mardi 11 décembre 2018
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COTE-D'OR : 100 femmes autour de François Sauvadet pour un déjeuner engagé entre élues

11/03/2018 01:35Imprimer l’article
Le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a invité les femmes élues du département à partager un repas, qui a vite pris la forme d'un échange d'expérience autour du thème du droit des femmes.
Pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes, le président du Conseil Départemental, François Sauvadet, a invité les femmes élues de Côte-d'Or à déjeuner. Plus d'une centaine de maires, adjointes et conseillères départementales étaient présentes pour ce moment convivial, mais qui était en réalité bien plus que ça.
Ce déjeuner était en effet aussi et surtout l'occasion de dresser un panorama de l'égalité femmes-hommes en Côte-d'Or, et de permettre un partage d'expériences et de ressentis des femmes dans ce milieu, la politique, où elles sont encore trop peu présentes, et souvent discriminées de façon plus ou moins directe.

«Prise de conscience mondiale»


«C'est un combat permanent» lançait d'entrée François Sauvadet au micro, évoquant le «contexte particulier» dans lequel s'inscrivait cette année cette journée internationale des droits des femmes, au cœur d'une «prise de conscience mondiale» et d'une «libération de la parole des femmes».
Mais l'égalité hommes-femmes, c'est d'abord l'égalité au travail, où l'«on constate encore des différences de salaires inadmissibles» poursuivait le président du conseil départemental, qui rappelait que «c'est en 1972 que l'on eu pour la première fois l'énoncé du principe "à travail égal, salaire égal"». Et de faire rire la salle avec une citation de Françoise Giroud, extraite d'une interview qu'elle avait donnée en 1983 au Monde : «La femme sera l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente». Applaudissements dans la salle.
Au rayon des citations, François Sauvadet avait bien bossé son sujet. Celle de Montaigne gagne aussi à être plus connue : «Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois, parce que nous les avons toutes faites sans elles».

«Plafond de verre», «quotas» et présidentes de commissions


L'ancien ministre de la Fonction Publique se montrait ensuite fier, «heureux d'avoir fait voter une loi qui a permis de percer le fameux plafond de verre». Et de préciser : «Les quotas ne sont pas forcément la mesure la plus adaptée, mais ils permettent de faire avancer les choses».
«Au Conseil Départemental aussi, nous tendons vers la parité. Mais au delà de la simple parité, c'est l'exercice des responsabilités qui compte. C'est pourquoi trois des cinq commissions sont présidées par des femmes : les finances, par Martine Eap, l'action sociale, par Emmanuelle Coint, et la Culture, le Sport et les Collèges par Catherine Louis».
Et de citer également Marie-Claire Bonnet-Vallet, la présidente de Côte-d'or Tourisme, ainsi que nombre de cheffes de services au Conseil Départemental, qui, comme un symbole, ont remplacé des hommes. «Notre collectivité devient quasi mixte, y compris jusqu'au sommet, et nous continuons à travailler à l'égalité salariale».

En Côte d'Or, 17,44% des maires sont des femmes


En France, seulement 16% des maires sont des femmes, mais elles n'étaient qu'1,1% en 1965. Aujourd'hui d'ailleurs, la Côte-d'Or se situe légèrement au-dessus de la moyenne nationale, avec 17,44%. Des chiffres encore trop loin de la parité, mais résolument sur la bonne tendance, qui faisaient à nouveau lire une citation à François Sauvadet, de Talleyrand cette-fois-ci : «Là où des hommes ont échoué, une femme peut réussir».

Pour conclure sa prise de parole, le président du Département rappelait aux femmes qui ont répondu à son invitation que ce déjeuner a pour objectif de «vous rendre hommage», de «saluer votre action», ajoutant que celle-ci «a changé la nature des relations et des débats». Il terminait son propos par une dernière citation, empruntée cette fois-ci à «une grande dame politique qui nous a quittés en 2017» : «Ma revendication, c'est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m'adapter au modèle masculin». Cette grande dame, vous l'aurez deviné, n'était autre que Simone Veil.

«La représentation des femmes, point faible de la vie politique française»


Revenant après son président sur quelques données évoquées, Catherine Louis, vice-présidente du Conseil Départemental, affirmait que «la représentation des femmes demeure un des points faibles de la vie politique française», soulignant qu'«il y a peu de femmes à la tête des villes». Pour celle qui vient de créer «Avec Elles», une association de rassemblement des élues de Côte-d'Or, «en n'appliquant pas la parité, on exclu une partie de nos talents».
Et de citer Olympe de Gouges en reprenant une phrase pleine de bon sens : «La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la tribune».
Qui, en 2018, oserait contredire cette évidence ?
N.R.


 
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