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CHATILLONNAIS : Craintes autour de la réorganisation du laboratoire de l'hôpital

09/02/2018 19:35Imprimer l’article
Actualisé avec la réaction de François Sauvadet.

L'ARS  va annoncer une réorganisation au sein de l'hôpital de Châtillon-sur-Seine : le laboratoire d'analyses biologiques se rapprochera de celui de Semur-en-Auxois, un des effets de la réduction du déficit du CH-HCO. Le maire Hubert Brigand a réagi à cette annonce qui suscite des craintes parmi les syndicats.
Les agents du Centre Hospitalier de la Haute Côte-d'Or (CH-HCO) attendaient avec anxiété des nouvelles de l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté (ARS). Depuis le 21 décembre 2017, l'intersyndicale CFDT-CGT-FO est notamment en grève à Alise-Sainte-Reine pour dénoncer les incertitudes qui règnent sur la situation de l'établissement. Lourdement déficitaire, le CH-HCO a dû faire des propositions à l'ARS pour réduire ses coûts. Les sites du CH-HCO, résultant de plusieurs fusions ces dernières années, sont Saulieu, Vitteaux, Montbard, Alise-Sainte-Reine et Châtillon-sur-Seine.

Rapprochement des laboratoires de Châtillon et Semur


Le CH-HCO avait remis à l'ARS un Contrat de Retour à l’Équilibre Financier (CREF) pour le 30 octobre 2017 afin de résorber un déficit attendu de 5 millions d'euros en 2017 sur environ 80 millions d'euros de produits d'activités. Ce CREF a été étudié par l'ARS afin d'en vérifier les propositions. Le 19 décembre 2017, à la suite d'une rencontre avec François Sauvadet (président du conseil départemental de la Côte-d'Or), l'ARS avait détaillé des mesures applicables en 2018 au CH-HCO. Les syndicats notaient alors l'absence de dispositions concernant Châtillon-sur-Seine. Aujourd'hui, en s'appuyant sur des innovations techniques, l'ARS parle d'une prochaine «réorganisation» du laboratoire d'analyses biologiques de l'hôpital de Châtillon-sur-Seine qui devrait s'effectuer avant la fin 2018.

Selon le site internet du CH-HCO, à ce jour, «le laboratoire polyvalent du Centre Hospitalier de la Haute Côte-d'Or a pour mission d’effectuer les analyses de biologie médicale : des patients hospitalisés dans les services de soins du CH-HCO (sanitaires et médico-sociaux) et des clients externes». Il comporte à ce jour une salle de prélèvements sanguins, une partie technique (biochimie, hématologie cellulaire, hémostase, sérologie infectieuse) et une partie hygiène hospitalière.

L'ARS indique, ce 7 février 2018, que «le laboratoire de biologie médicale de Châtillon fait face à une perte d’activité importante depuis plusieurs années, des besoins d’investissements et une fragilité de l’équipe biologique : il a donc été demandé  au centre hospitalier d’engager une réorganisation de cette activité en se rapprochant du laboratoire de biologie du centre hospitalier de Semur en Auxois. Cette nouvelle organisation permettra de conforter l’activité de biologie sur ce territoire et d’assurer en particulier la continuité des examens urgents du centre hospitalier de Châtillon. Une telle organisation fonctionne déjà dans d’autres sites de la région et a fait la preuve de son efficacité, notamment sur les sites d’Avallon et de Clamecy pilotés par le laboratoire du centre hospitalier d’Auxerre avec présence d’équipement de biologie délocalisé dans chaque établissement».

Il faut souligner que le Centre Hospitalier de Semur-en-Auxois ne fait pas partie du CH-HCO. En revanche, il fait partie du Groupement Hospitalier de Territoire Côte-d'Or/Haute-Marne, piloté par le CHU Dijon Bourgogne, qui procède à la mise en réseau de ces hôpitaux, dont le CH-HCO.

Réorganisation ou fermeture ?


Quand l'ARS parle de «réorganisation», compte-tenu de l’atermoiement qui dure depuis des mois, les agents entendent «fermeture». Car pour l'intersyndicale, «le laboratoire est le maillon très important de l'hôpital». Selon les syndicats, la certification et la formation des agents étaient considérées comme coûteuses. Un biologiste est parti fin janvier et, dans les colonnes du «Châtillonnais et l'Auxois» du 18 janvier dernier, le CH-HCO a annoncé une compensation de ce départ.

