mercredi 11 décembre 2019
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TOURISME : Les sites UNESCO veulent attirer les touristes japonais

12/11/2019 09:15Imprimer l’article
Le Comité Régional du Tourisme organise en décembre un voyage professionnel au Japon afin de proposer un parcours des sites UNESCO de Bourgogne-Franche-Comté aux agences de voyage japonaises. Les Nippons représenteraient «la meilleure clientèle» pour notre région.
La France et le Japon ont en commun d'avoir établi siècle après siècle une tradition gastronomique. Le repas gastronomique des Français et le washoku, les traditions culinaires des Japonais, ont été inscrits par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l'humanité respectivement en 2010 et en 2013.

La découverte de ces traditions respectives est propice aux échanges touristiques. C'est pour cela que le Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté souhaite favoriser la venue de touristes japonais dans notre région. Une formation auprès des acteurs locaux a eu lieu ce jeudi 7 novembre 2019 et un voyage de développement touristique aura lieu début décembre.



Un accord de libre-échange sur les vins français


Le déclenchement de cet «assaut» vers le marché japonais, comme l'indique le CRT, est la négociation d'un accord de partenariat économique (APE) abaissant la taxe sur les exportations de vins français en direction du Japon. Depuis que Shinya Tasaki a remporté le concours de meilleur sommelier du monde, en 1995, la consommation de vins, et en particulier de vins français, ne cesse de croître au pays du saké.

Selon la CCI France Japon, en 2017, 32% des vins entrant au Japon étaient chiliens et 22% français. Le nouvel APE entré en vigueur au 1er février 2019 devrait contribuer à retrouver la première place. Selon le BIVB, parmi les vins français exportés au Japon en 2018, les vins de Bourgogne atteignaient 16,4% du volume et 23,6% du chiffre d'affaires. Le Japon est le troisième marché à l'export des vins de Bourgogne.

Créer un parcours des sites UNESCO


Les vins français – a fortiori les vins de Bourgogne – étant les ambassadeur du patrimoine et du terroir français, les structures touristiques se sont organisées à la suite de cet accord de libre-échange pour orienter une part du flux des touristes japonais en France vers la Bourgogne-Franche-Comté en s'appuyant sur les sites et biens labellisés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Si un touriste japonais peut faire un détour en France en passant par l'aéroport de Bâle et prendre une journée pour aller visiter la chapelle Notre-Dame du haut à Ronchamp – dont l'architecte fut Le Corbusier – il est plus difficile de le retenir durablement en Bourgogne-Franche-Comté. D'où l'idée d'associer les sites UNESCO afin de créer un parcours étoffé. Ce sera l'enjeu du voyage professionnel de début décembre. La délégation du CRT ira à la rencontre de professionnels du tourisme à Tokyo et Osaka pour les convaincre d'inscrire un tel parcours en Bourgogne-Franche-Comté à leurs catalogues.

La délégation sera menée par Patrick Molinoz, conseiller régional et vice-président du CRT, accompagné de la directrice Sophie Ollier-Daumas. Elle sera constituée des représentants de cinq sites (la Citadelle de Besançon, la Saline royale, les Climats de Bourgogne et l'Abbaye de Fontenay) et de trois hébergeurs (hôtel Le Cèdre à Beaune, hôtel Le Richebourg à Vosne-Romanée et le château de Saint-Germain-du-Plain). Le budget de l'opération est de 35.000 euros dont 15.000 euros à la charge du collectif Patrimoine. Parallèlement, le CRT va créer une page en japonais qui renverra vers les sites web des biens UNESCO. L'opération incite aussi certaines structures à éditer une documentation en japonais.

«Un public qui aime la France»


Au sein d'Atout France, l'agence de développement touristique de la France, Frédéric Mazenq est directeur du secteur du Japon et coordinateur de la zone Asie-Pacifique, Moyen-Orient et Afrique. Il conseille le CRT pour préparer ce voyage. Les touristes japonais sont «la meilleure clientèle» selon Frédéric Mazenq :  c'est «un public qui aime la France», «un public naturellement attiré par les sites historiques, patrimoniaux, culturels qui sont en plus marqués par une labellisation forte comme celle de l'UNESCO». De plus, ils sont très diplômés, sont connaisseurs, ne sont pas dépendants de la saisonnalité et ont un budget important pour leurs voyages.

Demandant «ce qu'il y a de mieux», l'enveloppe logistique pour un voyage en France oscille souvent autour de 5.000 euros, sans compter les suppléments au programme, les achats sur place, etc. Ils privilégient les hôtels quatre et cinq étoiles pour leur hébergement. Un voyage dans la Bourgogne-Franche-Comté peut représenter le second voyage dans l'hexagone, après les incontournables Paris-Versailles-Mont-Saint-Michel.

«Nous nous devons de promouvoir la gastronomie, le patrimoine, l’œnologie»


Le tourisme représente un secteur économique important pour la Région avec 6,3% du PIB (contre 7,1% pour la France entière). Ce secteur mobilise 42.100 emplois en période haute. En 2018, les nuitées de touristes japonais ont augmenté de 11,8%, signe d'une véritable reprise après la baisse due aux attentats de 2015. Le CRT est présidé par le conseiller régional Loïc Niepceron qui constate que «cette clientèle japonaise qui est très friande de la culture bourguignonne-franc-comtoise si j'en juge par les exportations de vins de Bourgogne et l’appétence pour Le Corbusier et autres Courbet et, également, les sites UNESCO».

Le Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a incité les sites UNESCO à se mettre en réseau pour travailler ensemble au sein du collectif Patrimoine. Ils ont signé une charte de partenariat fin 2018. Selon le CRT, «elle symbolise une réelle fédération des sites, dans un esprit de solidarité, de partage et de valorisation, et dans le respect des valeurs du Patrimoine Mondial».

Cela a débouché concrètement sur une campagne de publicité dans le métro parisien en septembre 2018. Et maintenant sur cet «assaut» collectif en direction du Japon car, selon Loïc Niepceron, «nous nous devons de promouvoir ces sites mais aussi la gastronomie, le patrimoine, l’œnologie» . Le conseiller régional résume ainsi la démarche : «l'objectif est que la Bourgogne-Franche-Comté devienne une grande destination du patrimoine en matière d'accueil autour des sites UNESCO».

Les huit sites de la Bourgogne-Franche-Comté inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO
Abbaye cistercienne de Fontenay (Côte-d'Or)
Église de la Charité-sur-Loire (Nièvre)
Basilique et colline de Vézelay (Yonne)
Chapelle Notre-Dame du Haut à Ronchamp (Haute-Saône)
Citadelle et enceinte urbaine de Besançon (Doubs)
Sites palafittiques préhistoriques des lacs de Chalain et Clairvaux (Jura)
Saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs)
Climats du vignoble de Bourgogne (Côte-d'Or)

Jean-Christophe Tardivon


Loïc Nipeceron, président du Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté


Frédéric Mazenq est directeur du secteur du Japon pour Atout France


Les représentants de sites UNESCO, des hébergeurs en contact avec la clientèle japonaise et l'équipe du CRT Bourgogne-Franche-Comté