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UNIVERSITE DE BOURGOGNE : L’Europe de l’enseignement supérieur et l’avenir de l’Université au coeur des voeux d’Alain Bonnin

19/01/2018 00:25Imprimer l’article
Le président de l’Université de Bourgogne a présenté ses voeux ce jeudi sur le campus de Dijon. Il a été question de poursuivre incontestablement l’idée d’une Europe de l’enseignement supérieur et de la recherche mais aussi de projeter l’Université de Bourgogne dans l’avenir en s’appuyant sur ses réussites et ses excellences.
Habituellement remplie d’étudiants de toutes formations, la grande BU Droit-Lettres de l’Université de Bourgogne a été ce jeudi après-midi consacrée uniquement à un rendez-vous : la présentation officielle des voeux du président de l’uB, Alain Bonnin.
L’accueil avait été aménagé de manière à ce que puisse être largement partagé le vin d’honneur; mais ça se passait d’abord à l’étage, où Alain Bonnin s’est donc présenté au pupitre avec à ses côtés les membres du Conseil d’administration de l’Université de Bourgogne. Il allait s’exprimer devant une forte assistance de personnels de l’uB, mais aussi devant nombre d’élus locaux, territoriaux, et des représentants de l’Etat ou bien de différentes Chambres professionnelles.
Au premier rang de l’auditoire, on remarquait notamment François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon Métropole, Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil Régional Bourgogne-Franche-Comté, François Patriat, sénateur de Côte-d’Or… Tout un ensemble d’acteurs et de partenaires institutionnels de l’Université de Bourgogne mais aussi de la COMUE Bourgogne-Franche-Comté.
Avant d’entrer dans son discours, Alain Bonnin a tenu à saluer la mémoire d’un de ses prédécesseurs : Claude Condé, disparu prématurément cette semaine. Les condoléances de toute l’Université de Bourgogne ont été exprimées par la voix de son président actuel. Lequel a ensuite véritablement débuté son discours de président.

L’Europe comme point fort


Il a parlé avant tout d’Europe, pour rappeler qu’approche aujourd’hui le vingtième anniversaire du processus de Bologne qui avait concrétisé le projet d’un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’Europe fut citée à plusieurs reprises et avec insistance dans les propos du président, pour dire aussi combien l’enseignement supérieur et la recherche ont leur place et même «un nouvel élan à donner» à la construction européenne. Et Alain Bonin a invité les acteurs de l’uB à bien retenir qu’en mars prochain, le colloque national de la Conférence des présidents d’universités se déroulera ici à Dijon. Il y sera notamment question des réseaux d’universités européennes. L’Europe, plus explicitement l’enseignement supérieur et la recherche comme vecteurs dynamiques dans celle-ci, Alain Bonnin en a fait un point fort de ses voeux 2018 ce jeudi.
Mais le président de l’Université de Bourgogne a aussi plaidé dans le sens certes de réformes nécessaires mais avec des moyens adéquats et des orientations propices à faire que l’enseignement supérieur reste accessible, tout en pensant aux débouchés que peut permettre la formation professionnelle. Tout cela «progressivement», a souhaité Alain Bonin.

«Un sens élevé des responsabilités»


Le président de l’uB n’a pas manqué ensuite de réaffirmer le besoin de sécuriser le modèle économique des universités françaises. Cela avant de faire part du développement et des ambitions de l’Université à Dijon, ainsi que sur les sites décentralisés.
Rappelons que ces deux dernières années l’Université de Bourgogne fut notamment marquée et divisée peut-on dire par des difficultés et déficits budgétaires qui ont fait débat. Les efforts réalisés devraient se ressentir plus positivement en cette année 2018.
Pour le président de l’uB, celle-ci est reconnue, et il est conscient qu’un gros travail est opéré ici par les acteurs et les partenaires. C’est pour cela qu’il a tenu dans son discours à saluer les efforts consentis, en voulant rendre hommage «au sens élevé des responsabilités» dont font preuve les protagonistes de cette reconnaissance.
En fin d’après-midi, les verres étaient levés à une année 2018 pleine de réflexions et d’ambitions à mener ensemble. L’équipe de Germain Traiteur était à l’oeuvre pour cette partie conviviale, de même que Croc&Vie, cette innovation alimentaire qui a vu des étudiants d’Agrosup remporter la finale nationale d’Ecotrophelia en 2017.
Selon les chiffres de l’uB, celle-ci compte environ 30 000 étudiants et 2 900 salariés.

