jeudi 21 septembre 2017
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DIJON : Le campus retrouve la place Roger Barade en l'honneur d'un de ses bâtisseurs visionnaire

10/09/2017 12:44Imprimer l’article
Le campus de Dijon a retrouvé la place Roger Barade, disparue depuis les aménagements de l'esplanade Erasme à la suite des travaux du tramway. L'occasion d'honorer cet architecte à l'origine du campus pensé sur le modèle de ceux des universités américaines.
Il a fallu slalomer entre les gouttes, samedi en fin d'après-midi, pour dévoiler les deux plaques qui viennent se poser en cerise sur le gâteau d'une esplanade Erasme métamorphosée depuis deux ans et l'arrivée du tram. La présidente du Conseil Régional, Marie-Guite Dufay, était pour l'occasion accompagnée d'Alain Bonnin, le président de l'Université de Bourgogne, de Nathalie Koenders, première adjointe au maire de Dijon, et d'Frédérique Alexandre-Bailly, la rectrice de l'académie de Dijon, chancelière de l'université. Autant de gens pour qui le campus revêt une importance capitale. Ils ont inauguré ensemble à la fois l'esplanade Erasme et la place Roger Barade, dont la matérialisation avait disparu depuis que les lieux ont été transformés par l'arrivée du tram. Autour d'eux, des membres de la famille de Roger Barade, mais aussi le député de la 1ère circonscription, Didier Martin, et nombre d'élus locaux parmi lesquels Georges Maglica, Patrice Chateau, Lê-Chinh Avena, Charles Rozoy, Elizabeth Revel et Dominique Martin-Gendre notamment.

Le nom de Roger Barade «ne pouvait être absent du lieu»


Dans ce «lieu emblématique du campus Montmuzard», Alain Bonnin associait les noms de Roger Barade et d'Erasme, comme ceux de «deux visionnaires». Le premier comme bâtisseur du campus «dont le nom ne pouvait être absent du lieu», le second comme «un militant de la paix en Europe».
Mais pourquoi cette inauguration aujourd'hui ? «Parce que nous avons fait ensemble, il y a quelques mois, le constat que les transformations de l'esplanade avaient conduit à la disparition de la place Roger Barade». Et le président de l'université de poursuivre : «Le temps nous a permis de mesurer combien les bouleversements urbains ont chamboulé le quotidien de tous ceux qui travaillent ici».

«L'une des plus grandes transformations de la ville depuis l'arrivée du tram»


Des propos abondés par Nathalie Koenders, qui commençait par rappeler combien «le style de Roger Barade a profondément marqué l'urbanisme dijonnais. Ce campus, il l'a créé sur le modèle ceux des universités américaines il y a plus de 50 ans». «L'esplanade Erasme fait partie des plus grandes transformations de la ville depuis l'arrivée du tram. Elle a une fonction de cœur convivial du campus selon l'idée du parc urbain. Ce n'est pas un hasard si Dijon est encore dans le top 5 des villes où il fait bon étudier». Pour la Ville et la Métropole, «l'université est un facteur incontournable d'attractivité. C'est un partenariat riche et ambitieux».

«Il n'y a pas de région forte sans université forte»


Marie-Guite Dufay s'est elle aussi associée à «ce moment de reconnaissance et de joie». «Nous sommes heureux aujourd'hui grâce à l'esprit visionnaire de ceux qui nous ont précédés. Aujourd'hui, l'attractivité de ce campus est un atout majeur pour la ville et pour toute la Région. Il n'y a pas de région forte sans université forte». Pour la présidente de région, l'axe de développement de la Bourgogne-Franche-Comté va «de Mâcon à Belfort, en passant par Le Creusot, Chalon, Besançon, etc. Ce sont autant de pôles universitaires qui travaillent de plus en plus ensemble mais doivent encore plus s'associer pour le développement d'un vrai mode coopératif qui leur permettra d'exprimer tout leur potentiel». Et de conclure : «nous ne pouvons rien faire sans un enseignement supérieur et une recherche très forts».

«Développer l'interdisciplinarité de l'université»


La rectrice d'académie et chancelière de l'université, Frédérique Alexandre-Bailly, concluait brièvement les prises de parole au nom de l'Etat, et notamment de la préfète, excusée. «Avoir un campus, c'est donner du bien-être aux étudiants. Voir des étudiants qui peuvent travailler dans l'herbe, en groupe, et même jouer, c'est très important. D'autant plus dans cette disposition qui permet aux étudiants des différentes filières de communiquer entre eux. C'est très important pour développer l'interdisciplinarité de l'université».

Ouvrir le campus sur la ville


L’idée de l’aménagement de l’esplanade Erasme comme «lieu de vie central» du campus universitaire remonte aux années 1990, mais c’est l’arrivée du tram qui a permis de la concrétiser à partir de 2012. Cet aménagement s’inscrit dans le projet urbain «Grand Campus», initié dès l’origine par le Grand Dijon avec le contrat d’agglomération. Son objectif était de renforcer le trait d’union entre le nord et le sud du site universitaire, d’ouvrir cet espace sur la ville en y associant le CHU, le Centre Leclerc, l’INRA, etc. Il avait pour but également de redynamiser le campus, de former un lieu d’échange et de convivialité de plein air au cœur de l’université de Bourgogne, de favoriser les modes de déplacement alternatifs à l’automobile (tramway, vélos, piétons), d’améliorer la sécurité de la traversée de la rue Sully.

Le cœur convivial du campus


Ces travaux d’aménagement ont aussi pu se concrétiser grâce à la région Bourgogne-Franche-Comté, investissant 5 millions d’euros dans ce projet unique de redéfinition d’un espace aujourd’hui exceptionnel, illustrant ainsi son engagement en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Depuis la fin du chantier, en 2015, l’esplanade Erasme assure donc sa fonction de cœur convivial du campus autour duquel s’articule l’ensemble de l’université. Conçue comme un vaste parc urbain de 10 hectares, elle participe ainsi au bien-être des quelque 25.000 étudiants qui fréquentent l’université de Bourgogne. Les transformations urbanistiques liées à l’arrivée du tram ayant conduit à la disparition physique de la place Roger Barade, architecte du département, concepteur de l’université de Bourgogne, du centre hospitalier régional de Dijon et de grandes administrations, hommage lui est à nouveau rendu désormais.
N.R.