vendredi 22 mars 2019
Avec notre vidéo de la manifestation.
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Questions à...
Après l’affaire Christophe Dettinger, sur laquelle il revient largement pour Infos-Dijon, l’avocat dijonnais Jean-Philippe Morel représentera aussi l’association «Gendarmes et Citoyens» dans l’affaire de la caserne de Dijon et plaidera pour des policiers victimes en décembre dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Interview.
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CAMPUS UNIVERSITAIRE : Ils refusent l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires

12/03/2019 15:58Imprimer l’article
Un rassemblement s’est tenu ce mardi devant la Maison de l’Université à Dijon.
Comme annoncé (relire l’appel que nous avions publié en fin de semaine dernière en cliquant ici) et pour relayer un appel national, plusieurs organisations, au nom d’une intersyndicale - CGT FERC Sup ; SNESUP-FSU ; SNCS ; SUD Rural-Territoires ; UNEF -, avec le soutien de la Ligue des Droits de l’Homme, ont organisé ce mardi à la mi-journée, devant la Maison de l’Université sur le campus de Dijon, un rassemblement pour dire non à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires (hors UE).
L’occasion aussi pour les représentants syndicaux d’ironiser en quelque sorte sur le plan annoncé fin 2018 par le gouvernement : «Bienvenue en France»...

«Si c’est une sélection par l’argent que le gouvernement veut,

il faut qu’il le dise très clairement»


Maître de conférences en sciences politiques, Raphaël Porteilla rappelle alors : «L’université est basée sur un principe d’universalité et de gratuité de l’enseignement. C’est même inscrit dans le préambule de la Constitution».
L’annonce de ce plan et la manière d’en introduire cette mesure, celui qui est aussi membre du syndicat CGT FERC Sup s’en indigne : «Le faire de manière aussi peu transparente sachant qu’il n’y a aucune inscription juridique et que c’est pour l’instant juste une inscription sur Parcoursup, le dire sans aucune concertation, c’est désagréable. C’est une mesure qui n’a aucune justification car elle vient en fait compenser le désengagement de l’Etat à l’égard de l’enseignement supérieur».
Et Raphaël Porteilla insiste : «Si c’est une sélection par l’argent que le gouvernement veut, il faut qu’il le dise très clairement et non pas user d’artefacts ou de propos incroyables comme cette appellation du plan». L’intersyndicale avance que dans certaines universités, «le taux d’étudiants étrangers extra-communautaires peut baisser de 40 % à 50 %», en ajoutant que les bourses ne compenseront pas des hausses annoncées à 2 770 euros en licence et à 3 770 euros en master.

«On est sur une augmentation aberrante et discriminatoire»


«Par rapport aux frais initiaux, on a une augmentation qui est entre 10 et 15 fois supérieure. On est clairement sur une augmentation aberrante et discriminatoire», appuie Maxime Provin, président de l’UNEF Bourgogne.
S’il remarque que la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a reculé en exonérant les doctorants étrangers extra-communautaires de cette hausse, «ça ne suffit pas». L’étudiant en droit poursuit : «Cette mesure va créer un gouffre entre les étudiants concernés et les étudiants français. C’est une mesure qui va avoir un impact sur notre université de Bourgogne comptant beaucoup d’étudiants hors UE. C’est une richesse que notre université risque de perdre (dans la recherche notamment)».
Maxime Provin indique qu’il y avait l’année dernière «2 270 étudiants de nationalités étrangères sur un total de 29 686».

Vers une exonération des frais par l’Université de Bourgogne


En décembre dernier, Alain Bonnin, président de l’Ub, s’était prononcé contre cette mesure, aux côtés peut-on dire des présidents et présidentes d’autres universités françaises.
L’UNEF Bourgogne dit toutefois rester vigilante «vis-à-vis d’un gouvernement maintenant une certaine pression et voulant continuer dans un plan visant à développer une forme d’élitisme des universités françaises». L’intersyndicale réaffirme son refus de la mesure dénoncée tout de demandant au conseil d’administration de l’uB puis à celui de la COMUE de confirmer «une vraie motion, la plus large possible, afin que les frais d’inscription pour les étudiants étrangers extra-communautaires n’augmentent pas cette année en Bourgogne».
Les représentants syndicaux restent «à l’affût», en souhaitant que la question touche davantage de monde sur le campus. Ce mardi à la mi-journée, ils n’étaient qu’une petite trentaine à s’être rassemblés, étudiants, professeurs et personnels administratifs.
Le prochain Conseil d’administration de l’uB, fin mars, devrait voir le président et son équipe proposer un texte afin d’exonérer les étudiants concernés, dès la rentrée 2019.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier







 
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