Alix Berthier

Les déclarations et les voeux d’Alain Bonin :


L’Europe, une construction qui perdure au travers

de l’enseignement supérieur et de la recherche


«… à Bologne, 29 pays donnaient corps à cette idée en s’engageant à placer l’élaboration et la transmission des savoirs au cœur du projet européen. Depuis cette date, cette initiative s’est élargie à 47 pays. Elle associe 6.000 établissements, et concerne 30 millions d’étudiants.
… à l’heure où l’Europe traverse une période d’incertitudes et cherche de nouveaux chemins d’avenir, le vingtième anniversaire du processus de Bologne est synonyme d’espoirs car il porte en lui des valeurs fondamentales pour nos sociétés. Les universités partagent en effet les valeurs fondatrices de l’Europe, le respect de la diversité et de la dignité humaine, la liberté, l’égalité, la démocratie, le respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit. Ainsi, l’enseignement supérieur et la recherche peuvent donner un nouvel élan à la construction européenne. Les universités françaises y sont prêtes.
Cette Europe du savoir, elle est une évidence pour l’Université de Bourgogne. Depuis plusieurs décennies, notre université a tissé avec l’université Johannes Gutenberg de Mayence, une relation de confiance riche, profonde et solidement adossée aux liens qui unissent les métropoles de Mayence et de Dijon ainsi que les régions Rhénanie-Palatinat et Bourgogne, puis Bourgogne Franche-Comté. C’est cette évidence et cette réussite que nous célèbrerons en cette année 2018 qui marque le soixantième anniversaire du jumelage de Mayence et Dijon.»

Pour des évolutions nécessaires mais progressives

de l’enseignement supérieur


«La première d’entre elles est la réforme de l’entrée dans l’enseignement supérieur. Cette réforme était attendue et ses implications seront profondes. Elle est l’occasion de nous interroger, collectivement, sur l’avenir de la jeunesse dans un pays qui a choisi d’amener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat et dans une société qui s’accorde à reconnaître à tout bachelier le droit d’accéder à l’enseignement supérieur. Ainsi, au-delà de cette réforme, c’est bien d’une vision globale de l’avenir de sa jeunesse dont la France a besoin. Et la réponse ne peut concerner les seules universités, écoles ou sections de techniciens supérieurs.
Elle doit également engager les entreprises et s’appuyer sur une économie dynamique et fluide offrant aux jeunes, qui ne suivent pas d’études longues, des métiers et des évolutions de carrière attractifs. Cette réforme nous invite donc à une évolution profonde de la relation de la société française avec la formation professionnelle.
Pour réussir, la réforme aura besoin des moyens nécessaires et son application comme son déploiement ne pourront se faire que de manière progressive sur plusieurs années.»

L’uB «responsable» dans la construction régionale de l’enseignement supérieur


«Une réforme de la politique de sites est également attendue. Personne ne conteste le bien-fondé d’une coordination territoriale des établissements et organismes d’enseignement supérieur et de recherche. Mais beaucoup d’acteurs souhaitent que le cadre juridique évolue vers davantage de souplesse. La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a engagé une réflexion à ce sujet.
Il est donc important d’examiner ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien, en réfléchissant aux évolutions nécessaires. Et il est logique de se poser la question dans notre région alors même que l’Etat se la pose.
L’Université de Bourgogne, par sa taille, sa présence territoriale et son rayonnement scientifique, a porté une responsabilité particulière dans la construction de l’espace régional de l’enseignement supérieur, à travers la COMUE (communauté d'universités et d'établissements), la SATT Grand-Est et l’initiative d’excellence I-SITE. Notre université continue d’honorer cette responsabilité, toujours et en toute occasion, en loyauté avec ses partenaires et dans la recherche de la réussite collective. Mais l’Université de Bourgogne est et restera un partenaire lucide.»

