jeudi 19 septembre 2019
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CHENÔVE : «Il faut être offensif politiquement sur ces questions», lance le maire sur l’arrêté anti-glyphosate

04/09/2019 16:11Imprimer l’article
En Côte-d’Or, c’est aussi l’arrêté anti-glyphosate pris sur la commune de Chenôve qui est contesté par le préfet devant le tribunal administratif de Dijon. Le point avec Thierry Falconnet, maire de Chenôve.
Comme l’arrêté anti-glyphosate du maire de Dijon François Rebsamen (retrouvez le communiqué en cliquant ici), le maire de Chenôve Thierry Falconnet voit son arrêté - signé le 8 avril de cette année - être déféré par le préfet de Côte-d'Or et représentant de l’Etat devant le tribunal administratif de Dijon.
Le courrier du 29 août, signé par Bernard Schmeltz donc, rappelle que l’arrêté évoqué ne relève pas de la compétence du maire mais de celle du ministre de l’agriculture via un pouvoir de police spéciale.

Alors qu’il avait été alerté fin mai par les services de l’Etat et même «invité» selon ses propos à retirer son arrêté par la Chambre d’agriculture et la FDSEA (il a fait l'objet d'un recours gracieux de la part de la Fédération), Thierry Falconnet assume sa décision de le maintenir : «J’ai pris la décision en conscience de ne pas le retirer parce que je considère qu’il est urgent aujourd’hui de poser des actes politiques en matière de protection de l’environnement, de protection des populations, en plus dans une commune qui pratique le zéro phyto pour l’entretien de ses espaces communaux depuis maintenant 10 ans».
L’occasion aussi pour le maire de Chenôve - commune ayant rejoint l’appel national des Coquelicots quant à l’utilisation raisonnée des sols - de réaffirmer «une politique écologique volontariste» au travers de la revégétalisation de la ville, de l’idée de retrouver de la nature en ville, de créer des ilots de fraîcheur et d’atténuer en quelque sorte le réchauffement climatique touchant notamment les habitants de la commune.

Plus particulièrement, pour revenir à la contestation de son arrêté, Thierry Falconnet remarque une contradiction : «La FNSEA elle-même dit dans sa charte que les agriculteurs doivent utiliser de manière raisonnable et de manière raisonnée les produits phytosanitaires, de même qu’il faut expliquer les risques auprès de la population de l’utilisation intensive de ces produits. C’est pourtant le syndicat majoritaire qui a toujours été favorable à l’agriculture intensive, à l’agrobusiness…». Notons tout de même que le ministre de l'Agriculture et la FNSEA réfléchissent à une carte des riverains destinée aux agriculteurs utilisant des pesticides de synthèse. Pour le maire de Chenôve, les limitations de l'utilisation des pesticides à certains périmètres ne réduisent pas forcément les risques pour les habitants.

En saluant au passage le maire de Dijon pour avoir été le premier à prendre un arrêté anti-glyphosate sur la métropole, le maire de Chenôve insiste sur le pourquoi de cet acte, pas seulement symbolique : «Il faut être offensif politiquement sur ces questions, que les maires, les élus posent des actes forts et montrent que l’urgence climatique, écologique est là». Et Thierry Falconnet persiste : «Je suis fier d’avoir pris cet arrêté et je suis même fier qu’il soit attaqué par l’Etat. C’est aux législateurs, à nos députés, aux sénateurs, au gouvernement de prendre leurs responsabilités, de légiférer. Le président de la République doit passer des discours aux actes, J’aurais souhaité que d’autres maires de la métropole le fassent, mais je ne les juge pas».

«Il y a de bonnes chances que nous soyons condamnés devant la juridiction administrative car les décisions vont toutes dans le même sens pour l’instant, mais j’estime qu’il y a des défaites administratives qui sont des vraies victoires politiques», dit-il aujourd’hui. Lui qui assure ne pas vouloir nourrir une polémique, mais plutôt mettre en avant une controverse et faire fructifier le débat.
«Il faut qu’on en parle, dans l’intérêt de maintenir le débat le public. J’ai bon espoir que le gouvernement s’en saisira. Il ne s’agit pas de culpabiliser agriculteurs et viticulteurs qui utilisent ces produits, mais de dire : attention, il y a une urgence à faire évoluer les pratiques».
En citant notamment Mosanto, c’est selon lui une question à la fois de santé publique et de préservation de la biodiversité, «au lieu d’appauvrir, d’assécher les sols et d'impacter nos nappes phréatiques et nos ressources».

Sur l’évolution de la législation en revanche, s’il est difficile aujourd’hui de fixer un délai, Thierry Falconnet se dit «assez optimiste» compte-tenu du soutien que les maires dans son cas reçoivent. «Ça veut dire qu’on est dans le vrai, dans le juste». D’ailleurs, même s’il précise bien qu’il n’est pas à l’initiative de l’opération, il apprécie qu’une pétition soit lancée en faveur de son arrêté (sur la plateforme Change.org).
Le maire de Chenôve parle d’«un développement durable à la portée de tous, au coeur de nos politiques publiques et urbaines. C’est de la social-écologie, à la portée de tous». L'interdiction des produits phytosanitaires, ou bien pour commencer une utilisation plus raisonnée de ceux-ci, doit en être un acte majeur selon Thierry Falconnet.
Cette semaine également, la Fédération des élu(e)s verts et écologistes, dont Catherine Hervieu est la présidente, a apporté son soutien aux maires anti-pesticides.

Alix Berthier
Photo : Alix Berthier

Le communiqué de la FEVE :

La FEVE soutient les maires anti-pesticides

Depuis plusieurs mois une trentaine de maires, toutes tendances politiques confondues, ont décidé d’interdire l’utilisation de pesticides sur l’ensemble du territoire de leur commune.
De Langouët en Ille-et-Vilaine, à Revest-des-Brousses dans les Alpes-de-Haute-Provence, en passant par Dijon, Arcueil, Gennevilliers, Sceaux, Val-de-Reuil, Malakoff, Parempuyre… toutes ces collectivités signifient leur volonté de stopper l’usage de produits dangereux pour leur population, notamment celui du glyphosate .
Devant l’inaction de l’Etat face au danger sanitaire représenté par les pesticides, et particulièrement le glyphosate, la Fédération des Elu-es Verts et Ecologistes soutient les élu-es qui agissent concrètement pour la santé des habitants d’une part et la sauvegarde de la biodiversité d’autre part, et appellent l’ensemble des maires à suivre leur exemple en
prenant des arrêtés d’interdiction.
La FEVE invite par ailleurs ses adhérent-es à présenter dans les conseils où ils-elles siègent un vœu en faveur de l’interdiction des pesticides sur l’ensemble du territoire de leur collectivité.