lundi 20 novembre 2017
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ACADEMIE DE DIJON : Inquiétude après la suppression de plus de 250 contrats d'emplois aidés dans l'Education Nationale

13/11/2017 19:42Imprimer l’article
L'intersyndicale éducation monte au créneau sur la question des emplois aidés. «Des enfants handicapés attendent des auxiliaires de vie scolaire (AVS) tandis quon a mis les emplois de vie scolaire (EVS) au chômage» explique Françoise Lyon, co-secrétaire de la FSU Côte-d'Or.
Comme dans d'autres milieux, notamment associatifs, la suppression de contrats d'emplois-aidés dans l'Éducation Nationale n'est pas sans conséquence. L'intersyndicale éducation CFDT, FO, FSU, UNSA en Côte-d'Or tente de prendre les choses en main au niveau de l'académie de Dijon. Elle a rencontré la semaine dernière en préfecture Pauline Jouan, directrice de cabinet de la préfète, afin de faire le point, tant sur les élèves en situation de handicap qui ont perdu leur accompagnant que sur ces derniers, désormais au chômage et vulnérables sur le marché de l'emploi.

«L'académie avait annoncé la suppression de 271 contrats d'emplois aidés» explique Françoise Lyon, co-secrétaire de la FSU Côte-d'Or. C'est à peu près ça, mais les chiffres sont différents d'un document à l'autre. Quoi qu'il en soit, si certains de ces postes ont été compensés avec la création notamment d'assistants d'élèves en situation de handicap (AESH), le compte n'y est pas. Et c'est ce que dénonce l'intersyndicale.

«La suppression des contrats aidés laisse sans emploi des personnes investies dans des missions essentielles à l'école. Sans cela, ce sont des personnes souvent isolées. L'administration a proposé à 52 d'entre elles un emploi de vie scolaire (EVS), et 50 ont répondu qu'elles le souhaitaient, mais on n'a plus de nouvelles, deux mois après la rentrée».
Pour Françoise Lyon, ces suppressions de postes signent également «la remise en question de l'accompagnement de nombre d'élèves en situation de handicap».

Aucune réponse claire n'a été apportée pour l'heure : «A la préfecture, on essaie d'aborder l'aspect humain, mais on nous répond en parlant de moyens. On nous assure que la préfète y accorde une grande attention mais visiblement, elle n'a pas de marge de manœuvre». Aujourd'hui, la balle est renvoyée à la DSDEN, l'inspection académique, afin qu'elle fasse le point sur le nombre exact de personnes concernées.

«Nous sommes contre le système d'emplois aidés, qui n'aide en réalité pas au retour au travail. Mais si des contrats d'assistants d'élèves en situation de handicap (AESH) leur sont proposés, bien que se soient des contrats de seulement 20h payés au smic, et qui nécessitent une formation, ce serait déjà un bon début pour ces personnes». Et Françoise Lyon de conclure : «Pour certaines de ces personnes, on les a aidé à retrouver une dignité et un rôle social, et on leur a annoncé brutalement que c'était terminé».

L'intersyndicale demande le maintien des postes pour tous les personnels en contrat aidé et le réemploi des personnels non reconduits, la création d'un réel statut et une formation qualifiante.
N.R.