Une Université projetée dans l’avenir malgré les difficultés


«Je tiens à souligner que, malgré les difficultés budgétaires, notre université n’a pas cessé - et ne cessera pas - de se projeter dans l’avenir.
Qu’il s’agisse des usages du digital – je citerai les robots de télé-présence pour l’enseignement à distance, notamment à destination d’étudiants en situation de handicap.
Qu’il s’agisse du développement de nouvelles formations d’ingénieurs à Dijon, au Creusot, à Auxerre et à Nevers. La mise en place d’une chaire notariale de Droit rural à Mâcon et le projet bien engagé d’un 4ème département à l’IUT de Chalon-sur-Saône.
Qu’il s’agisse du soutien à nos laboratoires de recherche, en particulier avec de nouveaux recrutements de professeurs en archéologie et en psychologie.
Qu’il s’agisse des réussites, avec nos partenaires de la COMUE, aux appels à projets « Nouveaux Cursus Universitaires » et « Ecoles Universitaires de Recherche ».
Qu’il s’agisse de grandes infrastructures - je pense ici à notre futur Learning Center ; à la labellisation espérée par l’Etat de notre Datacenter, structure de très haute-technologie unique en région, portant un projet concerté au service du site – et je veux sur ce dossier dire mes profonds remerciements au président de Dijon Métropole, François Rebsamen, à la présidente de Région, Marie-Guite Dufay, et au président de la COMUE, Nicolas Chaillet, qui vous êtes engagés pour soutenir ce projet.»

La poursuite du développement du Grand Campus dijonnais


«Et je n’oublie pas le développement du Grand Campus, qui s’élargit en 2018 à de nouveaux acteurs, et qui partage avec Dijon Métropole une vision ambitieuse, ouverte, dynamique et moderne de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour faire de Dijon un hub universitaire qui entraînera la région tout entière.
En effet, une métropole ne s’adresse pas seulement aux communes qui la composent. Elle se doit aussi de regarder en direction des territoires qui l’entourent.
Je sais, Monsieur le Président de Dijon Métropole, que vous portez cette idée et que vous la mettez en œuvre. C’est également l’uB et ses partenaires du Grand Campus qui, à vos côtés, s’engagent pour les grands projets et réussites de la Métropole. Je peux citer ici le projet de «Ville intelligente et connectée», «Food Tech» ou encore le projet «Territoire Innovation» de grande ambition pour assurer l’autosuffisance alimentaire du territoire d’ici 2030.»

L’uB reconnue dans les classements d’excellence


«C’est ainsi, parlant de confiance en notre avenir, que je souhaite vous parler de l’entrée de l’Université de Bourgogne dans le classement de Shanghai, succès qui fait suite à son intégration dans les classements du Times Higher Education en 2015, du Center for World University Ranking en 2016, et dans celui de Leiden où l’Université de Bourgogne est bien positionnée.
Il convient également de souligner le très bon classement de nos deux écoles d’ingénieurs (l’ISAT et l’ESIREM). Bien entendu, les classements ne sont pas la finalité d’une politique universitaire. Ils en sont la conséquence. Mais à leur manière quand ils sont là, qu’ils se répètent, s’appuient sur des critères multiples et reconnus internationalement, ils constituent les signes peu contestables de l’excellence de notre université.
Le classement global de Shanghai dans lequel rentre cette année l’université de Bourgogne s’appuie sur des classements disciplinaires élogieux dans de nombreux domaines (mathématiques, chimie, biologie et biologie humaine, sciences de l’agriculture, sciences du sport, médecine clinique, sciences et technologies alimentaires).
Ainsi, l’idée que je développe depuis le début de ma présidence confirme les constats et les classements internationaux d’aujourd’hui, à savoir que pour dispenser une bonne formation, il faut disposer d’une recherche forte. C’est pour cela que j’ai toujours souhaité préserver le budget de nos unités de recherche, encourager les liens entre enseignement et recherche et mener une politique de différentiation sur nos axes d’excellence.
L’entrée de l’Université de Bourgogne dans le classement de Shanghai est le fruit du travail mené depuis plusieurs décennies par l’ensemble des personnels, et par toutes les équipes de gouvernance qui se sont succédé.
A toutes et à tous je veux rendre un hommage solennel. C’est notre histoire partagée qui permet à l’Université de Bourgogne d’être ainsi distinguée. Et nous devons collectivement en tirer confiance car nous sommes toutes et tous acteurs de cette trajectoire.»

Focus sur l’Europe


«Je terminerai enfin par où j’ai commencé car l’enjeu est essentiel, à savoir l’Europe.
L’uB aura le plaisir d’accueillir cet hiver deux temps forts de la Conférence des Présidents d’Université : le premier en février avec une journée d’échanges à la Maison des Sciences de l’Homme avec comme sujet de réflexion : Europe - Enseignement supérieur et Recherche, ou comment identifier les stratégies de coopération pour les acteurs d’un territoire. Puis le second temps fort en mars avec le colloque annuel de la CPU qui aura comme thème : L’Europe des universités.»