L'hôpital a aujourd'hui besoin du laboratoire pour obtenir des résultats d'analyses biologiques concernant les patients qui se présentent aux urgences. Avec une activité diminuée au laboratoire, la crainte est que des patients soient orientés vers d'autres urgences (celles de Semur-en-Auxois bien sûr, mais aussi de Dijon ou même de Chaumont, en Haute Marne) ce qui diminuerait d'autant les chiffres de fréquentation du service châtillonnais.

«Le CH-HCO a des urgentistes motivés»


Rappelons que la ville a déjà vu la fermeture de la maternité et du service de chirurgie à la fin des années 2000. Hubert Brigand, maire de Châtillon-sur-Seine et conseiller départemental, a réagi à cette annonce pour Infos-Dijon : «en tant que maire, j'ai pris soin de rechercher des informations à l'ARS et de consulter le corps médical pour recueillir l'avis de tout le monde. Les médecins attendent des informations complémentaires». Il relaie leur inquiétude : «il ne faudrait pas qu'avec le laboratoire on passe à un service minimum qui nuirait au fonctionnement des autres services».

L'édile châtillonnais appelle de ses vœux une rencontre avec la direction du CH-HCO, les élus, l'ARS et les médecins. Il interpelle aussi le président du conseil de surveillance, Bernard Pault (maire de Vitteaux), pour connaître sa position sur ce dossier : «ce serait intéressant d'avoir l'avis du président, qu'a-t-il fait comme démarche ?».

Le maire de Châtillon-sur-Seine se dit en première ligne sur ce dossier : «je n'ai pas de crainte pour les urgences à l'heure qu'il est parce qu'on a des médecins sur le CH-HCO, et en particuliers des urgentistes, qui sont motivés et déterminés. Je vais m'appuyer sur eux pour que ce qui est envisagé par l'ARS ne nuise à aucun service. On va se battre dans ce sens-là avec des arguments et des explications».


Jean-Christophe Tardivon

Le 9 février 2018, François Sauvadet, président du conseil départemental de la Côte-d'Or a réagi par un communiqué :

Restructuration hospitalière en Haute Côte-D'or : Je défends le maintien du laboratoire d'analyses médicales de Châtillon-sur-Seine

L’Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté a engagé, depuis plusieurs mois, une réflexion visant à réorganiser l’offre hospitalière de la Haute Côte-d’Or. En décembre dernier, j’ai rencontré Pierre Pribile, directeur général de l’ARS, pour exiger qu’une véritable concertation soit engagée avec tous les acteurs locaux, et notamment le Conseil départemental et le Centre Hospitalier de la Haute Côte-d’Or.

J’ai appris dernièrement que l’ARS envisageait de rattacher au Centre hospitalier de Semur-en-Auxois le laboratoire de biologie médicale implanté au sein de l’hôpital de Châtillon-sur-Seine. L’ARS justifie cette décision en arguant du niveau réduit d’activité du laboratoire de Châtillon et de « sa situation de grande fragilité ».

L’ARS entend imposer son projet, sans aucune concertation.

Mais, il est impératif, avant toute décision, que tous les éléments qui l’ont motivée puissent être donnés. Il faut également que l’établissement puisse apporter des éléments en réponse ainsi que les incidences de cette fermeture tant pour l’ensemble des activités de l’hôpital que pour les habitants du territoire. Or, il se trouve que ce service n’est pas déficitaire mais au contraire est à l’équilibre budgétaire. Alors pourquoi ce transfert ?

Je trouve inadmissibles ces décisions unilatérales qui sont préjudiciables pour toute la population. On voudrait fragiliser la situation de l’hôpital de Châtillon-sur-Seine qu’on ne s’y prendrait pas autrement car cela risque de ne pas être sans conséquences sur le devenir des urgences.

Réorganiser l’offre hospitalière en Haute Côte-d’Or est certes une obligation ; cela ne doit pas conduire à un déménagement des services publics mais au contraire à leur pérennité.

Je m’opposerai avec vigueur à toute décision qui aurait pour conséquence de fragiliser l’accès aux soins des Côte-d’Oriens en général, des Châtillonnais en particulier.


Images d'archives :
L'entrée de l'hôpital de Châtillon-sur-Seine
Hubert Brigand (au centre) lors de la manifestation du 25 octobre 2017 à Alise-Sainte-Reine

Retrouvez notre article sur l'hôpital d'Alise-Sainte-Reine présentant la situation du CH-HCO