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UNIVERSITE DE BOURGOGNE : La communauté universitaire meurtrie en 14-18 n’est pas oubliée

13/11/2018 09:43Imprimer l’article
C’est le sens de la commémoration qui a été respectée ce lundi devant la plaque dédiée aux morts pour la France à l’entrée du bâtiment Droit-Lettres sur le campus universitaire de Dijon.
Au lendemain de la journée officielle du 11 novembre, la cérémonie organisée à l’Université de Bourgogne, sur le campus universitaire de Dijon, était faite dans la sobriété.
Selon le président de l’uB Alain Bonnin, il s’agissait «avant tout de marquer symboliquement une continuité dans notre histoire commune…  Ce rendez-vous est une belle occasion de lui donner corps car l’histoire partagée est un puissant ciment d’une communauté humaine». Une commémoration pour laquelle le président a même tenu à remercier deux personnes pour cette initiative : Gilles Bertrand, ancien président de l’Université de Bourgogne, et Claire Pêcheur, professeure d’histoire-géographie au collège d’Auxonne, ancienne étudiante de l’uB qui s’était concentrée sur le thème «Une université en guerre : Dijon 1914-1918» pour son mémoire en master 2.

«Plus de 300 étudiants et enseignants dijonnais partiront,

pour ne jamais revenir»


Ce travail, Alain Bonnin s’en est inspiré, pour mieux connaître l’histoire de l’Université et rappeler que celle-ci, qui sera tricentenaire en 2022, existait évidemment déjà en 14-18.
En revenant sur l’entrée dans la Première Guerre mondiale dans la France de 1914, à l’heure du «son des cloches d’églises qui marquera le début de cette période terriblement traumatisante», avec l’implication massive d’hommes mais aussi de femmes dans et en parallèle du conflit, avec «des hommes déracinés, venus d’autres continents pour défendre notre territoire», Alain Bonnin s’est arrêté sur les conséquences engendrées à l’université : «Si le milieu universitaire d’avant-guerre était essentiellement masculin, le conflit mondial permettra également aux femmes de prendre pied davantage dans l’université. La mobilisation, comme la préparation militaire, désorganisera rapidement l’université. En 1914 à Dijon, il existe trois facultés : Droit, Sciences et Lettres ainsi que l’Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie. Bien qu’autonomes dans la dispense des enseignements, elles étaient liées par l’institution "Université". Cette dernière représentait 2,5 % des effectifs étudiants nationaux. Déjà, on peut noter que la place de Dijon n’était pas mineure dans le tissu universitaire français. Suite à la mobilisation générale, plus de 300 étudiants et enseignants dijonnais partiront, pour ne jamais revenir. Si l’on ramène ce nombre aux effectifs, cela représente plus de 10 % des hommes qui étudiaient ou enseignaient. Ce chiffre est étourdissant et démontre bien l’ampleur, l’énorme désastre humain de ce conflit».

«L’acharnement des professeurs à maintenir un fonctionnement,

un engagement pour sauvegarder l’enseignement supérieur»


«Quelles pouvaient être les activités d’une université dans une telle période ?  La ville de Dijon disposait-elle d’une université en fonctionnement pendant cette guerre ? Les prérogatives militaires ont-elles éclipsé pour quelques années cette institution ?», ce sont notamment les questions que s’est posée Claire Pêcheur dans ses travaux d’études, auxquelles le président de l’uB a répondu à l’occasion de la commémoration, en voulant là souligner le rôle de l’université même dans une période troublée : «Pour l’université de Dijon, la guerre imposera de remettre en question ses activités. L’université se tournera vers de nouvelles activités, de nouvelles coopérations, vers un nouveau public. Ainsi, elle renforcera l’unité son unité et développera des activités propres. Mais au cours de cette période, un ralentissement des activités scientifiques est rapidement constaté ainsi que la suspension des concours et des examens. L’acharnement des professeurs à maintenir un fonctionnement est un engagement pour sauvegarder l’enseignement supérieur. Cette volonté de maintenir des activités intellectuelles et des travaux de recherche est aussi une manière de préparer les lendemains du conflit». Et à Dijon, où la guerre prendra réellement fin en 1922 avec le retour de tous les soldats, Alain Bonnin a mis l’accent sur une université devant se remettre de cette période en comptant sur l’esprit ravivé par les associations étudiantes.
Plus largement, c’est à l’Europe qu’a fait référence le président de l’uB, «ce bien commun qui est le plus précieux, ce maintien de la paix depuis 70 ans». Une fraternité dans laquelle Alain Bonnin entend travailler, développer encore des relations, les renforcer avec Mayence, la Rhénanie-Palatinat et l’université Johannes Gutenberg. Avec on le sait un projet d’université européenne à mener.

Une pensée pour «d’autres femmes et hommes, morts sous les balles du terrorisme»


Enfin, Alain Bonnin, veille du 13 novembre ce lundi, a élargi la pensée exprimée collectivement à «d’autres femmes et hommes, morts sous les balles du terrorisme, l’une des formes mutantes de guerre moderne».
Pour les étudiants et professeurs ayant péri en 14-18, une gerbe de fleurs a été déposée devant la plaque (située sur l’un des murs du couloir menant à l’amphithéâtre Proudhon) avant le respect par la vingtaine de personnes présentes d’une minute de silence. «Ce lundi matin, toutes les plaques commémoratives recensées à l’université ont été fleuries pour saluer la mémoire des disparus dont les noms sont gravés dans le marbre ou la pierre», a aussi précisé Alain Bonnin dans son discours.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier