier ministre. Cet enterrement en grande pompe des engagements du Grenelle de l’environnement traduit une politique contre le ferroviaire et le retour du «tout-routier» partout où cela est possible, c’est-à-dire en dehors des grandes métropoles.

A ce titre, l’annonce de la filialisation du Fret SNCF constitue un constat d’échec et un aveu d’impuissance du système concurrentiel. Elle est inacceptable.
Face à l’ensemble du contexte, les Organisations Syndicales de cheminots CGT – UNSA – SUD Rail - CFDT exigent des négociations, au-delà de la concertation, afin de faire valoir leurs propositions pour le développement du service public ferroviaire.
La Ministre a discuté avec les cheminots et les O.S. Même s’il est toujours intéressant de confronter les idées, il y a un pas énorme entre discuter et entendre les besoins de service public et notamment ferroviaire dans ce pays et y répondre !
La CGT, force de propositions a émis un rapport «Ensemble pour le Fer», sur l’avenir du service Public ferroviaire et contre le statu-quo libéral. Le rail est un mode de transport indispensable, qui doit garantir le droit au transport pour tous, relever concrètement les défis environnementaux et est un mode de transport économique. La CGT est pour la complémentarité entre les modes de transport et non pour la concurrence entre eux.
La CGT souhaite réorienter les choix du gouvernement et de la Direction SNCF, que cela soit sur l’ouverture à la concurrence, non obligatoire dans les règlements européens, que sur l’avenir des lignes régionales :
Le Gouvernement ment en affirmant que sa réforme ne remet pas en cause l’avenir des «petites lignes». En ne finançant pas les travaux nécessaires sur le réseau et en ouvrant à la concurrence, il met fin à la péréquation, se désengage et laisse la responsabilité aux Régions de décider du maintien ou non des lignes régionales du Réseau Ferré National.
Au regard des difficultés financières que rencontrent les régions, cela augure mal du devenir de ces lignes.
Quant à la question du statut, il permet une continuité et une stabilité dans le fonctionnement du Service Public un niveau de qualification, de formation initiale et continue pour assurer un haut niveau de technicité et de sécurité
La fin du statut des cheminots ne règlera pas, bien au contraire, les problèmes d’organisation et de cloisonnement des activités qui détériorent la ponctualité et la qualité du transport au quotidien.

Une manifestation nationale unitaire le 22 mars 2018, place de la République à Paris à 13h00 est organisée par la CGT rejointe par d’autres organisations syndicales et des associations d’usagers.
Nous appelons les cheminots, les usagers, leurs associations ainsi que toutes celles et ceux qui sont attachés au service public ferroviaire, à y participer.

Photos Jean-Christophe Tardivon :


Photos DR :