samedi 17 août 2019
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UNIVERSITE DE BOURGOGNE : 49 réfugiés et demandeurs d’asile diplômés

24/06/2019 09:55Imprimer l’article
Le deuxième promotion du D.U. Français Langue Etrangère pour l’insertion des publics migrants a été saluée dernièrement, de même qu’a été réaffirmée une réelle démarche pour accompagner ces publics.
Ce n’est pas un hasard si la cérémonie de remise des diplômes s’est déroulée le jeudi 20 juin, à la Maison internationale de l’uB sur le campus universitaire de Dijon. Cette date était celle de la journée mondiale des réfugiés des Nations Unies. Grégory Wegmann, vice-président de l’Université de Bourgogne délégué au suivi de l’offre de formations, a souligné cette référence en ouverture d’un rendez-vous ayant permis aussi de réaffirmer une volonté et une démarche.

«S’ouvrir, accueillir, tendre la main, tels sont les engagements de l’uB»


«La palette de nos formations évolue selon les besoins nouveaux et essaie de s’adapter au rythme des évolutions de notre société. Avant d’être des bâtiments, une université est en premier lieu une communauté humaine de citoyens. Former et transmettre sont les actions au coeur de nos missions. L’ouverture est un des fils rouges qui oriente nos actions
S’ouvrir, accueillir, tendre la main, tels sont les engagements de l’uB», a déclaré Grégory Wegmann en assurant que si l’uB doit en parallèle veiller aux équilibres budgétaires, «cela n’empêche pas de regarder autour de nous lorsque des personnes arrivant d’ailleurs sont en situation de demander une formation».

«Ce D.U., c’est un lieu de reconstruction d’identité»


«La langue française, ils savent que c’est la clé pour trouver leur place dans notre société», a quant à elle insisté Claire Despierres, responsable du D.U., pour insister sur le bienfondé de la formation. Et en déplorant les derniers chiffres de l’HCR indiquant que fin 2018 la barre des 70 millions de réfugiés dans le monde a été dépassée, elle a poursuivi sur le fait que cette question devrait davantage éveiller les consciences et les responsabilités aussi bien individuelles que collectives.
Pour Claire Despierres, «l’Université est face à de nouvelles responsabilités et doit prendre la mesure des enjeux». L’Université de Bourgogne a pris «sa part dans la dignité humaine, pour que chacun puisse construire son projet professionnel». Elle ajoute : «Ce D.U., c’est un lieu de reconstruction d’identité, d’échanges, pour que les étudiants puissent tracer leur chemin vers une insertion». Cela à l’image d’Abdoulaye Baye, malien de 23 ans, diplômé récemment et ayant aujourd’hui comme envie de travailler dans la mécanique automobile. «J’ai rencontré beaucoup de personnes et je sens vraiment beaucoup de progrès. Quand je parle en français, on peut me comprendre, bien plus que quand je suis arrivé il y a deux ans. Sinon, j’étais dans l’atelier radio et on a vu plein de choses. Je remercie vraiment tout le monde», nous dit-il.

Langue française et découverte culturelle


Lancée en octobre 2017 par l’UFR Lettres et Philosophie, cette formation a accueilli cette année une promotion de 49 réfugiés et demandeurs d’asile souhaitant reprendre les études supérieures que l’exil les avait contraints à interrompre, ou ayant besoin d’obtenir une équivalence de diplôme pour s’insérer dans la société française.
Pendant un an, les étudiants du D.U. ont suivi un perfectionnement intensif en langue française en matinée, et, l’après-midi, des ateliers d’expression et de découverte culturelle (théâtre, radio, cuisine), ainsi que des cessions individualisées de préparation de leur projet universitaire et professionnel. Des cours de spécialités (mathématiques, physique, chimie, biologie et économie) ont également été organisés pour ceux et celles se destinant aux cursus scientifiques. Enfin, un tutorat linguistique a été assuré par des étudiants en licence de l’uB dans le cadre de l’U.E. «Engagement citoyen» comptant pour la validation de leur licence.

Le diplôme devient national


En parlant de la poursuite d’engagements sur des questions d’accueil et d’intégration, l’uB adhérera prochainement à la charte du réseau Migrants dans l’enseignement supérieur, et la formation évoquée ici prendra une nouvelle dimension dès la rentrée 2019-2020 puisqu’elle deviendra le D.U. Passerelle «Etudiants en exil».
Lancé à l’échelle nationale à la rentrée prochaine donc, cette nouvelle formation sera éligible aux aides sociales et permettra ainsi aux étudiants réfugiés ou bénéficiaires de la protection subsidiaire d’avoir accès aux bourses sur critères sociaux, aux logements étudiant du CROUS, aux aides spécifiques ainsi qu'à la restauration collective.

Encore du travail à faire…


Dans cette dynamique, la responsable de la formation n’oublie pas les forces vives ainsi que les partenaires de celle-ci : la Fondation SMERRA ; la Fondation Ipsos ; le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne et la Fondation Crédit Agricole Solidarité et Développement. Le cursus bénéficie également du soutien de la Direction départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale de Bourgogne-Franche-Comté, de la Région Bourgogne-Franche-Comté et de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).
Ces partenaires ont adressé leurs félicitations, apporté leurs soutiens et fait part de leur émotion en parlant du courage et de l’envie des réfugiés. Quant à la considération de la société pour ces personnes, souvent contraintes d’abandonner leurs vies dans leurs pays d’origine en proie à des conflits notamment, il y a encore du travail et de la pédagogie à faire… D’après la fondation Ipsos, sur une enquête menée dans 15 pays, 60 % des populations valident le principe de réfugiés, contre 42 % en France. 40 % de la population mondiale pense qu’il faut fermer les frontières. 38 % pense que l’intégration est possible, contre 17 % seulement en France.
À l’uB, on rappelle au contraire que la soirée de partage des traditions culinaires et autres spécificités culturelles a été une belle réussite.

Alix Berthier