jeudi 22 août 2019
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CAMPUS DE DIJON : “Oui aux manifestations, non aux dégradations”… l’Université de Bourgogne réagit aux contestations étudiantes

04/04/2018 21:48Imprimer l’article
L’UB s'est exprimée sur les évènements qui la touchent depuis la semaine dernière au cours d'un point presse qui s'est tenu ce mercredi à la maison de l’Université.
Un mouvement universitaire national secoue la vie des campus depuis plus d’une semaine. Les revendications des manifestants dijonnais, comme dans les autres universités de France, sont «l'abrogation de la loi Vidal», mais aussi pour certains «la démission du président de l'université de Bourgogne». Pour eux, il s'agit également d'un «soutien général aux facs de France par rapport aux violences policières» : «La Fac est à nous, pas au gouvernement» déclarait un manifestant ce mercredi matin, lors du blocage du bâtiment historique Droit-Lettres. Blocage «qui ne s'est pas déroulé pacifiquement», selon l’Université, qui a réagi par l’intermédiaire de Sylvain Comparot, chef de cabinet du président, Alain Bonnin.

Mercredi dernier, la Maison de l’Université “visée”


Mercredi 28 mars déjà, à 14h15, «70 manifestants sont entrés par effraction dans le bâtiment en cassant les portes sous leur poids» explique le représentant de la direction. Un protocole de cellule de crise a été instauré par Alain Bonnin, «visant à assurer la sécurité des biens et des personnes». Résultat : 400 personnes ont été évacuées, toutes les portes ont été fermées. «Les dégradations causées par les protestataires auraient nécessité l’intervention des forces de l’ordre» juge Sylvain Comparot, mais l’uB n’a pas voulu «tomber dans leur jeu et répondre à leurs provocations afin d’éviter tout débordement bien plus conséquent».

Occupation «illégale mais pacifiste pendant une semaine»


C’est à 18h que les occupants ont quitté les lieux «constatant que la police ne viendrait pas». Le lendemain, un dialogue a été instauré avec le personnel.  «Une sécurité plus importante a été déployé pour faire face aux tentatives de blocages d’amphithéâtres». Une «cinquantaine» de manifestants se sont donc réfugiés dans les salles 129 puis 202. «Malgré l’occupation illégale, leurs attitudes étaient pacifistes, traditionnelles, cohérentes et bon-enfant, aucun problème à signaler entre jeudi dernier et hier» raconte Sylvain Comparot. La salle est devenue «imperméable» : «elle a été mise en quarantaine à partir du hall, donnant accès aux toilettes sans difficultés». Des agents de nuit ont été appelé «pour éviter les groupuscules qui pourraient nuire aux occupants».

Ce mercredi, un blocage “inacceptable”


Ce mercredi 4 avril, dès 6h du matin, une cinquantaine de contestataires ont bloqué toutes les issues du bâtiment Droit-Lettres à l’aide de tables et de chaises. A la demande d’Alain Bonnin, une quinzaine de vigiles sont venus «renforcer la sécurité». C’est seulement vers 8h30, que les portes ont pu être débloquées. «Tout cela s’est déroulé dans la sérénité, nous en félicitons les étudiants qui n’ont pas perdu leurs nerfs. Nous avons une grande fierté au vu de leur capacité à gérer ce genre de situation».

Dégâts matériels


Si les salles ont pu être réouvertes et les partiels reprogrammés, c’est avec stupeur que le personnel a découvert des dégâts matériels importants. «La cafétéria a été pillée, des rétroprojecteurs brisés, des portes démontées» insiste Sylvain Comparot. «Manifester est une chose. Saccager en est une autre. C’est inadmissible». Les étudiants en colère sont désormais regroupés dans les salles 201 et 202.

«Pas d’amalgames, il y a deux types de manifestants»


«Nous avons bien remarqué que des étudiants étaient sincères dans leurs démarches. Le problème, ce sont les “casseurs». Certains portent des cagoules, détiennent des barres de fer, ont une attitude intimidante. C’est ahurissant». L’université de Bourgogne se veut pacifiste mais ferme : «Oui aux manifestations, non aux dégradations. On se doit de mettre fin à cette occupation, pour la sécurité de tous. La situation ne peut plus durer.»

Des réponses “proportionnées”


Sylvain Comparot souhaite que les choses se règlent pacifiquement : «On en appelle aux consciences. Le mouvement n’est plus crédible car il devient non-conforme à l’esprit républicain». Si les solutions se feront avec«l’ensemble des organismes», Alain Bonnin pourrait être contraint de réquisitionner les forces de l’ordre «s’il n’en a pas le choix». Des plaintes ont d’ores et déjà été déposées par l’Université de Bourgogne.
Maxime Frechet



Les photos de dégradations fournies par l'université :